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 La mélancolie et la crise. [Laurent Alexeï]

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MessageSujet: La mélancolie et la crise. [Laurent Alexeï]   Sam 4 Déc - 23:16

C'est la vie qui souffle, qui nous pousse, funambules
C'est l'histoire d'une rencontre entre une junkie du nom de Reina et d'un écrivain qui répondait au nom de Laurent Alexeï;
Allongé sur son lit, elle regardait le plafond de l'appartement. Il était sale, jauni par le temps et surtout, il se dégradait de plus en plus. En fait, il était à l'image de son habitation avec les horribles papier peint à fleur sur les murs qui tombaient en miettes. Il est vrai qu'elle aurait bien aimé changer la décoration du lieu, mais elle n'en avait pas les moyens. C'était déjà bien dur pour elle de joindre les deux bouts en plus des pilules magiques qu'elle s'offrait constamment. Reina ne savait pas quoi faire. Aujourd'hui elle n'avait aucun boulot de prévu. Pas de ménage à faire, pas de garde maison, pas de chien à sortir faire ses besoins, pas de petite vielle à aider. Merde, elle se faisait chier chez elle. Aucune amie disponible et elle perdait son temps à l'intérieur.En temps normale elle aurait cherché un travail à faire pour gagner de la tune, mais pas aujourd'hui. Elle était fatiguée, mais elle n'arrivait pas à s'endormir. Certes, vous me direz, 14h n'est pas une heure pour dormir, mais la japonaise n'en avait que faire. Elle voulait pouvoir se reposer avant de se trouver un truc à faire, mais elle n'y arrivait pas. Depuis deux heures elle admirait son plafond qui menaçait de jour en jour de s'écrouler sur elle en embarquant l'habitation du voisin du dessus. Pourquoi ne dormait-elle pas ? Elle n'avait plus de pilules magiques et il était inconcevable pour elle de s'endormir sans avoir avalé sa dose pour faire de très beaux rêves.
Se redressant d'un coup sec, elle sortit de son lit en sous-vêtement, enfila rapidement un pull avant d'aller sur son balcon. Enfin, c'était beaucoup dire. C'était plutôt le bord de sa fenêtre sur lequel elle s'asseyait pour profiter de l'air froid de l'extérieur. Elle savait aussi que ce n'était pas une chose à faire pour deux raisons : la première, elle pourrait tomber du quatrième étages et s'écraser au sol. La deuxième, vu le froid extérieur et sa tenue, à coup sur elle tomberait malade. Mais peu importe. Elle attrapa son paquet de clope posait sur une tablette à côté de la fenêtre avec le briquet et commença à consommer. Ce que c'était pathétique. Voilà à quoi elle passait sa journée de repos : fumer son paquet sur son balcon au risque de tomber malade. Elle se sentait si ridicule. Depuis quand vivait-elle comme cela ? Où était passé son ancienne vie ? Ne pouvait-elle pas échapper au destin des Funayama ? Possible. Après tout, que la chute soit rapide ou lente, cela importait peu dans la famille, le plus important était la chute. Et la sienne fut sévère. Peut-être car, elle mit dû temps à venir et qu'elle eut le temps d'avoir l'espoir d'y échapper. C'était certainement cela. Oui ça l'était car il n'y avait pas d'autre moyen. Mais la peur l'avait capturé au même moment. Elle l'avait emmené dans les abîmes les plus profondes des noirceurs du monde. La junkie avait si peur, si peur qu'elle ne dormait plus, elle ne dormait plus et tremblait. Le manque était là, il se faisait sentir. Alors, elle essayait de remplacer ce manque par la nicotine. Maigre espoir que la vie pouvait lui offrir. Laissa là dormir, juste une fois. Juste une fois avec de doux rêves, sans pilule, sans artifice, juste naturellement. Mais oh que le monde est bien trop cruel ! Il lui refusait ce droit qui n'était qu'une simple demande d'une pauvre fille vivant dans la misère et le cauchemar. Mais c'était ainsi. La loi qui régissait cet univers le voulait ainsi.Alors, elle n'avait pas le droit d'espérait vivre sans crainte. Pauvre d'elle qui refusait d'ouvrir les yeux pour voir le monde comme il l'est. Pauvre d'elle qui se consumait dans son coin, l'air triste et fatigué, sans le moindre espoir de rédemption. Pauvre petite chose qui se traînait dans la crasse et l'horreur des gens riches, des gens heureux.
Une sonnerie, un mouvement, une barre de nicotine qui tombe et s'écrase quatre étages plus bas. Reina décroche le téléphone. Allo ? Miura ? Peu pas. Fou moi la paix. Tu sais très bien que j'ai pas de tunes. Oui je suis pauvre et alors ! Va te faire foutre connard ! Démerdes toi avec ton vieux plutôt que de venir me pourrir ma vie ! Raccrochage au nez. Balancement du bigophone. Colère qui monte, colère qui explose. Pourquoi lui ouvre-t-on les yeux ? Pourquoi ne peut-elle pas rester aveugle pour l'éternité ? Pourquoi doit-on lui faire voir les choses comme elles le sont ? Une assiette vole, termine sa course contre un mur, le tâchant de sauce tomate et de riz. Des cris et des pleures envahirent la petite et minuscule habitation. Les objets volent, qu'importe ce que c'est. Fragile ou non. Ils salissent un peu plus l'endroit. Rajoutant du chantier par-dessus le précédent. Puis un calme. Un silence, Reina tremble, Reina se calme, mais explose de nouveau. Une chaise est attrapée, de toutes les force elle est jetée contre la porte d'entrée qui s'ouvre. Elle n'était pas fermée. Ce n'était pas prudent dans le quartier, qui sait ce qui pouvait rôder dans le coin. Mais l'asiatique avait dû être trop étourdie, trop fatiguée la veille pour penser à bien la fermer.

Pardon c'est court...
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MessageSujet: Re: La mélancolie et la crise. [Laurent Alexeï]   Dim 5 Déc - 18:21

« I'm only a child born upon a grave, dancing through the stations, calling out my name »

La petite musique s’élevant de l’immeuble d’en face était calme, comme une journée au ciel bleu.
L’immeuble était pour une fois silencieux, ou presque. Bien sûr, quelques bruits de verre, de pas. Les gens qui vivaient ici travaillaient plutôt le soir que la journée, loins de l'emploi du temps de tout bon citoyen. Le quartier n’était pas le plus huppé, mais les gens ne posaient pas de questions, ici. Et Alexeï ne pouvait vraiment se résoudre à quitter sa petite chambre minable. Il ne voulait pas laisser sa mémoire ici, comme tout le reste. Restait encore au plafond la trace de corde arrachée. Restaient sur les murs de nombreux souvenirs. Et resterait sans doute son futur cadavre.
Mais malgré tout, c’était une belle journée. Il faisait froid, le vent était glacial, mais c’étaient eux les plus beaux jours, les arbres en train de mourir sous un pâle soleil.
Et lui était calme. Etonnamment calme. L’esprit clair, limpide, délivré d’effets hallucinatoires passagers. C’était si rare, c’était si rare. Il se sentait presque d’humeur à écrire, mais la vue d’un titre écrit de manière claire, droite, sur son antique machine le retenait. « De l’Esprit d’Eloise ». Il se souvenait avoir eu cette idée en un jour semblable, peut-être quelques jours avant, peut-être quelques mois, peut-être quelques années. Il en avait eu une idée de développement, issue aussi de ce calme tranquille qui le prenait parfois. Mais, le premier ‘L’ tapé, sur la première ligne, était toujours là, seul, roi de la page vaguement jaunâtre (car Laurent n’utilisait jamais que du vieux papier sur sa vieille machine à écrire). Vieux caractère d’imprimerie, sans doute condamné à être éternellement seul.
Alexeï se retourna dans son fauteuil, vers la fenêtre. Soupira, releva ses lunettes sur son front. Saisit une cigarette parmi le paquet déposé sur la planche qui lui servait de bureau. Les allumettes posées au même endroit, la boîte ravagée, des petits bouts de bois partout.

« But I crumble completely when you cry— »

La petite musique s’élevant encore tranquillement d’un quelconque voisin. Le crac de l’allumette, la flamme sur l’embout, et on aspire, on avale, on souffle. La fenêtre est ouverte, toujours. La poignée ne marche plus depuis longtemps. Et il fait froid.
Tap, tap, les cendres dans le petit bocal de verre posé sur son accoudoir. Il redescend ses lunettes d’un geste lent sur son nez, regarde de nouveau le ‘L’ unique sous le titre.
Il avait eu l’idée, pourtant. « L’esprit d’Eloise était… ». Qu’est-ce qui l’avait empêché d’aller au-delà du L ?

Et soudain, les cris, les bruits de vaisselle brisée, les…

Ah oui, c’avait été ça aussi, à ce moment là. Ecrasant la paix comme si de rien.
Alexeï laissa négligemment sa cigarette au trois-quarts fumée dans le cendrier. En sortit une autre, l’alluma avec un fragment d’allumette, et se leva. Non, vraiment.
Déposa ses lunettes sur le bureau saccagé, saisit ses cigarettes, et sortit de son unique pièce. Il ne prit même pas la peine de fermer la porte. Qu’y aurait-il à lui voler qu’il n’aurait voulu perdre ?
Il traversa le couloir étroit. Là, voilà, deuxième porte sur la droite. Il lui était arrivé de passer devant la porte lors de moments comme ça, mais il n’avait jamais fait mine d’entrer ou de s’y intéresser. Il savait qu’une jeune femme vivait à l’intérieur, c’était tout.

Il s’arrêta devant la porte, un rare moment d’accalmie. Laurent tapa délicatement sa cigarette du bout des doigts, la cendre tombant doucement dans un couloir déjà dévasté. Ce n’est pas comme si quelqu’un allait lui faire un reproche.
Puis sans trop réfléchir plus avant, il poussa la porte. Sans savoir trop exactement ni pourquoi, ni pour quelle raison ; mais il poussa la porte. Le bruit d’une chaise lancée contre la porte ne le fit ni sursauter ni reculer. Il ouvrit la porte plus, entra; la repoussa derrière lui, ramassa la chaise par terre, tranquillement, doucement, la remit sur ses pieds et s’assit dessus, sans aucune gêne.
Tapa encore délicatement sa cigarette du bout des doigts, la cendre tombant doucement sur un sol déjà dévasté.

Il regarda la jeune fille debout, les épaules qui montent, descendent, montent, descendent, en même temps que la respiration rapide.
Continua à fumer sa cigarette, tranquillement. Le silence était épais, presque oppressant. Presque. Mais on entendait toujours vaguement la musique en arrière plan, cachée par la respiration torturée de la jeune fille. Il faisait toujours froid, il faisait toujours beau. Il était toujours tranquillement calme, doucement curieux.
Lorsque la cigarette fut au filtre, il demanda soudain si « Vous n’auriez pas un cendrier ? ». Mais sans attendre une réponse, il se leva, ramassa le bas d’un verre brisé, écrasa son mégot dedans. S’appuya sur le mur. Regarda encore la jeune femme. Crise, crise. De quoi ? Hystérie, angoisse, manque, colère ? Probablement tout à la fois.

« Je suis désolé d’entrer ainsi, ce n’est pas correct, je l’avoue ; mais je voulais savoir ce que vous cherchiez. »


Et il s'en alla rasseoir. Chercher; ce n'était guère précis. Mais c'était sans doute le terme qui convenait; on cherche toujours quelque chose. C'était viser le grand pour atteindre le petit.
Il ne se souciait guère du fait qu'il pouvait paraître étrange, fou, indiscret. Peut-être voulait-il juste connaître la raison pour laquelle son L resterait seul à jamais.



(Désolée pour l'entrée, euh, un peu spé o_o & c'pas très long non plus; mais il s'est levé tout seul & tout, je n'ai rien pu faire. Dis moi s'il y a un problème~ ._.)
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La mélancolie et la crise. [Laurent Alexeï]

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