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 Rock you like a hurricane.

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MessageSujet: Rock you like a hurricane.   Mar 30 Nov - 18:41

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"Can't even shout, can't even cry, the gentlemen are coming by, looking in windows, knocking on doors, they need to take seven, and they might take yours. Can't call to Mom, can't say a word, you're gonna die a-screaming, but you won't be heard."

Dix huit heures. L'horloge électronique trônait sur la devanture du plus grand magasin de la capitale en une couleur criarde.

Le couvre-feu était dans deux heures pour elle. Non pas qu'il y en ait eu réellement un. Ses parents se targuaient d'être libéral et progressif à son égard ce qui lui permettait de pouvoir faire un peu ce qu'elle voulait, néanmoins Johnny s'imposait elle-même des règles strictes et une hygiène de vie irréprochable. Sinon comment pouvait-elle décemment convaincre les autres du bien fondé de sa lutte?

Une heure cinquante neuf minutes et 56 secondes.

...

Le pire c'est qu'il y avait du monde. Enfin du monde... il y avait des gens quoi. Pas un désert total avec au mieux deux trois pèlerins.

Non.

Rien que d'un coup d'oeil, Johnny pouvait aisément se rendre compte qu'il devait y avoir une bonne centaine de personnes qui bivouaquaient sur la place à cette heure tardive. Nom d'une girafe somalienne ! Pourquoi diable personne ne lui accordait-il la moindre attention ?

Une moue désapprobatrice glissa sur le visage de la jeune fille tandis qu'elle se tourna vers le bureau totalement improvisé qu'elle s'était fait (sans l'accord de la municipalité: si cela se savait, ça chaufferait pour ses fesses, même si ses parents seraient probablement les seuls de cette ville à être fières de voir leur fille écoper d'une garde à vue pour ça): une table bancal qu'elle avait eu un mal de chien à traîner jusque là (le lycée était à deux pas de la grande place mais personne ne l'avait aidé) et des polycopiés qu'il avait fallu maintenir en place avec une pierre du jardin artificiel du lycée, sans compter la magnifique pancarte annonçant le pourquoi de sa présence.

CONTRE LE SYSTEME UNE SEULE SOLUTION : SIGNEZ LA PETITION !
Les rêves n'appartiennent à personne et ne sont pas à vendre! Contre la vente de produits dont on ignore totalement la composition!


Johnny avait eu droit à quelques regards noirs qui s'intensifieraient nécessairement alors que l'heure avancerait, la grande place de Touljin étant connu pour être L'endroit où se tractaient les meilleurs deals de pilules miracles. Mais on ne gagnait pas les batailles en restant chez soi à se tourner les pouces. Elle avait prise sa décision en début de semaine et s'y cantonnerait! Oh bien sur, elle avait pensé à parler de son initiative à la FFD mais s'était rétracté aux derniers moments. Il fallait qu'elle parvienne à se faire entendre seule. C'était important pour elle et du haut de ses seize ans et quart, Johnny voyait son engagement comme un sacerdoce.

Un groupe de jeunes filles de seconde année du même lycée passèrent prés d’elle. Comme toute les filles de cet établissement, elles rayonnaient et se montraient les derniers sacs à la mode. Elles se mirent à rire en voyant la table et la pancarte sommaire. Jo étouffa un « humpf » discret, horriblement consciente à présent de l’écart qui les séparait d’elles. Évidemment, elle aussi aurait pu porter des shorts ou jupes moulantes au lieu de cette simple robe bleu foncé à l'encolure bateau qui ne lui arrivait à peine au dessus des genoux. Mais elle se refusait obstinément à tomber dans ce genre de travers et de plus il était hors de question de se plier aux dictats actuelles de la société. Même si, elle répugnait à l’admettre, il était fort probable qu’elle serait parvenu à arrêter au moins une ou deux personnes, si jamais elle avait de quoi appâter le chaland ( sauf que de toute évidence, Kami-sama avait décidé de lui rendre les choses plus dures en ne lui donnant pas de quoi le faire c'était-elle dit amérement en jetant un coup d'oeil désespérée à sa poitrine - ou plutôt son absence de -).

Ses cheveux aux allures anarchiques voletèrent au vent tandis qu’elle fronça les sourcils, résolue. Il était hors de questions de s’avouer vaincu ! Il fallait aider les artificials dreamers à trouver d'autre solutions et à stopper cette auto-destruction massive et autorisé par le gouvernement de la CAP.

Une pensée glissa vers Ha Ni. Cela faisait quelque temps que Johnny avait de légers soupçons à son propos. Elle espérait réellement avoir tord et hésitait à aborder la question franchement avec cette dernière.

Il valait mieux ne pas y penser...

Dix huit heures et quart...

Décapsulant à nouveau le stylo qu’elle avait autour du cou, Johnny commença à interpeller les passants ayant le malheur de se trouver de ce côté-ci de la place. L’un d’entre eux dévia, une autre la traita de foldingue puis deux autres se mirent à rire. Totalement hermétiques, Jo continua jusqu’à ne même plus faire attention aux visages et réactions diverses.

« Signez la pétition ! Et vous à combien estimez-vous vos rêves?! »

Sa voix avait été directe même si un peu rauque à force d’appréhender les gens qui passaient. Jo tendait de ses deux mains la pétition encore vierge d'encre, le buste légèrement baissé et les yeux tournés vers le sol comme le faisaient toutes personnes remplissant des pétitions (et elle s'y connaissait).

Des chaussures.

Qui ne marchaient plus. Qui ne s’enfuyait pas et qui ne semblait d’ailleurs pas bouger.

Genre, pas d’un seul centimètre.

Ses yeux s’agrandirent sous le coup de la surprise et lentement elle remonta son buste afin de pouvoir faire face à la personne devant elle
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MessageSujet: Re: Rock you like a hurricane.   Jeu 2 Déc - 1:58

Il était tôt.
Mais Alexeï était déjà là. Il savait, pourtant, il savait, qu'il n'y aurait rien à saisir avant, avant, avant jamais, avant les heures nocturnes, avant les heures sombres, avant qu'il n'y ait plus sur la place que le pazzi, le matti, le folle, des fous, des fous (entendez-vous ? c'est vous, c'est vous !). Il y avait encore de longues heures à attendre. Car il était tôt.
Mais Alexeï était déjà là. Il savait, pourtant, il savait qu'il n'avait rien à faire ici avant, avant, avant jamais. Il n'aurait pas du venir.
Il y avait trop peu de monde mais il y en avait trop. Ce n'était pas le monde qu'il voulait voir. Il ne voulait pas voir ce monde, ni voir le monde. Il ne voulait pas voir ce monde de gens encore vivants, de gens qui n'avaient pas l'air d'avoir cinquante hivers de plus qu'ils ne pouvaient en compter décemment. Il ne voulait pas voir de jeunes gens car cela lui rappelait le passé, il ne voulait pas voir de gens de son âge car cela lui rappelait son présent, et il ne voulait pas voir de vieillards car cela lui rappelait son absence de futur.
Mais il était là, malgré tout. Il ne pouvait plus, il ne pouvait plus rester chez lui à regarder les murs écrits et réécrits, et écrits encore, couverts de versets de la Bible, couverts de ses propres mots parfois, couverts de mots d'autres souvent.
Il savait, pourtant, il savait qu'il pourrait changer de lieu de vie, si vie était le terme à employer. Il pourrait ne pas s'obstiner à continuer au travers de l'Enfer. Mais; bien sûr -et il rit sous sa barbe absente-, mais bien sûr c'était l'intérêt, le seul. Continuer au travers de l'Enfer. Comme avant, comme après. Comme après l'après.

Il leva les yeux du sol, un peu trop proche. Les bancs étaient trop bas, de nos jours. Il cracha doucement la dernière bouffée de son cigare, le jeta négligemment contre le sol. Le premier à l'houspiller prendrait bientôt honte de son agression sur le vieillard, tant son apparence, bien qu'élégante, déclarait toute la misère de l’existence. « De l’insoutenable légèreté de l’être », quelqu’un avait un jour écrit. C’était sans doute ça.
Il était affaissé sur un banc, en costume noir, comme à son habitude. Un vieux livre racorni dépassait tranquillement de sa poche, montrant les signes d’un usage plus que fréquent, plus qu’ancien.

Non, décidément, il y avait bien trop –peu– de monde en cette heure. Il n’y avait pas ceux qu’ils cherchaient et qui le cherchaient souvent (les clients sont abondants, les bons clients sont rares). Il y avait donc trop de monde, trop peu.
Regardant avec une absence de sourire des jeunes filles passer dans des accoutrements indécents, réprimant une moue presque désapprobatrice (sans trop de mal, cependant. Ce n’était pas comme si cela lui importait, au final) et écoutant la petite voix dans sa tête s’exclamer quelque chose ressemblant à « la décadence des bonnes mœurs », il jeta un regard circulaire sur la place. Il n’avait pas d’idée précise du temps qu’il avait passé là à regarder de manière absente le sol, mais ce stand étrange et ébranlé sur la place n’était certainement pas là lorsqu’il était arrivé. Ni l’espèce d’étrange petite créature qui cachait à moitié une pancarte à laquelle il ne prêta pas la moindre attention. Les gens passant à côté du stand n’avaient pas l’air d’y prêter beaucoup d’attention non plus, d’ailleurs. Et ceux qui le faisaient s’en éloignaient aussitôt avec ce qui pouvait ressembler à du dégoût.
Vaguement curieux, mais certainement pas assez pour se lever de son banc avant que ne soit venue l’heure « d’y aller » (à la guerre comme à la guerre, lui dit encore la voix dans sa tête, sans humour cependant), et si la petite créature devant sa pancarte avait un tantinet de jugeote, elle sera partie depuis bien longtemps quand cette heure viendra.

Alexeï sortit un nouveau cigare du porte-cigare situé dans sa poche intérieure, ses allumettes, en craqua une délicatement, maintenant la flamme dans sa paume pour éviter l’extinction, alluma, tira, cracha, tira, cracha, assez de fois pour que le longiligne et brun cigare s’allume de manière définitive. Sans prêter attention aux quintes de toux dégoûtées des jeunes gens à côté de lui (les gens ne savourent plus rien, de nos jours), il sortit le livre usé jusqu’à la corne de sa poche, ses lunettes de l’autre poche, les chaussa. A Rebours. Non, vraiment, ce Des Esseintes était un être fascinant, fou, lui aussi, dévoré par des passions qu’il ne voulait pas vivre de manière réelle. La musique, les auteurs, les parfums, ces maladies élevées en pot, cette marionnettiste étrange, ce jeune criminel en devenir... C’était presque trop parfait. Il s’y plongea, une fois encore, une fois de plus.

Quand vint le moment décisif, fâcheux. Au dessus du brouhaha ambiant, qui ne lui posait plus aucun problème pour lire, une voix s’éleva. Evènement impensable ; qui voudrait parler plus haut qu’à mi-mot ici ? Et pourtant. Levant un regard vaguement agacé au milieu de ses cheveux gris, Alexeï constata, avec un étonnement absent, qu’il s’agissait à nouveau de la petite créature sur son stand délabré.
Avec un soupir, Alexeï sortit la flasque de scotch (never a cigaro without scotch), en vida une lampée et la remit à sa place. Et se replongea dans son ouvrage. La petite chose finirait bien par se lasser.

Mais non. C’eut peut-être été trop espérer. Mais non.
Il replia son ouvrage, le remit soigneusement dans sa poche (si un livre est usé, ce n’est guère parce qu’il a été maltraité, remember). Et se leva.
Se dirigeant à pas lents et tranquilles (du moins, aussi tranquilles que son état d’agacement avancé le permettait) vers les ruines qui tenaient lieu de stand, il jaugea du regard la petite chose qui s’égrenait à tendre un stylo et une feuille vierge vers des gens haineux ou ignorants. Sans les regarder. La déception aurait peut-être été trop dure à encaisser ; elle avait l’air jeune. Son accoutrement aurait pu faire penser à celui d’une mégère abandonnée à elle-même s’il n’était pas, d’une certaine façon, sobre et assez élégant. Elégance sans doute due au décalage fort avec les tenues affriolantes d’autres jeunes filles, mais tout de même. Les cheveux flottant de manière décalée, aussi.
Et il vit la pancarte.

« CONTRE LE SYSTEME UNE SEULE SOLUTION : SIGNEZ LA PETITION !
Les rêves n'appartiennent à personne et ne sont pas à vendre! Contre la vente de produits dont on ignore totalement la composition !
»

Ah, c’était donc ça. (murmura la voix en ricanant).
Son agacement alla croissant, presque de manière exponentielle (ag.ex, ag étant l’agacement, soit x > 1, pour être plus précis). Comment, se demanda-t-il, comment une petite créature qui avait l’air de ne dépasser les quinze ans qu’à peine, comment pouvait-elle comprendre, prétendre comprendre le rêve ? Ou bien elle n’avait jamais rêvé, ou bien elle rêvait toujours, et ne pouvait pas comprendre ce que l’on ressentait quand on ne pouvait plus. Ces jeunes idéalistes, ces jeunes révolutionnaires l’irritaient. On trouvait les mêmes, à la guerre. En dehors de ceux réquisitionnés de force, on trouvait les enthousiastes, ceux qui joignaient, volontairement, pour défendre leur pays, leur nation, leur drapeau, leur hymne. Et au premier cadavre d’un ami devant eux, ils comprenaient l’horreur, et ils se retournaient, et ils mourraient en hurlant d’une balle dans le dos, juste à côté du cœur pour que ce soit plus long. C’étaient ceux là, les révolutionnaires. C’étaient ceux qui ne voulaient pas comprendre.

Il avança, encore, quelque pas. S’arrêta. Fixe. Attendant qu’elle relève la tête.
-mais il était bête, il était bête, car que pourrait-il dire, que pourrait-il dire ? il était bête, il était bête, il n’en avait rien à faire, il ne— -
Jeta négligemment son cigare, encore. Rajusta les lunettes. Et attendit.

Les yeux se levant sur lui étaient surpris. Cela devait être la première fois que quelqu’un s’arrêtait, peu importe la raison.

Il s’avança, encore un peu, encore un peu, un peu, un peu.
« Je vous ai entendue parler, demoiselle. Au départ, j’étais simplement venu vous faire taire, mais vous m’intéressez. »

Silence, laissons espérer que.
Espérer que, et voir l’espoir tomber. Raise one’s hope, and crush it down. Reprise, voix grave, enrouée toujours, ou presque ; claire, tout de même, toujours. Pas de tremblement, pas d’oscillations, pas de trémolos, pas de variations. Juste les mots.

« Voyez, j’aimerais savoir comment vous pouvez même demander aux gens d’arrêter de rêver. Si les rêves sont partis seuls, ils ne reviendront certainement pas seuls. Alors, voulez-vous que les autres n’aient que le néant ? Êtes-vous née avec le néant, et voulez-vous que le monde vous y rejoigne ? Ou avez-vous le rare privilège que celui-ci ne soit pas encore apparu ? »

Il aurait pu, su, voulu en dire plus. Que c’était indécent, qu’elle ne pouvait pas comprendre, qu’elle ne pouvait pas comprendre, qu’elle ne pourrait pas comprendre, juste, juste le jour ou le néant avalera, où les sept trompettes résonneront, le jour où ce sera la fin, comme le premier corps ami tombé sur le champ de bataille. Verra bien qui sombrera le dernier.
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MessageSujet: Re: Rock you like a hurricane.   Ven 3 Déc - 19:53


Johnny fronça les sourcils, ne sachant pas vraiment quelle expression pouvait le mieux convenir ici.

Elle n'aimait pas la façon dont il avait jeté son cigare qu'elle ne put s'empêcher de suivre du regard en baissant légèrement ses mains qui tenaient respectivement d'une part son crayon et de l'autre la pétition.

Un vieux monsieur.

Ils n'étaient pas spécialement rares, loin de là. La CAP avait le taux de personnes âgés le plus élevés du monde. Sauf que les anciens avaient rarement ce regard là. Tout du moins, Johnny n'en avait jamais rencontré d'aussi étrange. Un regard où on pouvait lire un sentiment difus de désespoir... ouais... tout le désespoir du monde figé dans une pupille.

Puis il était long. Grand serait un terme approprié mais pas vraiment. Ki Yun était grand. La muraille de l’ancienne Chine c’était grand.
Mais l’homme qui se tenait devant elle c’était autre chose. Il semblait émacié, grêle et presque doté de membres trop fins et étirés pour l‘espace autour de lui. Il lui faisait l’effet de ses bonhommes en caoutchouc que les vendeurs à la sauvette essayait de vous refourguer C’était presque inconvenant d’avoir des yeux comme ça et les joues de Johnny adoptèrent une teinte légèrement rosée, comme si elle avait été coupable d’un crime qu’elle ignorait encore. Son visage conserva néanmoins un air désapprobateur devant le garçon (c’était bizarre de dire ça comme ça non ?) qui avait stoppé ses pas.

D'un autre côté elle lui gênait un peu le passage en fait. Peut-être qu’elle n’avait pas bien fait attention et qu’elle s’était mise sur sa route sans faire exprès.

Peut-être que...

L’imagination souvent trop fertile de la nipponne n’eut pas le temps de faire ses sempiternels détours puisqu’une voie aux accents étonnamment agréables et légèrement rauque coupa court à ses fariboles.

« Je vous ai entendue parler, demoiselle. Au départ, j’étais simplement venu vous faire taire, mais vous m’intéressez. »

Johnny ouvrit la bouche, interloquée. Ce n’était pas vraiment ce qu’elle attendait comme réaction quand elle avait commencé son piquet il y a quelques heures. Elle y avait cru. Réelment cru. Pendant quelques secondes et la vision de ces chaussures vernis.

La bouche de la lycéenne s’arrondit et un « oh » quasi inaudible passa le seuil de ses lèvres églantines. Sans vraiment s'en apercevoir,Johnny adopta les traits physiques de son interlocuteur. Quelques secondes après lui, elle remonta ses lunettes doucement sur son nez puis tandis qu'il avança d'un pas mesuré, elle recula imperceptiblement. De peu mais le mouvement avait été amorcé.

« Voyez, j’aimerais savoir comment vous pouvez même demander aux gens d’arrêter de rêver.»

Johnny secoua son visage en un dénis complet. Le vieux monsieur ne comprenait rien du tout. Elle ne demandait pas aux gens d'arrêter de...

« Si les rêves sont partis seuls, ils ne reviendront certainement pas seuls. Alors, voulez-vous que les autres n’aient que le néant ? Êtes-vous née avec le néant, et voulez-vous que le monde vous y rejoigne ? Ou avez-vous le rare privilège que celui-ci ne soit pas encore apparu ? »

Johnny était estomaquée. Comment osait-il? Elle qui n'avait que le bien des gens dans l'esprit.

« Je... j'ai...et pas du... rien à voir.» bafouilla t'elle en guise de réponse.

Non non non. Il allait falloir être n peu plus structuré Johnny. Surtout en face de quelqu'un qui, lorsqu'il ouvrait la bouche, donnait l'impression d'allumer la tv sur la BBC.

L'adolescente prit quelques secondes avant de pouvoir répondre à l'homme surprise. Après tout sa mère lui disait toujours que c'était trés important de pouvoir expliquer à n'importe qui le pourquoi on se battait.

« Je n'ai jamais dit que je pensais que les gens ne méritent pas de rêver. » fit Johnny en une moue légerement vexée. « Mais la façon dont certains rêvent est maintenant...artificielles. C'est comme... c'est comme avoir un faux. Et puis ce n'est pas le propos. Vous ne pensez pas que ce n'est pas bien que des gens se fassent de l'argent en exploitant les envies de rêves des gens. Evidemment moi je peux rêver mais même.. si.. enfin si un jour je ne pouvais plus, ça m'ennuierait de devoir ingurgiter des pilules avec je ne sais quoi dedans et... »

Johnny déglutit en croisant le regard d'un type pas très loin qui lui avait jeté un air mauvais. Ce n'était pas trés intelligent de dire ça à haute voix sur la Grande Place de Touljin, repère notoire des dealers de toute faune.
Elle se rapprocha donc du vieux monsieur dans un air de simili conspiration, levant ses yeux élargies par sa myopie vers les pupilles claires et étranges du bonhomme.

Il y avait quelque chose qui l'avait intrigué dans son discours. Un truc bête mais qui touchait justement au coeur du débat. Une énigme qui, une fois résolue, ferait du monde un paradis.

D'où venait les rêves?

Si on savait d'où, on saurait réellement comment remettre les choses d'aplomb. Certains disaient que si l'on découvrait cette réponse, le chaos serait inimaginabe et que les être humains parvendraient même à pourrir ce dernier bastion mais Johnny avait Espoir que au contraire, tout s'arrangerait.

« Vous pensez vraiment que les Rêves viendraient du Néant? » demanda t'elle, impressionnée.

Elle n'avait jamais envisagé cette option.
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MessageSujet: Re: Rock you like a hurricane.   Jeu 16 Déc - 17:48

Elle avait reculé. Le mouvement presque imperceptible, presque, presque— mais perceptible malgré tout. Elle avait reculé lorsqu’il s’était avancé, lui vers elle, le fou vers la saine, le grand vers la petite, le vieux vers la jeune. Elle avait reculé.

Et ce regard, lorsqu’il parlait, ce regard. Qui le détaillait, qui le jaugeait sans le faire. Qui le détaillait. Lui, encore, encore le vieux à l’allure de fou. Ce n’était pas grave, ce n’était jamais au final qu’une question d’habitude.
Mais qui pouvait assurer qu’il en avait pris l’habitude ?
On ne s’habitue jamais vraiment à rien.

« Je... j'ai...et pas du... rien à voir.»

Et cette réponse, hésitante, propre aux jeunes esprits, propres aux esprits neufs, presque. Propre à ceux qui n’avaient pas encore le désespoir dans leur tête, mais qui, lentement peut-être, mais still, se laissaient submerger par lui, doucement. Propre à ceux qui ne pouvaient dénier ce qu’ils voyaient, propre à ces jeunes révolutionnaires qui sentaient la réalité se confronter à leurs idées hors du monde, à celles issues directement de la Caverne.
Ces propos étaient faibles et peut-être est-ce pour cela qu’il les haïssait, précisément ; car il haïssait ce qui avait rapport à une quelconque faiblesse d’âme, d’esprit, de corps, de conscient ou d’inconscient, de subconscient ou d’omniconscient. Car la faiblesse était le repos, et que lui ne voulait pas le repos, il ne voudrait jamais le repos.

« Je n'ai jamais dit que je pensais que les gens ne méritent pas de rêver. »
Dieu merci.
« Mais la façon dont certains rêvent est maintenant...artificielles. C'est comme... c'est comme avoir un faux. Et puis ce n'est pas le propos. Vous ne pensez pas que ce n'est pas bien que des gens se fassent de l'argent en exploitant les envies de rêves des gens. Evidemment moi je peux rêver mais même.. si.. enfin si un jour je ne pouvais plus, ça m'ennuierait de devoir ingurgiter des pilules avec je ne sais quoi dedans et... »

Mais qu’importait que des gens aient de l’argent issu de quelque chose qui pouvait potentiellement apporter le bonheur à certains, une certaine forme de bonheur ? Les écrivains à succès n’avaient-ils pas de l’argent sorti tout droit du bonheur qu’éprouvait le peuple à les lire ? Les peintres, sculpteurs, musiciens, compositeurs, dessinateurs, poètes ? (mais qu’est-ce qu’un poète ? c’est quelqu’un qui écrit sans être écrivain, avait dit un jour quelqu’un.).
« Evidemment moi je peux rêver mais même si je ne pouvais plus ça m’ennuierait de devoir ingurgiter des pilules avec… » et non. Et non. Elle n’avait pas réalisé. « Evidemment moi je peux » mais non, pas évidemment, c’est loin d’être évident, et « moi je peux » mais moi je moi je ça ne suffit pas, idéaliste, que ne peux-tu comprendre cela ? Moi je moi je.

« Mais moi je ne peux pas. Moi je ne peux plus, et cela fais trop longtemps, vois-tu, trop longtemps que je ne peux plus. On ne peut pas continuer ainsi, on ne peut pas on ne peut— »

Mais il s’interrompit. Ce discours, ce discours rémanent, ce discours di pazzo, encore, ne saurait suffire à, il ne saurait suffire à—

« Vous pensez vraiment que les Rêves viendraient du Néant? »

Silence.
Quelle question, mon Dieu, quelle question.
Il dût s’arrêter un instant. D’où sortait-elle cela, comment, dans ses paroles, un instant, avait-elle pu comprendre que— « êtes vous née avec le Néant ? ». Cela lui revint en tête.
Il était vraiment propre aux jeunes de comprendre ce qu’il ne fallait pas, de comprendre ce qui n’allait pas, ce qui posait problème dans le raisonnement, car au fond, n’était-ce pas la même chose ?

Silence.
Soupir.
Soupir, soupir, soupir, et les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone, d’ailleurs, quelle était la saison, l’heure, le jour, la nuit le—
Mais il fallait se recentrer.

Il enleva ses lunettes, les plia, doucement, de ses doigts longs anguleux crochus peut-être. Les rangea. Pas de cigare, non non, car never a cigaro without scotch, did you forget? Et il ne voulait pas de scotch maintenant, car l’esprit était déjà sans doute par trop embué, sans doute. Cigarette alors, le feu, et le soupir encore, qui pouvait passer pour l’exhalation –l’exaltation– de la fumée nocive.

Les rêves viennent du Néant ?
Ah.
Rire bref.

« Bien sûr que non. »
Silence, inspiration, exhalation.
« Bien sûr que non, que les rêves ne viennent pas du Néant. Les rêves viennent du Seigneur— de Dieu. »

Sans doute quelqu’un de jeune, ayant grandi dans cette communauté asiatique étrange ne pouvait pas comprendre ce que signifiait, ce que pouvait signifier le terme pour un vieillard étranger.
Mais qu’importait ?

« Après, si Dieu est tout-puissant –et Il l’est, le doute n’a pas sa place ici–, vu que le Tout est l’équivalent du Rien, Dieu serait l’équivalent, le parfait équivalent, sans ambiguïté, du Néant, mais la question n’est pas là. On pourrait dire que cela revient au même, effectivement, mais quel serait alors l’intérêt d’inventer un Seigneur capable des pires injures comme des miséricordes les plus absolues, si son existence équivalait simplement au Néant ? »

C’était là la grande question.
C’était la question absolue, La Question peut-être ?
Son regard se perdit dans le vague.
‘Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas pleuré comme ça’. Pourquoi cette phrase lui revenait en tête, ça…
Mais ce n’était pas le moment. Le moment était au raisonnement des jeunes révolutionnaires, Le moment était aux palabres informes qui ne se formeraient pas en un Tout, en contemplation du devenir et du pourquoi du comment, le moment était au verbe et non au Verbe (Car au commencement était le Verbe. Pourquoi, Papa ?), le moment était au raisonnement des jeunes révolutionnaires, à leur compréhension de ce qu’ils allaient causer comme révolte, comme fin ; c’était ce moment, plutôt que celui de la contemplation. Et il reprit, encore, encore une fois, ‘une fois seulement dis-le et je...’

« Les rêves ne viennent pas du Néant. Ils viennent de Dieu. »

Et il se tut, continua à tirer doucement sur le seul filtre restant de sa cigarette.



[ Désolée pour le temps que j'ai mis à répondre o_o"" vraiment. Voilà j'espère que ça te convient, ç'a été fait en un jet & je n'ai pas relu & voilà donc pardon pour les potentielles fautes & la répétition & tout & tout. .___." ]
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