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  Cold caffeine burning my notes - My Yu

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I'm Lin Jing;
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MessageSujet: Cold caffeine burning my notes - My Yu   Sam 5 Avr - 13:28

Les notes s'enroulant autour de tes doigts, venant chatouiller tes oreilles et titiller tes yeux fermés alors que ta bouche s'entrouvre doucement pour venir siffloter un air un peu trop connu.La musique emplit l'air et vient combler le vide de ton intérieur, elle te prend aux tripes, te transporte dans des champs étouffés par le soleil, à l'époque de la floraison de ces jolies fleurs que tu aimais tant. La musique te transperce, te transcende, la musique c'est un peu ton rêve, ce qui te permet de lutter contre les cauchemars qui hantent tes nuits. Tu laisses tes longs doigts abîmés venir danser sur les cordes, pinçant, jouant, vibrant. Tes paupières papillonnent à chaque note un peu plus aiguë, laissant entrapercevoir ce que tu ne cherches même plus à cacher. La brume qui recouvre tes yeux te dégoûte tant qu'elle te plaît. Tu aimes à te dire, dans ces moments, qu'elle fait partie de toi, qu'elle te rend beau et mystérieux, qu'elle témoigne de tes rêves et de tes regrets et de ton passé. Tu aimes à te dire que tu l'acceptes mais au fond, c'est plus douloureux, plus latent, tu le sens quand la musique vient te réveiller, tu sens cette douleur dans ta tête et dans ton corps, cette douleur qui paralyse tes nefs optiques et fait que le noir prend un peu plus le contrôle chaque jour. Mais la musique est là, les notes sont tout autour de toi, et c'est rassurant. C'est apaisant.

La nuit était tombée depuis bien longtemps sur la métropole.
Dans le noir brumeux des rues, un jeune chinois se tenait là, sur un tabouret dans un petit café, sa vieille guitare en main. Il s'était laissé emporter, oubliant les spectateurs, oubliant l'endroit, l'heure, il était juste là, à jouer, les yeux fermés, à chanter, sa voix comme un doucereux murmure.

Il avait passé la journée à travailler, comme tous les jours, et était sortit avant que la nuit tombe. Ce soir il était invité dans un des cafés dans lesquels il jouait souvent alors il avait trépigné toute la journée, n'attendant que ce moment. C'était pour lui son véritable bonheur, son échappatoire ultime, le moyen de continuer à rêver, de continuer à vivre mais surtout de ne pas oublier et de ne pas s'oublier. Alors il était sortit, presqu'en courant, sa guitare sur le dos et était arrivé au café 2h en avance.

Il s'était installé à sa table préférée, celle qui donnait directement sur la rue mais était caché des regards des passants. Il s'était installé et avait commandé un café, comme d'habitude. Aujourd'hui il ne portait pas de lunettes, il n'avait pas de canne, il était venu comme ça, nu et vulnérable au regard des autres. Les jours de représentation il ne ressentait pas le besoin de se cacher derrière des artifices, il se sentait juste bien. Jing était resté pendant 2h à cette table, son regard brumeux perdu sur la rue alors qu'il voyait des formes danser dans sa tête, sans arriver à les distinguer. Parfois il espérait qu'en s'efforçant de regarder il pourrait faire disparaître son handicap, parfois il se disait qu'avec de l’entraînement il pourrait retrouver la vue, comme une sorte de rééducation... mais les mots du médecin lui revenaient toujours en tête, forcer ne ferait qu'accélérer le processus.

Ses mains froides posées sur sa tasse brûlante il laissait la chaleur du lieu l'envahir. Il faillit s'assoupir de nombreuses fois mais il y avait toujours un bruit pour le réveiller. Il aimait ça, les sons et les odeurs qui pouvaient émaner d'un café. C'était peut être la plus grande raison de son amour pour les cafés de la ville. Il aimait particulièrement les sons qu'ils pouvaient dégager aux alentours de 19h, quand la plupart des gens sortaient de leur travail et venaient s'installer avec des amis pour discuter de leur journée. Jing aimait parfois se perdre dans leurs histoire, écoutant silencieusement ce qu'ils se disaient et vivant par procuration. Il faut dire que depuis que le chinois était arrivé à Touljin, sa vie n'était pas forcément passionnante... c'était juste une succession d'habitudes, en semaine il travaillait et parfois jouait le soir dans un café. Sinon il se posait à une terrasse et écoutait et ressentait. Le week end il restait souvent au lit, le soleil tapant sa peau qu'il laissait alors nue ou il allait sur un des bancs publics pas très loin, pour penser. Il n'était pas très doué socialement depuis que son handicap était apparu. Oh bien sur il était proche de ses collègues, mais faire de nouvelles rencontres était assez difficile pour lui.

21h arriva un peu trop vite à son goût.
Le propriétaire du café vint tapoter son épaule pour lui signifier que c'était son tour et Jing sourit doucement.

Il se leva, ouvrit la pochette contenant sa guitare et s’élança sur la toute petit scène. Ce qui était bien avec son handicap c'est que lorsqu'il jouait devant un public, il ne le voyait pas. Il sentait leurs regards le dardait, leur énergie emplir la pièce mais il ne les voyaient pas et c'était vraiment pratique pour effacer le stress qui grandissait avant chaque performance.

Ce soir là le café n'était pas remplit, il sentait l'air circuler et les respirations tout autour. Il devait y avoir une vingtaine de spectateurs, c'était parfait. « Bonsoir à tous, j'espère que vous passez une bonne soirée ! » Sa voix était douce et posée, un terrible accent chinois se mêlant à son anglais. Un silence lui répondit, ce qui le fit sourire. Il accordait sa guitare quand il reprit la parole « Ce soir je vais vous jouer une chanson d'un ancien groupe coréen, Mot. La chanson s'appelle Caffeine. » Il ne parlait pas un mot de coréen mais aimait énormément ce groupe. Ils s'étaient séparés avant la naissance de la CAP mais Jing ne les avaient découverts qu'il y a peu, dans un magasin de musique près de chez lui. Il écoutait leurs chansons en boucle depuis, ne comprenant pas un seul mot de ce qu'ils disaient mais mimant les sons et les notes du mieux qu'il pouvait.

Un silence d'église pesait sur le café alors que les mots et les notes s'extirpaient du jeune homme assit. Lorsque la chanson prit fin, le public eut un moment de flottement, avant d'applaudir doucement, tendrement, comme pour ne pas brise la douceur de la chanson.

Jing se leva, salua le public et sortit de scène.
Ce soir il ne jouait qu'une chanson, un groupe de post-rock devait prendre la suite, il n'était que l'amuse bouche.
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I'm Sugahara Yu;
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MessageSujet: Re: Cold caffeine burning my notes - My Yu   Sam 12 Avr - 18:13

Chopin, compositeur difficile. Autant par la technique que dans la vague d’émotions qu’il fait ressentir à travers ses notes, par delà sa mort. C’est en tout cas comme ça que je le ressens, et c’est comme ça que je le joue. Je m’y donne en entier. Ne pas trahir son monde, avoir le bon doigté… J’entame la dernière mesure de la Nocturne que je suis en train de jouer, en douceur, traînant un peu les notes pour faire durer l’instant. Je penche la tête en arrière en laissant échapper un soupir satisfait d’entre mes lèvres…

Les applaudissements du public me sortirent de la transe dans laquelle j’étais plongé, brutalement. Je n’étais plus seul. Je levai la tête de mon clavier pour regarder dans le vide un instant, pour ensuite observer cette masse informe de gens que je voyais à peine, aveuglé par la lumière qui me baignait, moi et mon piano. A la manière d’un drogué, je papillonnai des yeux, tentant de revenir dans le monde réel après une petite demi-heure de concert. Depuis les coulisses, mon manager me faisait signe d’aller saluer, ce que je fis sans y penser. J’avais besoin de calme, et vite.

Après avoir quitté la scène, et m’être installé sur un siège en coulisses, je réalisai à quel point j’étais fatigué. Bien que courte, cette prestation m’avait pris énormément d’énergie. Tout ça pour remplacer en urgence un artiste étranger en retard, pour une raison qui m’était inconnue… Je croisai d’ailleurs ce pianiste russe, qui m’adressa un petit salut de la tête en guise de remerciement. J’avais simplement servi d’amuse-bouche à ces gens le temps qu’il arrive…

Mon manager babillait à côté de moi, mais ses paroles étaient assourdies par le bourdonnement de ma tête. Comme à chaque fois. Il semble que je ne sois pas un pianiste fait pour se produire en public, du moins devant ce public. Les jambes flageolantes et les doigts engourdis, je me changeai aussi rapidement que je pus pour ensuite m’engouffrer dans une voiture qui me ramenais chez moi.

Chez moi, il y avait mon père, encore debout devant la chaîne de nouvelles de la CAP. Je ne le vis pas, mais je savais que c’était lui : il n’y avait que lui pour écouter en boucle les informations, et le flot de mots anglais que je percevais me prouvait que j’avais juste. Je n’allai pas à sa rencontre : je n’avais pas envie de le voir, et lui non plus. Comme il en a toujours été et comme il en sera toujours. Le temps que je rentre, il faisait déjà nuit… Une pensée me revivifia l’esprit et sembla redonner de l’énergie à mon corps. Cela faisait longtemps, peut-être un bon mois que je n’étais pas allé là-bas. Là où j’avais rencontré cette  fille. Là où mon père m’avait formellement interdit de retourner. Là où, pour lui, j’avais tué un homme.

Le visage de cette fille me réapparut,  tordu par un mélange d’émotions ou dominaient peur et folie. Des traits dessinés comme à la hâte dans mon esprit, à la manière d’un tableau impressionniste. Y était-elle, aujourd’hui ? Avait-elle besoin de sa drogue ce soir-là ? Mes pensées tournées vers elle, je ne m’aperçus pas tout de suite que je m’étais déjà vêtu pour sortir, et que mes jambes me portaient automatiquement et dans un silence absolu vers la brèche que, malgré leur renforcement, les sécurités prises par mon père laissaient toujours. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais dehors, à l’air libre, et un métro plus loin je me retrouvais dans ce quartier qu’en dépit de son apparence j’affectionnais. L’air frais du soir courut sur mon visage et je souris d’un air que je savait repu. J’aimais cet endroit, mais ce que j’aimais davantage, c’est le sentiment de liberté qu’il faisait courir dans mes veines. Je faisais quelque chose d’interdit. Je n’étais pas dans l’endroit où j’étais fait pour être. Je désobéissais aux règles. J’étais libre. Ces lieux me rendaient vivant.

J’entrais au hasard dans un petit café, dans lequel je savais qu’il y avait souvent des musiciens amateurs qui se produisaient. Le patron semblait aimer mettre à jour ce genre de talents et ce soir, comme souvent, j’avais envie d’écouter. Un musicien joue, évidemment, mais doit savoir aussi écouter les autres, savoir écouter tout ce qui existe pour pouvoir faire sa propre musique et son propre monde. Ce que mon père refuse d’admettre. J’arrivais juste à temps pour une prestation : un jeune homme d’allure tranquille venait de se présenter d’une voix douce. Sa voix resta dans mon oreille longtemps après que sa guitare ait commencé à résonner, non pas à cause de son accent chinois qui donnait du charme à ses mots, mais par la sérénité qui y transparaissait. Une jolie voix calme pour un garçon doux, manipulant sa guitare avec une sorte de tendresse que seul un vrai musicien peut éprouver à l’égard de son instrument. Je ne connaissais pas la chanson, mais elle semblait avoir été faite pour sa voix. Je fermai les yeux pour m’imprégner de ce moment…

Lorsque la musique cessa, j’ouvris les yeux lentement, revenant doucement à la réalité. Rien à voir avec le réveil d’il y avait à peine une heure, celui-ci avait quelque chose de plus agréable, délicat comme une caresse. Ma bouche était pleine d’un goût de nostalgie qui restait sur mes papilles. Je mis un moment avant de m’apercevoir que le musicien avait quitté la scène. Déçu, je m’adressai au propriétaire, qui me confirma bien que oui, un autre groupe allait arriver. Je n’avais pas envie d’un autre groupe moi. J’avais envie que ce musicien me fasse rêver un peu plus. Le tenancier m’indiqua une direction vague que je pris, me retrouvant devant une petite table près de la fenêtre, discrète, où le garçon s’était déjà installé, les mains nouées autour d’une tasse.

Je laissais mes yeux courir sur sa silhouette longiligne quelques instants. Si tout à l’heure, j’avais ouvert mes oreilles pour l’écouter, cette fois j’ouvrais mes yeux pour le regarder. Le jeune homme avait quelque chose dans son allure de serein et d’apaisant. Je m’installai devant lui sans y avoir été invité, d’un coup de tête, suivant mon instinct qui me dictait souvent quoi faire. Si je n’obéissais pas souvent à mon père, mon maître, c’était cet instinct qui ne ratait jamais une occasion de me susurrer quoi faire à l’oreille. Et je le suivais toujours. Lui avait toujours raison et savait toujours quoi faire pour me donner cette adrénaline dont je manquais tant. C’est pour ça qu’assis devant ce garçon je ne craignais pas de faire une erreur. De but en blanc, je lui dis, dans un chinois assez rouillé par les années d’inerxercice :

«  Tu viens souvent jouer ici ? C’est la première fois que je t’entends. C’était très joli… »

Je cherchais quelque chose de plus engageant à dire, histoire qu’il ne me prenne pas trop pour quelqu’un de bizarre. Même si c’était ce que j’étais… Mes yeux s’attardèrent sur les traits de son visage quelque peu masqués par la pénombre du lieu. Des traits doux, qui me mettait bizarrement à l’aise…

« Je m’appelle Sugahara Yu, je viens souvent ici et… J’ai aimé ta musique. »

Mes phrases étaient simples, à cause de mon chinois qui avait un peu de mal à revenir, mais j’exprimais là simplement mon envie de lui dire à quel point ses notes m’avaient transporté.

Spoiler:
 
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I'm Lin Jing;
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MessageSujet: Re: Cold caffeine burning my notes - My Yu   Sam 26 Avr - 15:52

Les dernières notes résonnant dans l'espace, la musique s'évanouissant et le silence reprenant place après une belle pièce, c'était toujours ce moment que préférait Jing. Ce silence indicible, cette douceur de la fin, cette sensation de vide et de plein, cette sensation d'avoir achevé quelque chose, cette envie de plus, ce regret. Toutes les émotions qui pouvaient traverser un corps et un regard après un morceau de musique, tout cela représentait un trésor inégalé aux yeux du chinois. Alors lorsque ce soir là ce silence pris place, il se sentit bien, apaisé.

D'interminables secondes s'écoulèrent avant que Jing ne se décide à bouger, saluant le public. Il aurait aimé rester un peu plus longtemps sur scène, savourant ce silence et jouant un autre morceau mais ce soir n'était pas sa soirée. Il savait que dans quelques jours, quelques semaines, il serait de nouveau sur cette scène, ses doigts guidant à nouveau les notes de musique et rien que cette pensée lui permis de sourire doucement jusqu'à sa table. Les applaudissements des spectateurs ainsi que les quelques mots d'encouragement qu'il pouvait recevoir sur son passage semblaient ne pas l'atteindre tant il était entré dans un nouveau monde. C'était toujours la même chose, il lui fallait toujours quelques minutes avant d'émerger de la musique.

Le jeune homme n'avait même pas remarqué la présence qui s'était jointe à lui un peu plus tard, il était juste enroulé dans la froideur de sa tasse qui avait refroidie le temps de son passage et les quelques notes que le groupe qui suivait entamait. Alors lorsque des mots en chinois parvinrent à ses oreilles, se mêlant à la musique, Jing leva un sourcil de surprise, se redressant immédiatement sur sa chaise. La voix qui s'adressait à lui était juste en face, assise, et il pouvait sentir son regard le darder. Il n'était pourtant pas mal à l'aise comme il l'était souvent lorsque des inconnus entraient dans son espace privé sans y être invité, sans trop savoir pourquoi la voix chaude qui se glissait dans ses oreilles le rassurait, lui susurrant avec douceur ces mots trébuchants. Son chinois était loin d'être parfait et Jing sourit bêtement devant les petites erreurs d’intonation, presque attendrit devant les efforts du jeune homme.

«  Tu viens souvent jouer ici ? C’est la première fois que je t’entends. C’était très joli… » Est-il possible de tomber amoureux d'une voix ? Parce que si c'est le cas, c'est ce qui venait d'arriver à Jing. C'était la première fois qu'une voix le prenait au cœur, venant tordre ses entrailles et réchauffer sa peau. La voix de l'homme était chaude, profonde, elle avait un joli accent cassé, sa langue butant sur les mots avec douceur. Le chinois sentait ses lèvres claquer et ses dents vibrer, il ressentait le son, il sentait cette chaleur se glisser et l'envahir tout entier. Il en rougissait presque.Totalement pris de court par ce que cette voix pouvait lui faire, il n'entendit même pas les mots qu'il prononçait, ou en tout cas ne les écouta pas.  La seule chose qu'il pu articuler, sa voix n'étant alors qu'un murmure hésitant fut alors « ...bonsoir. » Ridicule. Pourquoi une voix le mettait dans un tel état ? Si ça se trouve elle appartenait à un connard de première zone. En tout cas elle le mettait autant mal à l'aise qu'elle l'apaisait et Jing se jura de ne pas la laisser lui échapper, même si pour cela il devait avoir affaire à la pire des espèces.

« Je m’appelle Sugahara Yu, je viens souvent ici et… J’ai aimé ta musique. » La deuxième fois que cette voix parvint à ses oreilles Jing réussit à se contrôler et compris ce qu'elle disait. Il sourit. Il ne savait pas pourquoi il souriait, pourquoi ce jeune homme était là ni pourquoi cette voix était aussi belle à ses oreilles mais il sourit. Il trouva ce nom joli et mélodieux, comme sa voix. « Tu peux parler en anglais tu sais... tu n'as pas l'air très à l'aise en chinois... ? » Jing espérait que sa remarque ne lui paraîtrait pas déplacée mais il serait sûrement plus facile pour tous les deux de parler en anglais... Jing avait un fort accent  dans cette langue mais il arrivait à se débrouiller, après tout c'était la langue officielle de Touljin.

Une voix au fond de Jing lui murmurait de répondre, de lui parler, de continuer, de ne pas le laisser s'en aller. Il ne savait pas à quoi le jeune homme ressemblait, il ne le connaissait pas, ne l'avait jamais entendu, mais quelque chose lui soufflait qu'il n'était pas n'importe qui. « Merci... mais je sais pas trop quoi dire... » Rarement il s'était sentit aussi bête. Il se mit à triturer ses doigts qu'il avait laissé reposer sur ses genoux, sous la table. « Moi c'est Lin Jing, enchanté. » Oui, voilà, au moins te présenter grand bêta. « Je joue souvent ici... juste que... tu vois, si ça t'as plus... ? » Waw, ça veut dire quoi tout ça ? Il se gratta la nuque, d'un sourire désolé. Si Yu comprenait où il venait en venir il était bien fort. Dans toute cette cacophonie interne, Jing essaya de se reprendre, il était totalement désarçonné. Il devait reprendre le contrôle.

« Tu aimes la musique en général ou juste la mienne ? » Le chinois rit doucement de sa petite boutade mais tout de même curieux de la réponse du jeune homme il tendit l'oreille, prenant en compte chaque petit son, chaque froissure de vêtement. Il avait l'habitude de déterminer une personne grâce aux sons (parce qu'il ne pouvait décemment pas sniffer des inconnus pour les identifier par l'odeur) et pouvait déchiffrer beaucoup uniquement par cela. Un petit bruissement de tissu lui indiquait comment il était habillé, le vent déplacé par ses mouvements lui donnait des indices sur sa taille ou sa corpulence et sa voix, son intonation, son accent ou sa chaleur pouvaient lui indiquer un âge, un caractère voir un physique.

Il se reconstituait une image mentale du jeune homme en face de lui et ce qu'il voyait lui plaisait.
Parfois il se trompait. Parfois non.
Et parfois il se disait que ce n'était pas plus mal de ne plus voir la réalité, il pouvait se créer un monde et des personnes à sa manière, à ses goûts et à ses envies. Sa propre réalité.
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MessageSujet: Re: Cold caffeine burning my notes - My Yu   Mar 13 Mai - 20:05

Lorsque sa voix me parvint aux oreilles, elle était assez faible et hésitante. Le simple bonsoir qu’il me souffla me donna l’impression de l’avoir dérangé, de l’avoir mis mal à l’aise alors qu’il ne s’y attendait pas. Je m’étais invité sans sa permission à sa table, après tout, il y avait de quoi ne pas se sentir bien… Alors que j’entrepris de repousser ma chaise pour le laisser tranquille, mais je le vis sourire. Un sourire tendre qui adoucit ses traits immédiatement, lui donnant un aspect beaucoup plus juvénile qu’auparavant. De manière automatique, j’eus un sourire qui répondit au sien comme le reflet d’un miroir. Sa voix reprit, douce et légère, prenant son temps :

« Tu peux parler en anglais tu sais... tu n'as pas l'air très à l'aise en chinois... ? »

J’ouvre la bouche, surpris, puis rit, un peu gêné, puis j’entamai en anglais :

« Ca s’entend tant que ça ? Pardon d’avoir écorché tes oreilles… Je n’ai pas parlé cette langue depuis longtemps… »

Et voilà, Yu, tu veux crâner un peu, et finalement, tu échoues lamentablement… J’avais appris et pratiqué de nombreuses langues, là où j’avais fait mes études, et certaines, comme l’anglais, m’étaient utiles au quotidien dans mes échanges avec les artistes étrangers, sans parler des informations qui passaient en continu dans la maison chaque fois que mon père s’y trouvait. L’anglais ne devait pas me poser de problème, mais j’avais conscience que pour beaucoup, abandonner leur langue natale pour cet idiome d’un autre continent devait être très contraignant… Moi qui avais l’habitude de l’écouter, et de le parler, vite, j’avais simplement peur d’être incompris. Alors j’avais pris pour coutume d’adopter la langue de la personne en face de moi pour communiquer, ayant des rudiments dans chacun des nouveaux dialectes de ce pays ou presque.
Je grattai ma nuque, de malaise, et dans un mouvement automatique, je baissai les yeux vers ses mains. Longues, fines, encore enroulées autour d’une tasse de café qui devait à présent être bien vide. Belles et délicates, comme son allure qui m’avait marqué un peu avant. Puis ses doigts se mirent à bouger, se dérobant à ma vue en allant se cacher sous la table. L’air tendu qu’il afficha me fit me demander pourquoi il l’était autant : je n’étais qu’un garçon venant papoter avec lui de musique, comme il devait en avoir beaucoup à Touljin, non ? J’étais conscient d’avoir une manière quelque peu cavalière d’aborder les gens, mais rien qui ne puisse le tendre comme un arc… Sa jolie voix me fit sortir de mes pensées, qui avaient une fois de plus dérivé, et il se présenta : Lin Jing. Un nom qui coule, dont le son résonne d’une belle musicalité avant de s’évanouir. Je mémorisai ces sonorités au creux de mon oreille, gardant précieusement le souvenir de cette douce musique, avant qu’il ne reprenne, la voix étrangement mal posée dans les aigus :

« Je joue souvent ici... juste que... tu vois, si ça t'as plus... ? »

Il sourit d’un air désolé, et je ne résistai pas à la tentation de le taquiner, les lèvres tendues en un large sourire :

« Si moi je ne suis pas doué en chinois, tu as l’air d’avoir du mal à former tes phrases en anglais…
- Tu aimes la musique en général ou juste la mienne ? »

Un instant décontenancé par cette question, je fus contaminé par son rire tout en légèreté, et je l’imitai. Jing avait l’air d’être un garçon plein de cette douceur qu’on ne fait plus que dans les contes, quelque chose d’étrangement enfantin qui donnait envie de prendre soin de lui. Comme s’il y avait quelque chose en lui qui n’était pas d’ici, quelque chose qui n’appartenait pas à la réalité. J’aurais envie de dire « rêve », mais ce mot bientôt aura perdu toute la signification merveilleuse qui y est liée pour n’être qu’associée à des machines ou pire, à des pilules. Je frissonnai, renvoyant depuis les fonds de ma mémoire l’image de cette fille que j’avais croisée il y avait de cela quelques temps. Je chassai cette pensée d’un coup sec de la tête. Cette fille m’intriguait, mais je n’avais pas envie de penser à elle. Pas ce soir.

Je m’affalai davantage sur le dossier de ma chaise en soupirant, affichant un sourire désolé :

« Je suis navré de devoir décevoir ton égo mais, même si j’aime beaucoup ta musique, je suis amateur de musique  en général. »

Amateur, oui, c’est un mot assez large pour ne pas en dire trop. Je n’aime pas cet aspect que donne le mot « pianiste », cette aura bizarre dont il m’entoure à chaque fois que je le prononce. Une image de musicien plongé dans son monde en dehors duquel il n’est qu’un personnage froid et distant. Je ne veux plus être comme ça. J’aimerais être comme lui, arriver au milieu d’un bar où tout le monde discute autour de moi, dont certains ne font pas attention à ce que je joue, au lieu d’être seul sur scène, sous les regards braqués de personnes n’attendant que ma chute à la moindre note. J’aimerais avoir sa liberté…
Voulant néanmoins continuer la conversation, je me retourne de trois quarts et pointe le piano droit relégué au fond de la pièce, dans un coin sombre :

« Je joue de ça, quand j’ai du temps à perdre. Beaucoup moins pratique à transporter que ta guitare, c’est sûr. » ajoutai-je en gloussant un peu.

On va juste dire que j’ai beaucoup de temps à perdre, et ce depuis tout petit… Ne voulant pas davantage parler de moi, je revins face à lui et, casai mon menton dans la paume de ma main, et je lui demandai :

« Tu joues du piano, toi aussi, en plus de ta guitare ? »

J’étais curieux. Je savais que beaucoup de musiciens étaient, contrairement à moi, autodidactes, et beaucoup d’entre eux maniaient bien la guitare. Peut-être était-il de ceux-là ? Peut-être touchait-il à autre chose, peut-être même qu’il composait… Je sentais qu’il avait cette petite touche que je n’ai pas, seule tache à cette sensation de miroir que je ressentais en l’ayant en face de moi. Je sentais que lui savait manier la musique au lieu de la jouer bêtement comme je le faisais. Ses longues mains que j’avais aperçues peu avant me semblaient être bien faites pour se balader le long d’un clavier…

C’était bizarre. C’était la première fois que je voyais ce jeune homme et, de fil en aiguilles, j’avais l’impression d’ouvrir les pages d’un livre que j’avais lu des centaines de fois, redécouvrant l’histoire avec anticipation.
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MessageSujet: Re: Cold caffeine burning my notes - My Yu   

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