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 On the top - Nao

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I'm Sugahara Yu;
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Feat : Kim Jong In - Kai

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Me, myself and I : 20 ans d'origine japonaise
Doing this and that : Pianiste tout juste sorti du conservatoire, qui s'amuse à faire le mur dès qu'il le peut.


MessageSujet: On the top - Nao   Jeu 24 Avr - 12:17


    Je m’ennuyais. Quand j’avais des congés, ou quand je les prenais purement et simplement en évitant mon manager toute la journée, c’était rare que je m’ennuie, mon esprit en constant besoin de divertissement trouvait toujours quoi faire. Mais ce jour-là, rien ne pouvait me sortir de cette espèce de torpeur qui me prenait l’esprit et qui me donnait l’impression de réfléchir au ralenti.

    Mes pas faits au hasard m’avaient amené au lycée Fūhuà, que je ne connaissais que de nom. Ayant fait mes études au conservatoire, je n’avais presque jamais fréquenté les établissements normaux passé la primaire, et c’était toujours un univers qui m’avait intrigué, car je ne le connaissais absolument pas. Mes jambes s’arrêtèrent et mes yeux divaguèrent sur la foule de jeunes gens qui s’amassaient devant les grilles, et dans la cour. Ca devait être la pause… Ils avaient l’air heureux, ces lycéens, à rire, papoter gaiment et passer du bon temps. Si insouciants… Quelques-uns d’entre eux, à part, donnaient l’impression de n’être plus tellement là. Un regard morne, et vide, comme quelque chose d’éteint. Je frissonnai : j’étais au courant, comme tout le monde, de ces rêves qui n’existaient plus, et si au début, je ne l’avais pas cru, je commençais à prendre les choses plus au sérieux au fur et à mesure que je croisais ce regard sur ma route.

    Et elle ? Avait-elle aussi ce regard, lorsqu’elle n’avait pas sa dose ? La folie que j’avais vue dans ses yeux n’était-elle qu’un simple vide lorsqu’elle n’avait aucune drogue dans le sang ? Ressemblait-elle à celui qui semble attendre, simplement, n’ayant aucune vie dans les prunelles, ou joue-t-elle la comédie de cette autre qui riait aux éclats ? Mes méninges se remirent en éveil et, sans que je ne l’aie vraiment commandé, mes yeux la cherchèrent dans cette foule. Elle n’avait pas l’air très âgée, et portait le même uniforme, elle devait faire parti de ces lycéens et partager ses cours avec eux, non ? Mais je ne la voyais pas… Ses traits gravés dans ma mémoire, j’aurais pu la reconnaître même sans la peur qui enflammait ses yeux cette nuit-là. J’aurais pu la reconnaître n’importe où, avec n’importe quelle expression sur le visage.

    Je ne la voyais pas… Sans me demander si mon accoutrement civil allait jurer dans cet espace où l’uniforme était de rigueur, je pénétrais dans la cour, la cherchant encore. Mais où est-ce qu’elle était ? Sand me demander non plus ce que j’allais faire une fois que je l’aurais retrouvée, j’observai chaque visage qui passait à proximité du mien pour tenter de la reconnaître. Mais elle n’était pas là, si beaucoup de filles lui ressemblaient, aucune n’avait la particularité qu’elle possédait, dont je me souvenais parfaitement et que je ne saurais nommer.

    Par chance, ou parce que personne ne s’en souciait vraiment, je réussis à attendre le fond de la cour, un peu plus vide qu’ailleurs. Levant le nez en l’air, la pensée que je pouvais avoir un bon point de vue de là-haut m’effleura, puis germa, et, avec un automatisme acquis par mes soirées de sorties non-autorisées, je trouvai de bonnes prises sur un pan de mur à l’abri des regards et grimpai le long du bâtiment, avant de trouver une échelle de secours, de l’attraper et de monter jusqu’au toit. Casse-cou ? Un peu. Il faut l’être pour s’échapper des grilles de ma résidence surveillée. Je me hissai encore un peu pour atterrir sur le béton du toit de ce lycée, puis me remis debout en soufflant comme un athlète. Une fois en hauteur, je compris pourquoi beaucoup de livres ou mangas utilisaient ce décor : les toits des lycées, c’était tranquille et donnaient une jolie vue. Juste assez haute pour que personne ne me remarque, mais pas trop pour que je puisse continuer d’observer les gens en-dessous. Parfait.

    Je pris place au bord, laissant mes jambes baller dans le vide et mon regard aller de l’un à l’autre lycéen sous mes pieds. Je ne pensais absolument pas que mon attitude aurait pu passer aux yeux d’autres personnes comme celle d’un suicidaire, non : j’avais simplement envie de la retrouver, et de la revoir. Que lui dirais-je si je l’ai en face de moi ? Je n’en sais absolument rien. Tout ce que je savais, c’était que j’avais une sorte de besoin pressant de revoir ce visage peint avec une étrange précision dans ma mémoire durant les quelques secondes où je l’ai vue.

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I'm Kobayashi Nao;
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MessageSujet: Re: On the top - Nao   Mer 7 Mai - 10:29

La fatigue, constamment. Mais la peur, encore plus présente, celle qui rongeait les entrailles, suffisait à rester éveillé. Nao somnolait presque en classe, son menton posé dans sa main et ses yeux papillonnant un peu trop, trahissant son manque de sommeil évident. Elle avait passé plus de temps que d'habitude à s'appliquer de l'anti-cernes et du fond de teint ce matin-là pour masquer ses insomnies. Mais la façade n'est rien si le corps ne suit pas derrière. Nao savait qu'elle aurait dû tripler sa dose de vitamines ce matin et non se contenter de la doubler. Partie comme ça, elle ne tiendrait jamais la journée. Elle se redressa néanmoins sur son siège et tenta d'écouter ce que disait l'enseignant. Même si l'anglais n'était pas son fort, elle le comprenait sans soucis, mais dans son état actuel... c'était plutôt ardu. Sans compter le fait qu'un cours de mathématiques n'avait jamais été la chose la plus intéressante au monde.

Quand la pause déjeuner arriva, Nao décida qu'elle avait assez donné pour la journée. Comme elle le faisait souvent, elle s'échappa vers le toit de l'établissement avec son panier repas. Il était bien évidemment condamné, mais la jeune fille savait que le verrou était brisé depuis bien longtemps maintenant : l'interdiction n'était que psychologique. Elle poussa le lourd battant en métal, utilisant le peu de force qu'elle avait encore pour cela, et referma derrière elle. Nao aimait venir sur le toit, elle y était seule tout en entendant le bruit de la vie autour d'elle. Ici, elle pouvait laisser tomber son masque et laisser la fatigue et le manque déformer ses traits. Il lui arrivait de pleurer aussi parfois - souvent -, surtout quand elle n'avait pas dormi depuis des jours. Elle ne pleurait pas de fatigue non, mais à l'idée que son corps finirait par la trahir et l'obligerait à dormir, bientôt. Le compte à rebours ne s'arrêtait jamais et l'issu était inéluctable.

La lycéenne alla s'asseoir dans un coin du toit où personne ne pourrait la voir, bien que jamais personne ne soit monté jusqu'à ce jour. Elle posa la boîte contenant son repas non loin, mais elle n'y toucherait pas, comme chaque jour. Elle n'avait plus d'appétit, se contentant de picorer quelques céréales le matin et le quart de son repas du soir sous l'oeil inquiet de sa mère qui la voyait maigrir de jour en jour. Repliant ses genoux contre sa poitrine, Nao encercla ses jambes et baissa la tête pour laisser aller les larmes de désespoir qui lui piquaient les yeux. De faibles sanglots se firent entendre quand elle réalisa que son corps la trahirait certainement cette nuit. Elle ne voulait pas dormir. Pas sans ces pilules magiques qui peuplaient ses nuits de couleurs. Mais l'argent était difficile à trouver et son remède bien trop coûteux. Cela faisait presque trois semaines qu'elle n'avait pas pu s'en procurer et que sa vie était un calvaire permanent. Les premiers jours, le manque s'était fait ressentir, comme à chaque fois. La fièvre, le délire, les nausées... une fois de plus, elle avait prétexté une indigestion à ses parents, expliquant ainsi son faible appétit et son estomac fragile. Elle ne voulait pas qu'ils sachent, elle ne voulait pas leur faire honte, ni les inquiéter.

Les pleurs finirent par se tarir et Nao sécha ses larmes avec la manche de son uniforme. Pour se calmer complètement, elle s'appuya contre le mur derrière elle et ferma les yeux afin de le revoir. Malgré ses efforts, elle ne l'avait plus jamais croisé dans ses rêves depuis le premier jour. Il lui manquait affreusement, et sa seule pensée l'apaisait. Mais ses rêveries furent interrompues par un bruit de ferraille. Nao rouvrit les yeux et chercha la provenance de ce bruit. Lorsqu'une silhouette passa par-dessus le rebord du toit, elle comprit que le bruit devait venir d'une vieille échelle. Son premier réflexe fut de se cacher, de ne surtout pas être vue. Puis la curiosité l'emporta et elle risqua un coup d'oeil. C'était un garçon, à peine plus âgé qu'elle. Il ne portait pas l'uniforme et elle se demanda ce qu'il pouvait bien faire ici. Heureusement, il lui tournait le dos. Nao se demanda combien de temps il resterait ici, la bloquant sur le toit avec lui si elle souhaitait rester cachée.

La suite se déroula très vite. Le garçon alla s'asseoir sur le rebord du toit et se pencha vers l'avant. Les yeux de Nao s'écarquillèrent et avant même qu'elle ne puisse réfléchir, elle s'était déjà levée et jetée sur lui pour enserrer sa taille de ses bras fins.

« Ne fais pas ça ! »

Elle cacha son visage contre le dos de l'inconnu, resserrant son emprise inconsciemment. Son coeur tambourinait dans sa poitrine sous l'effet de la peur. Elle tremblait comme une feuille. La jeune fille avait déjà vu une personne mourir sous ses yeux - par sa faute -, il était hors de question qu'elle en voit une seconde.

« S'il te plaît, ne saute pas... »
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MessageSujet: Re: On the top - Nao   Ven 16 Mai - 17:22

« Ne fais pas ça ! »

Je ne sus pas trop ce qui arrivait sur l’instant. Je me penchais juste pour regarder un groupe de jeunes filles passer près de bâtiment en haut duquel je m’étais installé et, la seconde d’après, j’étais retenu en arrière. Il y avait quelqu’un avant que je n’arrive ? Dans ce cas-là, pourquoi cette personne se cachait-elle ? Et qu’est-ce qu’elle me faisait, bon sang ?
La voix reprit, faible :

« S'il te plaît, ne saute pas... »

Je restai un instant interdit, le cœur battant encore la chamade sous l’effet de la surprise, alors que les bras autour de moi se refermèrent davantage. C’est alors que je constatai qu’ils étaient fluets, et qu’ils avaient bien peu de force. Une jeune fille, à en croire la pâleur de sa peau et les intonations de la voix qui me parlait. Qui se pressait contre moi, réellement apeurée, petite forme que je sentais serrée contre mon dos. Je tapotai avec gentillesse sur les mains, petites et fines, qui se nouaient sur ma taille en tremblant, tentant de me retenir du suicide que j’étais présumé faire.

« Je n’avais pas l’intention de sauter, tu sais. Ma vie n’est pas très amusante, mais j’y tiens. »

Je savais qu’elle pouvait s’évanouir en un instant… Même si je l’oubliais assez souvent.
Je n’eus aucun mal à me défaire de son emprise, avec douceur, afin de me retourner et de lui faire face, me remettant habilement debout. La première chose qui me frappa fut sa taille, réellement petite, accentuée par les épaules qu’elle avait voûtées, à la manière d’Atlas qui porte le monde. Puis son visage, dont les traits formaient à eux seuls le royaume de la fatigue. Je n’ai jamais eu une vie de lycéen normal, mais est-celle aussi exténuante pour creuser des sillons aussi noirs sous ses yeux ?

Mes yeux s’ouvrirent en grand. Elle avait une toute autre expression, mais je la reconnaissais bien. Je l’aurais reconnue n’importe où.

C’était elle.

Aussitôt, mes méninges marchèrent à toute allure, se remémorant la nuit où je l’avais vue pour la première fois. Elle avait cette même fatigue, si ce n’est que ses prunelles aujourd’hui étaient vides et ne brillaient plus de cette folie qui l’avait envahie. Mais elle avait une fois de plus ce quelque chose de brisé au fond d’elle, qui pourrait être invisible aux yeux des autres mais qui pour moi était aussi visible que des warnings de voiture clignotant dans la nuit noire. Et, comme cette fameuse nuit, ce fut comme si un minuscule bouton avait été poussé et qu’au fond de moi tout devienne liquide et que tout m’électrise en même temps.

C’était pour ça que je voulais la revoir. C’était pour cette raison qu’elle m’intriguait. Pourquoi, cette nuit-là, je l’avais couverte… ? Qu’est-ce qui m’a poussé à mentir pour elle, à prendre le risque de me voir puni de ce meurtre qu’elle avait commis ? Pourquoi, à ce moment, cela m’avait parut être la bonne chose à faire ?

Je papillonnai des yeux et me repris. Je n’avais pas la moindre idée du temps qui venait de s’écouler depuis que je l’avais reconnue. Je regardai autour de nous, me demandant pourquoi elle était là, seule, alors que sous nos pieds s’étalaient des files d’élèves comme elle avec qui elle aurait pu partager son repas.

« Qu’est-ce que tu fais toute seule, sur un toit pas très… confortable ? »

La savoir toute seule piqua mon cœur sans que je ne sache vraiment pourquoi. Etait-ce parce qu’elle était trop petite, qu’elle paraissait trop fragile pour supporter la solitude ? La seule chose que je pus me dire, c’était que je n’aimais pas qu’elle soit seule. Cette fêlure que je sentais chez elle ne fit que s’ouvrir davantage sous mes yeux. Il fallait savoir supporter la solitude, il fallait pouvoir être solide pour emmagasiner tout ce qu’elle produisait, elle, à mes yeux, ne l’était pas. J’avais grandi avec elle depuis que ma mère m’avait quitté, je savais ce que c’était.

Je me mis à me demander ce qu’elle serait devenue si elle était entourée d’amis, si au lieu d’être ici seule, ses maigres jambes la tenant à grand peine, elle était en bas comme les autres en train de rire avec insouciance. Aurait-elle ce même air fatigué ? Aurait-elle ce teint si frais que d’autres filles avaient à son âge ? L’aurais-je croisée ce soir-là, l’aurais-je vue s’en prendre à cet homme, aurais-je un jour vu une folie semblable à celle qui enflammait ses yeux à ce moment ? Me serais-je senti aussi petit et insignifiant que je l’ai été, et comme je l’étais à nouveau ?

J’attrapai doucement sa main et la serra, un sourire que je voulais rassurant aux lèvres, pour nous éloigner du rebord du toit. Un peu plus loin, j’aperçus ses affaires, cachée dans un recoin, si bien que je ne l’aurais pas vue au premier regard. Un panier repas comme le font les mamans attentionnées était relégué un peu plus loin, et le vent glissait entre les pages d’un livre ouvert.

« Aaaah tu lis… C’est pas le meilleur endroit pour la lecture… Mais désolé d’envahir ton QG, m’excusai-je. Je crois que tu as perdu ta page d’ailleurs ! »

Je ramassais son livre et le lui tendis en inclinant la tête. C’était un peu à cause de moi qu’elle devait reprendre sa lecture du début ! Mais de l’avoir trouvée, je n’en étais pas désolé : après tout, j’étais venu ici pour ça.
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