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 - Human After All - Nikki

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MessageSujet: - Human After All - Nikki   Sam 13 Nov - 18:55

Ma vue finit par revenir à la normale. Enfin c’était un bien grand mot de dire qu’elle était devenue comme avant. C’est juste que je voie net. Assez net pour voir la flaque de sang qu’avait relâché Nikki. Ce qui m’inquiétait affreusement. On ne crache pas autant de sang comme ça. Généralement quand on crache du sang comme ça ce n’est pas bon signe. Ah oui mais c’était vrai qu’on s’était drogué un peu plus tôt. Son corps n’a pas dû tout accepter. Mais la flaque avait une allure trop importante pour faire comme de rien n’était pas. Donc mission : ne pas dormir. J’avais pas envie que mon ami me claque sous les doigts tout simplement parce que je me serai endormi. Je parle pour ce soir. C’est un peu comme le garder en observation mais chez moi. Enfin, j’étais bien beau à m’inquiéter de lui mais encore fallait-il que j’arrive à faire un pas devant l’autre. C’était déjà plus dur, plus complexe. Rah putain j’avais eu la langue trop pendue et lui la main trop leste ! Heureusement que des pions étaient arrivés pour nous séparer parce qu’il n’avait pas tord : j’aurai finit à l’hôpital. Déjà là, je pense qu’on aurait besoin d’une petite visite, alors s’il avait continué, lui avait droit à une visite et moi un séjour ! Rien de bien drôle surtout quand on sait comment c’est chiant un hôpital. Ah ce petit, parce qu’il ne faut pas oublier que sur les deux je suis l’aîné, je n’aurai pas dû le provoqué. Quelle idée d’avoir consommé en même temps que lui ! C’est vrai, c’est lui qui a prit cette décision… Mais il ne m’avait pas forcé, j’avais accepté de mon plein gré. Je m’étais même amusé à cette idée. J’avais donc, au final, fortement approuvé son idée.

« Oh ça oui, tu aurais pris un allé-simple direct pour l’hôpital. »

Tu parles, j’aurai eu droit à un séjour complet plus des séances avec psy. Pourquoi des séances avec un psy ? Eh bien, voyez-vous quand on consomme avec excès, c’est pas donné à tout le monde de comprendre. Et pour cela, on fait appelle à quelqu’un qui peut vous écouter. Connerie ! Heureusement qu’on s’était calmé. Enfin surtout lui. Parce que, qui dit qu’après m’avoir amené dans la ruelle, il n’aurait pas eu envie de terminer de casser ma face ? A mon plus grand plaisir, la petite course lui avait calmé l’esprit, assez pour m’aider à ne pas m’écraser royalement au sol. Je vous dis pas l’hématome que je dois avoir sur le crâne en dessous de mes cheveux ! Le truc doit vraiment faire peur. Ca doit être une espèce de truc violet bleu et qui a peut-être la peau ouverte à un endroit. Ca ne m’étonnerait pas d’avoir du sang dans les cheveux vu le nombre de fois où l’arrière de ma tête a heurté le mur ! Ce qui expliquerait le fait que je sois dans l’incapacité de marcher correctement et de me tenir droit. Pour l’instant, je m’accrochais à Nikki comme je pouvais. Bon, j’avais l’impression que mon cerveau était passé dans un mixeur, mais cela ne m’empêchait pas de penser que Nikki avait besoin de repos aussi. Un bon repas déjà et du repos. Et s’il continu à vomir du sang, là, se sera un aller simple pour l’hosto. Il est bien sûr évident que je ne lui laisserai pas le choix. Quoi ? Mon état ne me permet pas de le forcer ? Vous marquez un point, dans mon état je ne pourrais pas le trainer de force. Hum. Bon, c’était pas encore un problème parce que pour l’instant il avait arrêté de cracher son sang.

« C’est bien parce que c’est toi. »


J’ai pas pu m’empêcher de rire. Personne ne résiste au grand Min Hee ! Au grand ? Bon au charmant Min Hee. Il passa mon bras par-dessus ses épaules et mit le sien sur les miennes. Parfait, je tenais beaucoup mieux. En revanche pour les voisins qui prenaient la peine de regarder par leur fenêtre : on devait faire peine à voir. Déjà la chemise de Nikki faisait peur à voir. Tâché de rouge, on croirait qu’il venait de se planter… Et mon corps remplis d’irrégularités. Sans oublier que je pensais que ma tête devait faire peur. Pourtant tout cela me fit rire. Des restants de drogues ? J’en sais rien. Nikki avait vomi, cela avait dû expulser un peu de Golden Dream. Personnellement je pense qu’il doit rester quelques traces dans nos corps. Non en faite c’était sûr. La cocaïne devait encore faire effet, sinon je peux vous dire que je serai dans un état encore plus déplorable. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que je ressentirai la douleur des coups de Nikki. Enfin, si on peut arriver chez moi avant que cela n’arrive : je serai satisfait. Je pourrai gémir en paix. Honte de gémir devant lui ? Oh, après tout ce que j’ai vécu avec lui, après l’avoir vu pleurer, ce n’est pas ça qui causera ma honte ! Donc non, je serai même soulagé mais un peu attristé. Je ne sais pas comment il réagira lorsque je serai en train de me contenir pour ne pas gémir, lorsque je sentirai chaque parcelle meurtrie me bruler. Peut-être s’en voudra-t-il ? Peut-être s’en fichera-t-il ? Dans tous les cas, je préfèrerai que cela ne lui fasse ni chaud ni froid. Cependant la blessure qui me gênait le plus : c’était ma lèvre. Non mais réfléchissez un peu : j’ai ses dents imprimées sur ma peau ! Bof bof… Comment je vais expliquer ça aux gens ? Une copine jalouse ? Roh et puis bref, ça ne regard personne !

« T’aurais pu éviter de me mordre la lèvre abrutit. Je ressemble à un copain violenté par sa copine maintenant ! »

Je ris de bon cœur. Il n’y avait de pas de reproche, juste une constatation. Je voulais tourner la situation en dérision, comme si cela n’avait pas de réelle importance. Lorsqu’enfin on fut devant chez moi. Une maison d’architecte moderne mais discrète. Ma mère ne voulant pas attirer les regards. A l’intérieur, tout était moderne. D’ailleurs la clé pour la porte était une espèce de bip et après je devais taper un code. Merci maman d’être une mannequin de renom. Le hall était assez éclairé et il donnait directement accès au salon. Il y avait des baies vitrées qui laissaient entrer la lumière naturelle. J’indiquais à Nikki le canapé blanc et je me laissais tomber dessus. La tête en arrière, j’observais le plafond pensif mais je relevais doucement la tête pour la poser sur Nikki. Et si ma réflexion précédente était juste : je venais sûrement de laisser une trace de sang sur le canapé blanc de ma mère. En faite, s’installer dans le salon où ma mère avait eu la délicieuse idée de tout décorer en blanc : c’était l’idée la plus pourrie que j’avais eu. Cependant, on excusera cette bêtise par le manque de réflexion de mon cerveau dû aux dommages occasionnés. En y réfléchissant, c’était la première fois qu’il venait chez moi, il n’y avait pas eut d’autres occasions, pas d’autres opportunités. En bref, aucune raison qui me pousse à lui faire passer les portes de chez moi.

On aurait mieux fait d’aller dans ma chambre ou la salle de bain. Déjà, je n’aurai pas détruit le canapé. Bon ok, je vais payer la réparation du canapé. Bon ok, je vais repayer le canapé tout court. Mais pour ça, il va falloir attendre quelques deals en plus. Non parce que je vais payer le canapé de ma mère avec l’argent de poche qu’elle me donne : ce sera totalement con et déplacé. Enfin bref, on n’est pas là pour parler canapé. Je crois qu’en faite le mieux c’est d’aller dans la salle de bain ou la chambre. Rah putain de cerveau qui arrive pas à décider quel endroit est le plus adéquate ! La salle de bain, ce serait bien pour se nettoyer, non parce que prendre une douche dans mon état, se serait vouloir se suicider en risquant de se noyer après avoir perdu connaissance. Et j’avais un minimum de fierté : soit qu’on ne vienne pas prendre mon cadavre nu. Quoi c’est totalement con ? Je vous l’accorde ! Et pourquoi la chambre se serait mieux ? héhé… ah non il n’y a rien de sexuel ! C’est juste que l’idée de pouvoir dormir me semble très attirante. Mais là aussi c’est pas conseillé pour aucun de nous deux : entre Nikki qui a vomi ses tripes et moi qui a un cerveau version smoothie, laissez tomber, dormir se serait vouloir se réveiller l’âme errante entre le paradis et l’enfer. Le mieux serait que Nikki décide quoi faire. Mais ce serait gonfler de ma part de lui dire : « aller, après m’avoir tabasser, tu me soignes ? » ou de lui dire « si tu oses t’endormir sans avoir bouffé avant, tu peux être sur que c’est moi qui vais devenir le mixeur ! ». Il était clair qu’aucun de nous n’avions le droit au repos, ce serait encore plus joué à un jeu dangereux. Bon ok j’étais pas médecin mais bon, faut pas être con pour comprendre qu’avec ce qu’on s’est drogué, crever ne relève plus du miracle mais de la facilité.
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Sam 13 Nov - 21:25

another day


Les douleurs légères s'expriment ; les grandes douleurs sont muettes.
[Sénèque]


« T’aurais pu éviter de me mordre la lèvre abrutit. Je ressemble à un copain violenté par sa copine maintenant ! » Nikki éclata de rire avec son ami. Un rire qui pour une fois n’était pas forcé. « T’as bon goût tu sais. »

Et il lui adressa un petit clin d’œil avant de rire une nouvelle fois. Outch, ça lui faisait mal au ventre de rire mais d’un autre côté, c’était bon. Bon pour son cœur. Enfin maintenant il était temps de marcher, ou plut d’essayer de marcher. Bras dessus, dessous, les deux jeunes gens se soutenaient dans cette dure épreuve qu’était la vie. Nikki n’oubliera jamais Min Hee, plutôt, il n’oubliera jamais ce qu’il lui avait dit aujourd’hui. Des mots vrais, des mots qui étaient allés droit à son cœur sans prendre le temps d’être broyés par le cerveau. C’était la première fois qu’on osait lui parler de la sorte. En même temps, il fallait avoir du cran pour le faire, ne pas avoir peur de se manger des coups. Car il en avait prit son ami, il était même sacrément amoché et c’était aussi une autre première fois que de ressentir un sentiment de culpabilité. Il regrettait de l’avoir cogné aussi fort, il n’aurait pas dû. Sur quelqu’un d’autre cela ne l’aurait pas dérangé, mais là, ça avait été le jeune Kim et mine de rien, à force de partager son quotidien avec un personne on finissait par s’habituer à sa présence et s’y attacher.

Ils avaient dû avoir l’air chouette comme ça. Tous les deux dans un sale état à déambuler dans les rues de la ville. Enfin, Nikki se fichait de ce que les autres pouvaient bien penser d‘eux, de toute façon il ne les connaissait pas tous ces gens. Il était juste heureux que ce ne se soit pas terminé à l’hôpital. Enfin ils arrivèrent devant la maison de Min Hee. Le jeune Lee avait l’habitude de ce genre de luxe, et ce n’était d’ailleurs pas grand-chose contrairement à la sienne qui n’était pas très loin du palace. Il suivit le jeune homme jusqu’au salon, le regardant s’affaler sur le canapé. Tout de même, il n’y était pas allé de main morte avec lui. Il souffla, peu fière de lui sur ce coup et posa ses fesses à côté de son ami qui laissa alors sa tête retombée sur lui. Arf, Nikki n’aimait pas les contacts physiques, pas ceux dont il n’était pas le responsable mais bon. Encore une fois, il pouvait bien faire une exception pour son camarade. Il jeta un coup d’œil en arrière, ouch, il avait taché le canapé de sang, cela voulait dire qu’il était ouvert. Nikki grimaça légèrement, il y était allé si fort avec lui ?

« Elle est où ta salle de bain ? »

Fit-il en le tirant par le bras pour le relever. Il suivit sagement les indications du plus jeune et une fois dans la pièce l’aida à s’assoir sur le rebord de la baignoire. Sans aucune gêne il ouvrit un peu tous les placards jusqu’à trouver de quoi le soigner. Il s’assit à côté du coréen afin d’être à sa hauteur et observa à nouveau les dégâts. Min Hee allait avoir un œil au beurre noir voilà une chose qui était sure et malheureusement il ne pouvait rien faire contre cela. Par contre, il pouvait désinfecter ses quelques plaies ce qu’il fit avec autant de délicatesse possible étant donné son état presque aussi pitoyable que celui du jeune Kim.

« Quand même, t’es plutôt mignon comme ça. »

C’était ironique, évidemment. Aucune fille ne serait assez débile pour l’approcher si elle le voyait ainsi dans la rue. Il se releva, et du bout des doigts dégagea un peu les cheveux de son ami afin de voir d’où couler le sang. En voyant la plaie il grimaça. Que pouvait-il faire ? Il attrapa un gant de toilette et l’humidifia avant de le poser sur la blessure de son ami. Il fallait profiter qu’il soit encore sous les effets de la drogue car il ne devait probablement rien sentir là. Quels idiots quand même. Et si ils crevaient ce soir ? Surtout lui, peut être qu’il ne disait rien mais avoir vomi autant de sang l’inquiétait tout de même un peu.

«  Ta mère ne rentre pas de la nuit ? » Demanda-t-il juste pour vérifier qu’elle ne risquait pas de débarquer à l’improviste. 


(post pitoyable mais ça va venir èoé)


Dernière édition par Lee Nikki le Dim 14 Nov - 12:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Dim 14 Nov - 5:10

C’est fou comment lorsque votre cerveau est en panne : tout le reste à du mal à suivre. C’est un peu l’effet domino : vous poussez une pièce et c’est tout le reste qui s’écroule. Rien de bien joyeux vous l’aurez compris. Non, c’est limite humiliant. Enfin, tout dépend de l’endroit et de la personne avec qui vous vous trouve. Ainsi avec Nikki, la honte et la gêne n’avaient plus de raison de vivre. Plus de raison de s’installer. Il avait vu mes pires jours comme les meilleurs. Non pas tous les pires. Il ne m’avait pas hurlant de rage après avoir perdu Alice. Il ne m’avait vu pleurer comme si on venait de m’arracher le cœur. Il ne m’avait pas vu le regard vide et pourtant humide. Je m’étais caché. Je ne voulais pas me montrer faible. Mais il a dû comprendre. Il n’est pas con. Je ne lui ai pas dit que je me suis fait largué, mais si du jour au lendemain vous ne voyez plus votre ami et que lorsqu’il réapparait il fait comme si la fille n’avait pas existé : c’est pas compliqué. On fait tous le rapprochement. On fait tous le lien. On comprend tous que cette semaine d’absence a sûrement un rapport avec la fille. On comprend que son regard vide et ses sourires forcés ne sont qu’une facette. Je ne me suis jamais vraiment posé la question et heureusement il n’a jamais cherché à savoir. Il ne m’a jamais demandé la raison de ma mauvaise humeur, la raison de mon silence, la raison de mon absence. Il a su me respecté. Il a su être l’ami que j’attendais. Il était là au lycée à me téléphoner pour aller s’en fumer une. Pour aller se droguer sous l’escalier. Il était là. Et cela m’aidait beaucoup. C’est tout ce que je demandais : qu’il soit là. Avec moi. Qu’il m’aide à ne pas sombrer. Qu’il m’aide à voir même quand il fait noir. Qu’il m’aide juste. Ainsi je le remerciais intérieurement. Et aujourd’hui encore il était là.

« Elle est ou ta salle de bain ?
« Deuxième porte à droite dans le couloir de gauche. »

Il m’attira tout en me prenant le bras. Hey oh, doucement Nikki. J’ai le cerveau version compote bio là, faut me ménager. Enfin, j’ai été surprit par le fait qu’il adapte sa vitesse à la mienne. Et qu’il trouve la salle de bain du premier coup. Je n’ai même pas eu besoin de le reprendre, de lui « tu te trompes ». Bon en même temps c’était pas très compliqué. Mais tout de même, combien de fois on s’est trompé de porte même avec les indications ? Moi ça m’était déjà arrivé : trop souvent. Il me fit m’assoir sur le rebord de la baignoire et me désinfecta les plaies apparentes. C'est-à-dire : lèvres, arcade et œil. Déjà, je n’avais plus de sang sur le visage. Cela avait été remplacé par des pansements à certains endroits. Aux autres plaies superficielles, il avait laissé comme tel. Comme mon œil par exemple. Je pouvais voir ma tête dans le miroir : elle était pas belle à voir. Je faisais peur. Et mon œil commençait à prendre une sale teinte. Cocard. Quel merveilleux cadeau, merci Nikki ! Est-ce que je regrettais ce que j’avais fait ? Sincèrement je ne regrettais rien. Je lui ai juste dit des choses que je pensais depuis longtemps. Des choses que je n’avais pas le courage de lui cracher au visage. Des choses que je n’osais pas lui lancer à la gueule. Faible ? Vous pouvez le voir ainsi. Ce n’était pas des coups dont j’avais peur. Je savais exactement comment il frappait : avec quelle force, à quel endroit. Je l’avais déjà vu à l’œuvre. Je ne dis pas que je savais où il allait me frapper mais je n’étais pas ignorant de la façon dont il s’y prenait. Nikki était fort, rapide et effroyable. On a l’impression qu’un bête se jette sur vous pour vous bouffer jusqu’à la moelle. Il est effrayant. C’est d’ailleurs pour cela que c’est lui qui « casse la gueule » et pas « qui se fait casser la gueule ». En revanche, je devais trouver une histoire convaincante pour le lycée. Et avant que je pu exposer le souci, mon portable vibra. Je venais de recevoir un texto pendant qu’il me soignait. Ouvrant le clapé du portable je pu lire l’information envoyé par mail à tous les étudiants du lycée « Kim Min Hee vient de se faire casser la gueule par Lee Nikki, est-il vraiment son ami ou simplement son chien ? ».

« Quand même, t’es plutôt mignon comme ça. »
« Oh oui, le lycée aussi va me trouver charmant. »

Mignon ? Je ressemblais à une femme battue. Traduction : s’en est finit de ma réputation. Et les élèves, quand ils veulent se venger, trouver un coupable est une tâche aisée. Oui, je savais me servir de mes mains : le premier qui me ferait une remarque se prendra un pain. Mais c’était assez ennuyant parce qu’au fond, on n’avait aucune excuse. Je pouvais même pas dire que c’était une rumeur à la con vu que trois pions avaient vu Nikki exprimer sa frustration sur mon visage. Mais le plus important dans le fond c’était pas ce que les lycéens pensaient mais plus ce que le proviseur dirait. Il est évident qu’aucune plainte ne sera déposée. En suite pour éviter de quelconques ennuis je vais tout simplement dire…hum… AH ! Qu’on répétait un spectacle. Un spectacle donné bénévolement dans le cadre des maladies dans les hôpitaux. Oui voila. C’était une bonne excuse ça. Et les blessures ? Et bien, je vais prendre un air hautin et annoncé d’un air dédaigneux « vous savez, dans les maisons d’architecte, il arrive que les escaliers soient parfois fourbes et une chute peut arriver à n’importe quel instant. Vous comprenez ? Non ? Ah oui, j’oubliais, vous n’habitez pas dans ce type d’habitat. Excusez-moi. » Pas mal n’est-ce pas ? Oui, ça y est j’ai trouvé mon bobard. Pendant ce temps Nikki s’occupait de ma blessure à la tête. Oui, profitons encore du fait que la cocaïne circule encore dans le sang. On en a plus pour longtemps. On arrive à l’heure d’expiration là.

« Ta mère ne rentre pas de la nuit ? »
« Elle fait une séance photo à Londre, elle est partit pour trois jours. Te fais pas de soucis pour ça. »

Mon regard se posa sur mon infirmier en chef. Ma main vint saisir son bras et je posais mes yeux sur son ventre et sa chemise tâché de sang. C’était pas bon, pas besoin d’être expert pour ça. Sauf si ça venait des sinus qu’on venait d’endommager en sniffant la cocaïne. J’espérais vraiment que ce soit ça. Mon autre main s’approcha de la chemise. Mes doigts effleurèrent le tissu où le sang avait séché. Le regard perturbé. Je voulais pas qu’il crève ce soir. Pas comme ça, pas chez moi, pas devant moi.

« Faut appeler un médecin. Pour ma tête mais surtout pour toi. Le mieux serait un médecin qui accepte les dessous de table ? J’ai pas envie qu’on sache que je me drogue tu vois ? » En gros : tu ne connaitrais pas un médecin de ce genre ? Non parce que je peux toujours appeler le mien mais j’avais peur qu’il cafte tout à ma mère même si je lui filais le double de ce que je lui devais. Je lui donnais mon portable mais j’oubliais de partir de l’écran des mails. Laissant bien visible, celui qui étalait déjà nos magnifiques exploits. « Attend je vérifie un truc… » Dis-je tout en tendant la main pour reprendre le portable. Trop tard, il a déjà dû voir. J’ai merdé royal.
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Dim 14 Nov - 13:26

another day


Toute amitié est un drame inapparent, une suite de blessures subtiles.
[Emil Michel Cioran]


Oh, Nikki avait un cœur de pierre, du moins c’était ce que devait penser la majeur partie du lycée. Mais dans le fond, il n’était pas totalement insensible. Il n‘était pas un monstre tout le temps, cela lui arrivait aussi de faire preuve d‘humanité parce que oui, finalement il restait un humain comme les autres dans le fond. Il ne pouvait pas toujours tout retenir. Par exemple quand ça touchait sa sœur il n‘y arrivait pas. Quand les médecins lui annonçaient une mauvaise nouvelle sur son état il pleurait la nuit entière et la plupart du temps ne venait pas en cours le lendemain. Mais ça personne ne le savait, il ne voulait surtout pas que cela s’apprenne, sinon, pour quoi passerait-il ? Il perdrait toute sa notoriété, toute l’image de mauvais garçon qu’il s’est construite. Certes, c’était un bad boy tout de même, mais il n’était pas foncièrement méchant, dans le fond, il n’était pas aussi mauvais que son comportement le laissait croire. Oui, mais seulement dans le fond, et malheureusement il fallait creuser pour voir son fond, creuser beaucoup, creuser longtemps.

« Oh oui, le lycée aussi va me trouver charmant. » Nikki rit légèrement. Ah ça oui, ils auraient de quoi se poser des questions en le voyant débarquer ainsi demain, mais tant pis ce n’était pas si important que ça. Enfin si, un peu quand même mais bon. Ils allaient sans doute très vite faire le rapprochement entre toutes ses marques et la violence dont Nikki faisait souvent preuve. Qu’importe, eux deux savaient que ce n’était pas si grave. Plutôt, si ça l’était. Mais pas dans la mesure où ils connaissaient toute l’histoire et savaient pourquoi ils en étaient arrivés là. C’était peut être pour ça que Nikki nettoyait actuellement ses plaies. Par culpabilité un peu. En général il se fichait de l’état de ses victimes, peut être parce qu’il ne prenait même pas le temps de regarder les blessures qu’il leur infligeait. Mais là, c’était Kim Min Hee qu’il avait tabassé, c’était son unique ami qui avait failli aller à l’hôpital par sa faute. D’ailleurs quand il jeta un coup d’œil à l’arrière de sa tête .. Ouais bah peut être qu’il ira quand même à l’hôpital par sa faute en fait. Il soupira légèrement, à cet endroit là ça pouvait être dangereux pas vrai ? Hé merde, la prochaine fois il y réfléchira à deux fois avant de secouer quelqu’un comme un prunier contre un mur.

Ouch, en attendant il avait mal au ventre aussi. Si l’une de ses mains continuaient d’appuyer sur le gant de toilette qu’il avait posé sur la blessure de son ami, l’autre s’était posée par reflexe sur son ventre. Tout de même, ce serait dommage de mourir ce soir, surtout qu’il n’avait pas encore vu sa sœur de la semaine et qu’il s’était par-dessus tout jurer de crever après elle. « Elle fait une séance photo à Londre, elle est partit pour trois jours. Te fais pas de soucis pour ça. » Ah oui, il avait oublié que sa mère était mannequin. Elle ne devait pas être souvent à la maison alors, mais il semblait y avoir quelque chose de très fort entre eux quand même. Un peu à la manière de la relation que lui avait eu avec la sienne.

« Tu as donc trois jours pour remplacer le canapé. » Fit-il tout en jetant un coup d’œil dans le miroir. Pfeuh, de ces vieux mecs. Ils avaient vraiment une sacré dégaine. « Je te donne l’argent pour. C’est un peu ma faute si tu sembles sortir tout droit du dernier Saw. »

Nikki grimaça alors, bordel, il avait l’impression d’avoir une épée coincée dans l’estomac. Il fit de son mieux pour reprendre une expression neutre avant de lever un sourcil quand Min Hee saisit son bras. Hm ? Il se mordit l’intérieur de la joue, baissant les yeux pour lui aussi admirer l’état de sa chemise. Arf, tout de même, si il avait su il ne l’aurait pas porté aujourd’hui. Il l’aimait bien. Enfin tant pis, il s’en achètera deux autres pour la peine. « Faut appeler un médecin. Pour ma tête mais surtout pour toi. Le mieux serait un médecin qui accepte les dessous de table ? J’ai pas envie qu’on sache que je me drogue tu vois ? » Nikki hocha la tête. Il avait raison, hum. Il pourrait appeler l’ami à son père, de toute façon qu’il le raconte à ce dernier l’importait peu puisque son paternel était parfaitement au courant que son fils était un vieux drogué, il le lui répétait assez souvent d’ailleurs. Il prit le cellulaire de Min Hee entre ses mains et … oh qu’est-ce que c’était que ça. " Kim Min Hee vient de se faire casser la gueule par Lee Nikki, est-il vraiment son ami ou simplement son chien ? "Ah bon ? Les nouvelles tournaient donc aussi vite au lycée ? Qui avait pu rapporter cela ? Les pions ? Incroyable. Les gens sont incroyables et surtout pitoyables. Il leva la tête vers son ami avec un fin sourire.

« Un chien ? … aboie pour voir ! » Il se demandait comment les gens avaient pu oser écrire de telles choses. Sans doute que lui n’avait pas reçu ce sms, c’était même sur. « Allez, après moi ; Ouaf ! »

Il lui ébouriffa ensuite les cheveux, prenant évidemment soin de ne pas le faire à l’endroit de sa blessure puis tourna les talons et composa le numéro du médecin. En moins de deux minutes ce fut expédié, il donna l’adresse, ferma le clapet du téléphone et le redonna à son ami.

« Un ami à mon père arrive d’ici une heure, tache juste de ne pas crever entre-temps. »

Il disait ça, mais il était tout aussi concerné. Il aida Min Hee à se relever, passa son bras autour de sa taille, emportant une serviette au passage. Il le ramena dans le salon, posa la serviette sur le dossier afin que Min Hee puisse poser sa tête sur celui-ci. Les effets de la drogue commençaient à s’estomper, sans doute parce qu’il devait avoir dégager pas mal en vomissant. Par contre, il ressentait quelques douleurs du coup, et ce n’était pas franchement agréable. C’était surtout au niveau du ventre. Il dégaina son paquet de cigarette, quelque peu endommagé mais heureusement certaines clopes avaient résisté. Il en sorti une, et même une deuxième mais avant d’oser allumer la sienne il demanda :

« Je peux ? »

Wow. Qui aurait cru qu’un jour Lee Nikki demanderait une quelconque autorisation ? En temps normal il l’aurait juste allumé et fumé sans même se soucier du reste.  

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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Dim 14 Nov - 14:38

Tu sais Nikki, je pense que la vie n’est vraiment pas la chose la plus simple au monde. Oh bien sûr, on est tous capable de faire un pas devant l’autre, on est tous capable de respirer mais on est pas tous capable d’apprécier de faire tout ça. C’est pour ça que parfois le matin je me lève, et ça en devient douloureux de marcher, de respirer. Comme si toutes ces choses acquises et simples devenaient trop compliquées, trop dures, trop douloureuses. La différence Nikki, c’est que moi, ce n’est que quelques matins. Est-ce que toi c’est tous les jours que tu n’y arrives pas ? Est-ce que c’est tous les jours que tu désespères de te battre ? Si c’est ainsi, alors je comprends mieux ton état. Je comprends mieux tes larmes. Je comprends mieux ta peine. Pourtant je suis frustré. Car cela ne m’aide en rien. Cela ne m’apporte pas de réponses. Comment t’aider ? Comment te faire sourire ? Comment te faire rire ? Comment t’aider à apprendre à aimer à vivre ? Et j’ignore ce qui cause cet état, ce qui cause ta perte. Oui, ta sœur sans doute. Le monde est trop cruel pour faire ça. Le monde est trop honteux pour assumer ça. Il détruit une famille et des vies. Cependant il y autre chose. Cette chose dont tu ne peux rien me dire. Cette chose que tu ne peux m’avouer. Qu’est-ce qui t’en empêche ? Qu’est-ce qui t’empêcher de parler au point de te faire souffrir ? Me le diras-tu un jour ou sombreras-tu avec ? Mais tu sais Nikki, je ne veux pas te laisser mourir. C’est peur être égoïste mais je ne peux pas. Cependant je sais que je me trouve dans une impasse. Je sais que tu pourras te la donner si tu le désires vraiment. Et je sais que je ne serai pas forcement là pour t’arrêter.

« Tu as donc trois jours pour remplacer le canapé. » Ah oui, c’est vrai. Bonne idée, je le ferai livrer pour le troisième jour. « Je te donne l’argent pour. C’est un peu ma faute si tu sembles sortir tout droit du dernier Saw. »

« Je suis pas en manque de fric pour ça, t’as pas besoin de faire ça. » Mais j’appréciais le geste. Vraiment, cela m’allait droit au cœur. « Saw à ce point ? Hum. Cela veut dire que j’ai bien réussi mon boulot. » En gros te pousser à bout. Moi fier ? Bien sûr !

Je vis ta grimasse, je vis ta main se diriger vers ton ventre et mon cœur cru s’arrêter. Putain quel con de t’avoir filer tout ça… On a pas tous le même organisme, si le mien résistait plutôt bien, le tient en revanche ne semblait pas de tout accepter. Ne fais pas le fort, je l’ai vu ton visage. Tu souffres ça ce voit. Inutile de le cacher. Et cela m’inquiétait de plus en plus. Tu avais vraiment d’un médecin. Plus que moi, je pense pas crever ce soir. Enfin… Je pense peut-être mal parce que mon cerveau me rit le contraire. Enfin bref, c’est juste que moi j’avais encore la cocaïne dans le sang et que je ne ressentais aucune douleur. Donc en gros pour moi toutes mes blessures n’avaient aucune gravité. C’est pour ça que la drogue est dangereuse. Parce qu’on est plus conscient de rien. Parce qu’on se sent puissant. Parce qu’on croit que rien n’est grave pour soi. Alors je ne me préoccupais pas de état de santé, je voyais plutôt le tien. Je voyais plutôt ta douleur s’imprimer sur ton visage. Et je m’inquiétais inlassablement. C’était anormal de cracher du sang. J’avais espéré que ce soit les sinus mais que dal. Si tu avais mal au ventre, c’est que le sang n’était pas venu du nez. C’est que le sang avait remonté. Et ça, c’était vraiment pas bon. Pourtant, tu trouvas encore le moyen de rire. C’était tout toi, enfin, je vais pas m’en plaindre.


« Un chien ? … aboie pour voir ! » Je vais te mordre la joue, tu vas voir comme j’aboie. « Allez, après moi ; Ouaf ! »

« Tu connais l’expression Nikki : chien qui aboie ne mord pas. » En gros je suis le gros clebs qui grogne et montre les crocs.

Il ébouriffa ma tignasse blonde et je voulais attraper son bras pour le stopper mais j’ai pas réussi. Un truc tout comme évalué les distances. Rien de grave. Si ? Bah on s’en fou pour l’instant. Tant que j’arrive à comprendre ce qui ce passe autour de moi tout va bien. Non parce que si je deviens un abrutit qui perd conscience : je vais pas aider le médecin. Si en apparence j’étais celui qu’il fallait soigner en premier, je peux vous assurai qu’à l’intérieur, c’est Nikki qui est le plus inquiétant. Je me fou de savoir si j’ai raison ou si j’ai tord. Dès que le médecin franchira la porte de cette maison, je lui dirai de regarder Nikki. Et si monsieur le têtu refuse, vous pouvez être sûr que je vais piquer une crise. Une belle crise, de celle qu’on ne peut pas refuser même à un gamin de dix-sept ans. Il me donna mon portable noir et bleu et je le mis dans la poche de mon sweet. Au chaud.

« Un ami à mon père arrive d’ici une heure, tache juste de ne pas crever entre-temps. »

« Tu devrais appliquer ton conseil à toi même. »

Et c’était vrai. Bon en faite le souci, c’est qu’à tout moment, y’en avait un de nous deux qui pouvait crever. Fallait être réaliste. Nikki est pas dans un état dit de « sécurité ». J’aurai même dû lui conseiller l’hôpital. Quant à moi, ma fois, peut-être que mon cerveau décidera de me lâcher dans les minutes à venir. Et dans le fond, on en était conscient tous les deux. Aujourd’hui on avait sûrement poussé un peu trop nos limites. Aujourd’hui on s’était cru un peu trop invisible. Aujourd’hui on avait tout simplement merdé. Personnellement si c’est moi qui claque, je n’aurai pas de regret. De toute façon je serai mort. C’est fait c’est fait. Je pourrai même pas discuter sur mon état. Donc je m’en fou. Le souci, c’est si c’est Nikki qui claque. Je préfère même pas imaginer. Déjà voir son ami mourir sous ses yeux, c’est pas la joie mais aussi savoir qu’il est parce que vous lui avez revendu vos merdes : là rien ne va plus. Je crois que je serai incapable de décrire la douleur que j’aurai. Je n’arrive même pas à imaginer. Alors non, je m’y refuse. Le mieux est évident : qu’on soit touché par la grâce des dieux et qu’on reste envie. Vive le Happy End. Enfin pas si Happy que ça tout de même. Il m’aida à me lever et m’installa sur le canapé. Heureusement qu’il était là parce que marché seul c’était pas possible, je crois que j’aurai rampé seul. Je m’écrasa doucement sur les coussins tout en posant la tête sur la serviette qu’il venait d’installer : prévoyant le petit.

« Je peux ? »

« Tu crois que c’est raisonnable ? » Non mais c’est vrai, il est entrain de décéder sur mon canapé et il veut fumer. Oh et puis merde. « C’est bon, y t’en restes pas une par hasard ? »

On avait une heure à glander. Une heure à patienté. C’est long une heure. C’était un peu l’heure décisive. Qui va partir ? Qui va rester ? La drogue tiendra-t-elle jusqu’à l’arrivé du médecin ou je vais devoir me tordre de douleur ? Dis Nikki. Est-ce que tu as peur de fermer les yeux et de ne plus les ouvrir maintenant ?
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Dim 14 Nov - 15:46

another day


Comme la nuit paraît longue à la douleur qui s'éveille.
[Horace]


« Tu devrais appliquer ton conseil à toi même. » Nikki eut un sourire, un sourire forcé, un sourire qui se voulait amusé mais qui donnait plus l’impression qu’il était constipé. Il n’avait que seize ans, il n’avait que seize et pourtant il jouait déjà avec la vie. Quand est-ce que tout cela avait commencé ? Quand avait-il consommé pour la première fois ? Il n’était même plus capable de s’en rappeler tant cela remontait à loin. Il ne se souvenait même plus de la tête du dealer, ni même du pourquoi il avait fait cela. Oui, quelle raison nous pousse à commencer avec ces merdes ? Peut être était-ce la même qu’aujourd’hui. Oublier, juste pour oublier, pour se sentir mieux, pour apaiser les douleurs de nos cœurs. Il n’avait que quatorze ans à l’époque, c’est jeune quatorze ans, très jeune, trop jeune. Un « ami » l’avait entrainé avec lui en boîte et c’était la première fois qu’il sortait la nuit. Et lors de cette première soirée dans cet horrible monde, il avait fini complètement torché, à la limite du coma, drogué comme pas possible. Quand il était rentré chez lui, il n’avait même pas pu monter jusqu’à sa chambre, il avait vomi dans les escaliers, beaucoup vomi. Sa gouvernante avait prit soin de lui, heureusement.

Après, il avait fini par prendre l’habitude. Aujourd’hui il enchainait les sorties nocturnes, se droguait toujours, buvait toujours autant. De temps en temps il se retrouvait dans un sale état, vomissait, ou ce genre de choses, mais il s’en sortait relativement bien à chaque fois. C’était même devenu une routine. Mais là, mélanger Golden Dreams et cocaïne, il n’aurait pas du. Son organisme était déjà assez amoché comme ça et ne devait juste pas avoir supporté la mixture des deux. Il n’était pas superman, il devait se calmer un peu, il le savait. Mais il ne pouvait pas, il ne pouvait plus car c‘était trop tard. Il était devenu accroc à toutes ces sensations que la drogue pouvait lui apporter. C’était presque ce qui permettait de le garder en vie. Ironique n’est-ce pas ? Il risquait à tout moment de mourir à force de vouloir vivre. Trop vivre. Il voulait trop pousser les limites. Il vivait trop dans l’extrême et c’était sans doute ce qui causera sa chute. Un jour ou l’autre ce sera fini avant qu’il ne puisse dire « oups ».

Et c’était la première fois qu’il craignait réellement pour sa vie. La première fois qu’il avait si mal au ventre, la première fois qu’un liquide rouge s’échappait de ses lèvres. Il avait encore l’horrible goût au fond de la bouche. Assis sur le canapé, il fixait l’écran noir de la télé et il essayait de se vider la tête. Mais c’était pas possible. Il ne pouvait pas le faire. Il pensait trop, réfléchissait trop. Trop de « Et si ». Et si c’était la dernière fois, le dernier jour, la fin de ce jeu débile. Hors de question ! Il n’allait pas mourir aujourd’hui, il n’en avait pas l’intention. Il avait besoin de fumer. Il fallait qu’il fume, qu’il décompresse ou il allait devenir fou, ou il piquerait une nouvelle crise et il ne pouvait pas se le permettre. Il ne pouvait pas à nouveau se défouler sur son camarade qui avait déjà trop morfler. « Tu crois que c’est raisonnable ? » Nikki haussa les épaules, il n’en avait rien à foutre. Il n’était plus à ça près de toute façon. « C’est bon, y t’en restes pas une par hasard ? » Il sourit doucement, voilà qui était mieux. Il alluma la sienne, la laissa entre ses lèvres et en prit une deuxième qu’il donna à Min Hee. Il tira une longue bouffée sur sa clope, si longue, si forte que ça lui fit tourner la tête. Alors il la laissa tomber en arrière, sur le dossier et ferma les yeux. Il souffla la fumée vers le haut. Sa respiration se ralentit, son ventre se soulevait à un rythme beaucoup plus lent et ça lui faisait tout de même mal.

« Je ne crèverai pas aujourd’hui. » Murmura-t-il en rouvrant les yeux et se redressant. Il fit tomber la cendre dans le cendrier de la table basse (j’ai décidé qu’il y en avait un èoé) et soupira. « Bordel de merde. »

Il avait peur, mais il essayait de ne pas le montrer. Il avait peur mais pas pour lui. Pour Min Hee, pour sa sœur qu’il ne voulait surtout pas laisser seul. Il était la seule personne avec la gouvernante à lui rendre visite. Il était tout pour elle comme elle était tout pour lui. Alors il n’allait pas l’abandonner.

« Je ne mourrai pas avant elle. »

Le jeune adolescent fut alors prit d’une quinte de toux, par reflexe il porta immédiatement la main à sa bouche, n’arrivant plus à s’arrêter. Il baissa la tête, et après une longue minute passée à tousser il la releva, observant sa main devenu rouge. Quelle merde. Si même quand il toussait il crachait du sang. Il se leva brusquement se rendant dans la salle de bain sans un mot afin de se laver les mains. Il observa son reflet dans le miroir, son visage et ses lèvres pâles, comme sans vie. Il faisait peur à voir. Plus jamais un pareil mélange. Il rejoignit Min Hee et écrasa sa cigarette. Il n’arrivera pas à la finir de toute façon. C’était impossible. Sans même demander à son ami, il tira son portable de sa poche et recomposa le numéro, annonçant au médecin que si il arrivait d’ici dix minutes il lui donnerait le triple d’une consultation, il raccrocha, posa l’appareil sur la table et tourna la tête vers Min Hee.

« Pitoyable hein ? » Il eut un léger rire. Il se sentait pitoyable, oh oui. « Mais toi, crèves surtout pas hein. Pense à ta mère .. Et à moi aussi, je veux pas avoir ta mort sur la conscience. »  

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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Dim 14 Nov - 23:54

Mon regard ne quittait pas ton corps. Mes regrets ne quittaient pas mon être. Je supportais mal de te voir dans cet état. Déjà parce que tu es toujours apparu sous mes yeux comme le fort Nikki. Pas un cris, pas une larme et aucune peur. Mais la situation avait changé. Tu m’as montré que tu étais humain après tout. J’en avais été fier, fier de voir que tu me fasses assez confiance pour me montrer cette partie de toi. Fier que tu acceptes de me montrer ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse. Je ne m’étais pas moqué, j’avais observé avec un respect certain. Il est peut-être facile d’accepter les larmes d’autrui mais il est de suite plus dur de savoir donner les siennes. J’en étais conscient et c’est sans doute pour cela que j’éprouvais une espèce de fierté du fait que tu daignes m’accorder une telle confiance. Dis Nikki, tu crois qu’un jour c’est moi qui viendrai pleurer au près de toi ? Commet m’accueilleras-tu ? Souligneras-tu un manque de force ? Un caractère faible ? Des raisons futiles ? Ou accepteras-tu de m’écouter ? Garderas-tu un silence respectueux ? Que feras-tu si ce jour vient par arriver ? Oh, parce que il était évident que je n’imaginais pas que tu puisses mourir ici et maintenant. Si, c’était vraiment probable, je le savais mais je n’arrivais pas à me l’imaginer.

Tu m’allumas la mienne, comme toujours, et je pu en tirer une légère bouffé. N’ayant pas la force de tenir ma cigarette, je la laissais dans ma bouche. Recrachant le fumé par les narines ou bien de l’autre côté de mes lèvres. Enfin, fallait bien que je profite de me servir de mes lèvres avant que je trouve le fait de les bouger douloureux. N’oublions pas comment Nikki m’a marqué. Bah, si un jour il fait une connerie que la police scientifique à besoin de son empreinte dentaire : ils viendront me voir ! Cependant pas sûr que je leur donne. C’était mon ami après tout je n’avais aucune raison de le trahir. Quelques fois je me levais, péniblement, pour déposer dans cendre dans le cendrier sur la table basse. Mais je finissais toujours par revenir m’allonger sur le canapé. Cependant, croyez-le ou non, la malchance semble s’accrocher à nous en vu des douleurs que je commence à ressentir. Merde. Miss cocaïne a décidé de se faire la malle. Elle aurait pas pu emporter la douleur avec ? Enfin, mon soucis premier, c’était le mal à l’arrière de mon crâne qui arrivait. En vue des effets actuels, je peux dire que quand la douleur sera totalement apparu : je crois que je vais bouffer un coussin.

« Je ne crèverai pas aujourd’hui. » J’haussais les sourcils surprit. Nikki ne cédait pas à la panique j’espère ? Hum. Non. « Bordel de merde. »

« Racontes pas des conneries Nikki. » Ma main se rapprocha de lui et je lui donnai une pichenette sur l’épaule. « J’ai quelques droites à te rendre avant ça. »

Non parce qu’un jour, va bien falloir que je lui rende la monnaie de sa pièce. Quoi ? J’avais pas prévu ça ? Ouais c’est vrai. Je comptais même pas le faire. Je voulais juste le distraire avec une connerie pas drôle. Mais je crois que j’ai foiré mes plans. Non parce que j’aurai dû trouver mieux. Enfin, mon état excusait sûrement mon manque d’originalité.

« Je ne mourrai pas avant elle. »


Ce fut sûrement la chose la plus dure à encaisser qu’il me dit. La chose la plus dure à entendre. C’était si dur, si dégueulasse. Putain de monde à chier. Il y a tellement de con à emporter qu’il faut qu’il emmène une gamine. Le monde tourne plus rond. Il sait plus marcher. Je me demande si un jour il a su savoir faire la part des choses où s’il a toujours été si injuste ? Dans tous les cas, ça fait peur. Peur à voir, peur à entendre et peur à comprendre. Saleté de désenchantement du monde. J’aimerai bien de nouveau avoir quatre ans et ne rien comprendre à la vie. Moquer juste de mon petit être et des mes amusements à la con. Que lorsqu’on regarde les informations : on ne comprenne rien et que seulement les dessins animés retiennent notre foutue attention. Cette époque était belle. Douce. Cette époque on ne comprenait pas tout mais dans le fond on s’en fichait. C’était « pourquoi j’ai pas de papa ? » et deux minutes après « il est mon bonbon rose ? ». C’est ça l’enfance, un monde enchanté où on ne prend ce qui nous intéresse et on ignore le reste. Tu parles qu’il y ait autant de syndrome de Peter Pan = qui a envie de grandir quand il voit ce qui l’attend ?


« Pitoyable hein ? » Il rit doucement mais je ne voyais rien de pitoyable sous mes yeux. « Mais toi, crèves surtout pas hein. Pense à ta mère .. Et à moi aussi, je veux pas avoir ta mort sur la conscience. »

« Laisse moi rectifier ta connerie, tu es pas pitoyable mais respectable. »
Il devait être fier de ne pas vouloir abandonner sa sœur. Il devait être fier de ne pas penser qu’à lui. Fier de ne pas être égoïste. « Crever ? Hum laisses-moi y réfléchir… »

Je n’avais pas envie de crever ce soir la question ne ce posait même pas. C’est seulement que là, maintenant, la douleur avait prit un pas trop important pour que je puisse faire l’ignorant. Cependant, dans ma misère il y avait un avance : en vu de ma face de Saw, fièrement exécuté et décerné par Nikki, il était impossible d’y déceler un sentiment de douleur. D’ailleurs, je ne préférais même pas grimacer de peur de tirer sur mes blessures. J’avais donc une tête normal mais hanté par la douleur. Enfin, je vais pas me plaindre. J’en ai pas le droit. Il fallait d’abord que Monsieur le Médecin daigne montrer son nez. Je vous dis pas toutes les peines du monde que j’ai eu pour relever mon corps et écraser ma cigarette alors que quelques minutes avant je l’avais fait avec une aisance sans faille. Enfin je me suis juste rallonger sur le canapé les yeux fermés priant pour qu’un surplus de cocaïne vienne m’aider mais. On dit que l’espoir fait vivre : je mets donc en pratique !

Soudain la sonnette retentit enfin. Alléluia notre sauveur ! Je pris le bip sur mon porte clé et j’ouvris la porte pour laisser entre le fameux ami au père de Nikki. Autant vous dire que ma curiosité était piqué au vif. Avant que le médecin n’entre dans le salon, je n’ai pu m’empêcher de souffler :

« Tu passes en premier et tu rechignes pas. T’es en train de te vider comme on vide un poulet alors je veux pas t’entendre râler. »

Je lui tirai la langue en guise légère provocation sans fond avant d’entendre les pas de l’inconnu pénétrer dans le salon.
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Lun 15 Nov - 0:28

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Toi, moi et notre chère amie la mort.


« Laisse moi rectifier ta connerie, tu es pas pitoyable mais respectable. » Lui ? Respectable ? Nikki eut un léger rire qu’il s’empressa de calmer car cela lui faisait mal de contracter ses abdominaux. Alors il s’enfonça contre le dossier du canapé gardant les yeux grands ouverts. C’était étrange cela aussi, il avait peur de les fermer et de ne plus jamais revoir l’image du salon de Min Hee, ni même revoir le monde tout court. Il avait toujours dit que la mort ne lui faisait pas peur, mais dans le fond si, comme tout être humain cela l’effrayait. En fait, il en aurait peur tant que sa petite sœur restera en vie. Une fois cette dernière partie, il pourra en faire de même sans trop de regrets. Mais d’ici là, il avait encore un peu le temps alors il fallait qu’il tienne le coup.

« Crever ? Hum laisses-moi y réfléchir… » Nikki sourit doucement. Min Hee était une des dernières personnes qu’il avait envie de voir mourir. Déjà parce que ce dernier avait bien plus d’attaches que lui en ce monde. Il y avait sa mère d’abord. Il ne pouvait pas la laisser. Ils ne parlaient pas beaucoup de leurs vies, mais le jeune Lee avait réussis à comprendre que Min Hee était très proche d’elle. Un peu comme lui-même l’avait été avec la sienne. Puis il y avait cette fille aussi, rah, c’était quoi son nom déjà ? Junko. Oui, il se souvenait d’elle. Ils étaient souvent ensemble avant. Il se demandait bien pourquoi ils avaient rompu car cela avait visiblement affecté son ami. Mais Nikki ne lui avait jamais rien demandé, ils ne se confiaient pas l’un à l’autre, puis ce n’était pas ses affaires. Il espérait tout de même que si Min Hee avait un jour besoin de parler il puisse penser à lui sans hésiter. Il était peut être un petit mec violent, qui tabassait tout le monde, mais si son ami avait besoin d’une épaule, et bien, il serait prêt à faire une petite entorse à son image de bad boy et à lui prêter la sienne.

« Il te reste bien trop de choses à faire ici et il y a des gens qui t’aiment beaucoup. » Il pensait là à sa mère, et bien évidemment à Junko, espérant que son ami ait compris le sous-entendu.

Il l’avait vu dans le regard de la demoiselle, elle était très amoureuse de lui. Oh, Nikki n’était pas un pro de l’amour mais à la voir s’accrocher de la sorte à son bras, cela ne pouvait être que ça n’est-ce pas ? Ouais, enfin bon. C’était sans importance là tout de suite. Toute façon, quoiqu’on lui dise, le jeune Lee continuera de penser que l’amour, c’est bien inutile,.

Ding dong. Oh, c’était donc enfin le moment. Le moment tant redouté. Nikki savait que leurs diagnostics ne seraient pas bons et il aurait préféré ne pas avoir à en arriver là mais bon, ils en avaient tous les deux besoin. « Tu passes en premier et tu rechignes pas. T’es en train de te vider comme on vide un poulet alors je veux pas t’entendre râler. » L’adolescent ne répondit rien. Si cela pouvait lui faire plaisir. Il se leva avec quelques difficultés afin d’accueillir le vieil ami de son père. Il lui serra la main et rien qu’à son visage devina que cela ne lui faisait pas plaisir d’être ici. Il retira sa veste, posa son sac sur la table basse.

« Nikki, sois sur que j’en parlerai à ton père. »
« J’en ai rien à foutre. »

Voilà que le vrai Lee revenait à l’assaut. Ses mots ne semblèrent pas choquer le médecin qui ne lui décocha même pas un regard se contentant de déballer ses affaires. Il observa son ami un instant, puis lui, les interrogeant sur lequel devait y passer en premier. Nikki leva la main en soupirant avant de lui expliquer en quelques phrases ce qu‘il avait. L’homme lui fit donc signe de s’allonger sur le canapé ce qu’il fit sans rechigner et le laissa palper son ventre, grimaçant parfois, gémissant même. Quelle honte, et Min Hee qui voyait tout ça, qui l’entendait surtout. Il avait horreur de paraître aussi faible. Enfin bon, de toute façon le jeune Kim l’avait bien vu pleurer quelques instants plus tôt. Le médecin le tira par le bras pour l’assoir, continua de l’examiner, posa quelques questions à laquelle Nikki répondait par oui ou par non. A la fin, l’homme soupira.

« Tu te doutes que le mieux pour toi serait d’aller à l’hôpital, et je suppose aussi que tu ne le feras pas. Mais tu devrais vraiment Nikki, ton organisme ne supporte plus tout ce que tu lui fais subir. Cela peut s’aggraver; te conduire à la mort même… Ou se calmer si tu as de la chance évidemment. L’évolution en est imprévisible. Quoiqu’il en soit, je ne peux rien te donner. Bois beaucoup. Et jure-moi de bouger tes fesses d’urgence si demain tu vomis encore d’accord ? »

Nikki le regarda droit dans les yeux. Lui ? Aller à l’hôpital ? Avait-il seulement une tête à faire ça. Il haussa les épaules avant de se lever, faisant soupirer une seconde fois le médecin. Ce dernier se leva pour examiner la plaie de Min Hee, il la désinfecta une seconde fois, annonça à ce dernier qu’il allait la recoudre et ce sans anesthésie puisqu’il ne pouvait pas en faire une là tout de suite. Il s’exécuta. La pièce était silencieuse et Nikki observait son ami se faire recoudre le sommet du crâne en souriant légèrement. Non pas que cela lui plaisait de lui faire souffrir, mais en y repensant, c’était assez marrant à dire. « Hé bonjour, je me fais recoudre la tête. » L’ami de son père acheva son travail, et tendit la main pour recevoir l’argent. Nikki sortit son porte monnaie et dégaina une fois encore une somme d’argent colossal. Combien de liquide il avait sur lui ? Beaucoup, beaucoup trop. Il ne le raccompagna pas jusqu’à la sortie, se contenta de se rassoir sur le canapé, et sourit doucement lorsqu’il entendit la porte claquer.

« Bon, puisqu’aucun de nous va mourir, on allume la télé ? » Oui, enfin Nikki n’était pas totalement sorti d’affaire mais bon, il s’en fichait, ou faisait tout comme en tout cas.  

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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Lun 15 Nov - 22:07

« Il te reste bien trop de choses à faire ici et il y a des gens qui t’aiment beaucoup. »

Des choses à faire ? Ne te rends pas tu comptes que j’ai les même choses à faire que toi ? Que ta vie ne devrait pas s’arrêter en même temps que celle de ta sœur ? Sais-tu que toi aussi il y pleins de choses que tu vas rater ? Sûrement, mais toi, cela ne semble plus t’intéresser n’est-ce pas ? Tu ne sembles même pas t’en soucier. Alors pourquoi penses-tu a moi ? Je n’ai rien de plus que toi. Des gens qui m’aiment ? Je n’en compte qu’une qui a une place importante dans ma vie : ma mère. Je suis lié avec elle comme un fils mais parfois comme un ami. C’est drôle de dire ça, mais elle est aussi ma meilleure amie. Peut-être son jeune âge ? Je ne sais pas vraiment. Je pense que c’est juste qu’on a toujours vécu ainsi, comptant l’un sur l’autre. Vous savez vivre juste avec sa mère dans une misère qui parfois n’est pas imaginable : ça renforce les liens. On se débarrasse des futilités quotidiennes, on se débarrasse des soucis mineurs et on prend que le meilleur. Oui, je pense que c’est pour ça. Et il y a Elle aussi. Junko. Alice. Mais elle ne tient plus à moi, elle m’a quitté, elle m’a laissé au bord de son chemin et à continué sa route sans moi. Ce n’était plus notre chemin. On était arrivé d’une voie unique devant deux chemins : elle a décidé que chacun devait prendre le sien. Parfois, je rêve que mon chemin rejoigne le sien. Oui, je vis sans doute pour ça : pour que mon chemin puisse rejoindre le sien encore une fois.

« Nikki, sois sur que j’en parlerai à ton père. »
« J’en ai rien à foutre. »

Autant de nonchalance et de provocation dans une seule personne, c’était bien Nikki ça. La tête penché sur le canapé, il était amusant d’observer la scène qui se dérouler sous mes yeux. Le médecin expliquait qu’il allait le vendre à son père. Gonflé sachant que Nikki a promis de lui donner le triple d’une consultation habituelle. Et ce dernier qui semble s’en foutre. Non c’est même pas qu’il semble, c’est qu’il s’en fou. Un petit rire dû d’ailleurs faire entendre. Oui je rigolais et alors ? C’est mal poli. Ah oui, j’oublié ce petit détail. Oh et puis je pense bien que les deux personnes présentes s’en foutaient et pensaient à autre chose. L’un devait penser à la liasse que le plus jeune lui donnerait et le second devait penser à sa santé. Chacun un intérêt commun et une franchise sans égal : c’était intéressant à voir. Le plus jeune ne semblait avoir aucun respect tandis que le plus vieux avait une franchise sans égale. Oui, cela m’amusait mais si rien ne justifiait réellement mes rires. Bah, je m’en fou.

Ils s’installèrent sur le canapé à un endroit où je pouvais les observer. De tout façon, il n’y avait pas d’autre choix. Et quitte à pourrir quelque chose, autant rester sur le canapé qui sera bazardé le lendemain. Le médecin l’ausculta un moment. Cependant, par respect, j’ai détourné la tête de mon ami quand il se mit à gémir. Je pense qu’à ce stade, on est plus à ça prêt mais je préférais tout de même ne pas le mettre mal à l’aise. Bien que quand on souffre, on se contrefiche de l’image qu’on donne. Enfin ça dépend. Tout est relatif. Après avoir souffert, là on se dit que ça craint un peu. Ou avant, quand on sait que ça va arriver. Du moins, c’est ma façon de penser. Et moi j’en pensais quoi ? J’avais pas pitié de lui, j’avais pas envie de me foutre de sa gueule. Je me disais juste que c’était con. Con de souffrir, con qu’il ait mal. J’aurai aimé qu’il soit dans un état peace and love. J’aimais pas le voir comme ça. C’était douloureux pour moi aussi. Voir et entendre la souffrance d’autrui, surtout lorsque ‘est un ami : c’est dur. Et l’annonce tomba.

« Tu te doutes que le mieux pour toi serait d’aller à l’hôpital, et je suppose aussi que tu ne le feras pas. Mais tu devrais vraiment Nikki, ton organisme ne supporte plus tout ce que tu lui fais subir. Cela peut s’aggraver; te conduire à la mort même… Ou se calmer si tu as de la chance évidemment. L’évolution en est imprévisible. Quoiqu’il en soit, je ne peux rien te donner. Bois beaucoup. Et jure-moi de bouger tes fesses d’urgence si demain tu vomis encore d’accord ? »

L’hôpital, c’était vraiment si grave ? C’était si important ? Je l’ignorais, je ne savais pas. Sinon je ne lui aurais pas vendu toutes ces drogues. Je ne me serai pas amusé à participer à son jeu dangereux. Cela fait longtemps que je me dis qu’il faudrait le freiner mais j’ai toujours cédé, l’envie de m’amuser avec lui prenant toujours le dessus. Sur le coup, j’avais raté mon coup. J’aurai dû comprendre et voir avant. Mais j’étais pas devin. Comment deviner que son corps commençait à ne plus supporter tout ce qu’il ingurgite. Dis Nikki, le savais-tu ? Ou étais-tu dans l’ignorance ? Commençais-tu à comprendre ? Ou tu restais dans l’inconnu ? La mort, celle qui tu cherchais tous les jours. Celle que tu côtoyais sans cesse. Elle était dans tes gestes, dans tes pensées et dans ta vie. Dangereuse et mortelle. Ce petit jeu qui t’incite à savoir quand tu la rencontreras : tu es au bord du précipice pour la fameuse rencontre. Mais n’as-tu pas peur ? En continuant ainsi, tu risques de partir avant elle. Parfois, j’aimerai qu’un miracle s’accomplisse. J’aimerai que ta sœur aille mieux. Peut-être reprendrais-tu goût à la vie. Peut-être serais-tu heureux d’apprendre à ta sœur à vivre. Ce serait tellement beau. Le plus beau miracle qu’il me serait donné de voir. Mais j’ai peur que cela rester une belle utopie dans un monde pourri.

Et ton haussement d’épaule me glaça. Et l’approche du médecin me figea. Ah. C’était à mon tour c’est vrai. J’avais pas vraiment envie. Parce Miss cocaïne a prit ses bagages depuis un moment et s’en est allé aussi vite qu’elle est venue. Une vraie salope. Excusez mon langage mais comprenez moi : j’ai le visage en feu et l’arrière de crâne une douleur piquante, cuisante. Si je paniquerai pas je serai inhumain. D’ailleurs, déjà quand il me désinfecta, ce fut l’horreur. Si les plaies avaient des points : on passerait juste la compresses dessus. Mais là : il nettoyait à l’intérieur. J’ai dû prendre le coussin que j’avais entre les bras et le mordre. Cela ne m’empêchait pas de gémir mais au moins cela m’empêchait de crier. Parce que l’alcool sur une plaie, c’est pas fortement agréable vous savez. Enfin, le plus dure était passée. Recoudre n’était pas la tâche la plus douloureuse. Déjà la plaie vous fait tellement mal qu’une piqure à côté c’est rien. Non le souci c’est quand on tire sur les jolies fils pour rapproché les deux extrémités de la plaie : un calvaire. Et là, le coussin il a morflé. Surtout quand ce fut au milieu que les deux plus grandes parties durent être rapprochés : laissé tombé, on a l’impression qu’on vous arrache une deuxième fois la peau. Je crois bien avoir crié. Bon dieu la honte. Quand le passage boucherie fut finit j’ai même pas eu la force de dire merci ou au revoir. Je me concentrais juste à reprendre mon calme : le plus gros était passé. J’avais un bandage immonde autour du crâne et avec les pansements sur ma tête : je ressemblais à présent à un playmobile tout cassé.

« Bon, puisqu’aucun de nous va mourir, on allume la télé ? »

« Hum ? » J’avais même pas capté que le médecin n’était plus là. « Ah oui bonne idée. » J’ai pris la télécommande pour allumer la télé et mis une chaine de variété. « Tu regardes quoi d’habitude ? » Question con mais je savais vraiment pas ce qui pouvait lui plaire. Je me baissais pour prendre mon sac et sortit deux dolipranes. Oui j’ai ça dans mon sac parce que les cuites je ne les connais que trop bien. Et j’en avala deux : ça m’allègera la douleur. « Tu comptes faire quoi ? » Traduction : vivre à cent à l’heure et continuer à côtoyer la mort ?
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Lun 15 Nov - 23:04

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Si jeune que l'on soit, le jour où l'on perd sa mère, on devient vieux tout à coup.
[Alexandre Dumas, fils]


C’était difficile de regarder son ami souffrir, surtout en pensant que c’était uniquement de sa faute si il se trouvait dans cet état. Enfin, aussi un peu de la sienne, il l’avait cherché, pour ne pas dire qu’il l’avait poussé à bout. Parce que Nikki l’avait prévenu, et il ne l’avait pas écouté, à croire qu’il avait limite désirer ces coups dans son visage. Qui sait ? Il se mordit légèrement la lèvre en l’entendant crier. Heureusement que sa mère ne rentrait que dans trois jours, sinon il s’en serait voulu longtemps si il lui avait rendu son fils dans un pareil état. Oui, Nikki avait un cœur certaines fois. Comme là, parce qu’il savait ce que c’était d’aimer sa mère autant que sa propre vie, parce que lui aussi il avait aimé la sienne ainsi. Elle avait été une de ses raisons de vivre, comme la mère de Min Hee devait l’être pour lui aujourd’hui.

L’autre personne le retenant actuellement sur terre étant sa petite sœur. Si il pouvait, aurait échangé sa place avec elle. Oui, il l’aimait à ce point. Au point de vouloir mourir pour elle, au point de vouloir mourir le même jour qu’elle. Il n’avait plus aucune raison de vivre si elle s’en allait. Qui l’aimera si elle partait hein ? Qui sera capable de l’aimer tout entier ? Elle était la seule à le faire, la seule qui lui offrait de l’amour, de l’affection, ce dont il manquait tous les jours depuis que leur mère était décédée. Alors, peut être que le diagnostic du médecin l’effrayait un peu, mais dans le fond pas tant que ça. Il craignait juste d’être un grand frère indigne et laisser seule sa petite sœur. Ce n’était que ça, la seule chose qui lui faisait peur c’était ça. Ce n’était pas la mort en elle-même car il s’en fichait de mourir, il ne voulait juste pas qu’elle se sente abandonnée. Ils s’étaient jurés d’être toujours ensemble, jusqu’à ce que mort les sépare, et il allait tout faire pour que ce soit le cas. Peut être fera-t-il même le gentil garçon, et il se rendra à l’hôpital dans les jours à venir.

« Tu regardes quoi d’habitude ? » La voix de son ami le ramena à la réalité. Il cligna plusieurs fois des yeux le temps de bien remettre ses idées en place et haussa les épaules, il s’en fichait, de toute façon il ne comptait pas réellement s’intéresser à ce qui allait se passer sur l’écran. « Tu comptes faire quoi ? » Nikki eut un sourire. Un sourire presque indescriptible qui renfermait à lui seul tous ses secrets. Un sourire qui sera interprété par certains comme étant un sourire triste. Ce qu’il comptait faire ? Continuer, bien évidemment, comme si il pouvait s’arrêter. Il était bien trop tard pour qu’il se calme, de toute façon il était foutu, détruit de l’intérieur, alors à quoi bon hein ?

« Je ne peux pas arrêter de toute façon. J’ai trop besoin de tout ça. »

Dépendant. Voilà tout. Il était dépendant à toutes ces merdes, plus particulièrement aux Golden Dreams et il avait à peine seize ans. C’était triste qu’un garçon aussi jeune en arrive à ça mais la vie était parfois injuste. Il avait fini par s’y faire. Dès ses dix ans il s’en était rendu compte, et il s’était mangé une deuxième claque lorsque son père lui avait tout avoué. La vie est injuste, et les êtres humains sont des monstres. Telle était sa façon de voir les choses.

Son cœur trop lourd pour un adolescent appelait à l’aide depuis bientôt six ans. Tout le monde le voyait, tout le monde l’entendait, mais personne ne s’approchait pour l’aider, tous trop impressionnés par ses nombreuses crises, par sa peine si profonde et son mal-être. Il ne vivait plus depuis six ans. Il survivait. Il survivait à travers ses nombreuses expériences pour tester ses limites. Ce n’était que dans ces moments-là qu’il se sentait réellement vivre. Sinon, il se considérait presque déjà comme mort. Oui, il était en train de mourir devant les yeux de tous, mais personne ne bougeait son petit cul, personne n’avait assez de force pour lui faire cracher le morceau, personne ne pourrait l’aider de toute façon. Et là, assis à côté de Min Hee, le premier depuis longtemps qui avait prouvé qu’il n’était pas indifférent à sa détresse, il aurait envie de se confier. De parler un peu, peut être pas de tout dire, mais de dévoiler certains coins sombres de sa vie.

« Min Hee ? »

Il ferma alors les yeux. Et pourquoi pas ? Pourquoi pas lui parler un peu à lui hein ? Allez Nikki, lance-toi, c’est le seul qui sera capable de faire comme si il n’avait rien entendu la prochaine fois qu’il te verra.

« Je t’envie. » Il marqua une pause. «  Ma mère est morte quand j’avais dix ans, et je l’aimais de façon indescriptible. » Nikki était persuadé que Min Hee comprenait cela mieux que quiconque. « Mon père est le pire des monstres. Je le hais au point de vouloir le tuer quelque fois, au point d’avoir déjà failli le faire plusieurs fois. » Il s’arrêta, se mordit doucement la lèvre. « Mais j’ai peur Min Hee. J’ai peur de m’en aller parce que si je pars elle sera toute seule. Est-ce que tu comprends ? C’est la seule qui me reste. La seule qui m’a aimé, qui m’aime et qui m’aimeras toujours quoique je fasse. J’ai peur à chaque nouvelle limite que je dépasse mais je ne peux pas m’empêcher de le faire, c’est ma seule façon d’exister. »

C’était discret, à peine perceptible mais une petite larme roula le long de sa joue et il se dépêcha de l’essuyer espérant de tout court que son ami coréen n’ait pas eu le temps de l’apercevoir. Il avait honte de pleurer, honte d’avoir peur, et même, il avait honte de lui parler. Jamais il ne l’avait fait, et le jeune Kim était un grand chanceux.

« Elle fêtera noël pour la dernière fois cette année, ne vivra sans doute pas jusqu’à son prochain anniversaire. »

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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Ven 19 Nov - 1:41

La journée la plus douloureusement excitante de ma vie venait de m’ouvrir les portes de l’étrange cerveau de Lee Nikki. Comme si les coups que j’avais reçus étaient finalement la clef pour mieux le cerner. Je ne sais pas vraiment si les choses qu’il a me dire seront constructives pour notre relation d’ami, ni même si cela lui était foncièrement bénéfique. J’ignorais même si cela allait m’apporter une quelconque utilité. Mais j’étais heureux. Heureux de constater qu’il me faisait un peu plus confiance. Assez pour me livrer des choses plus personnelles. Assez pour avouer des choses que je n’avais sûrement jamais imaginé. Depuis peu j’avais voulu en savoir plus, être plus proche. Je n’arrivais tout simplement plus à accepter son état. Chaque jour il se décomposait un peu plus. Son apparence pouvait vous sembler en parfaite santé, sa provocation toujours présente : pourtant il pourrissait de l’intérieur. Autant réellement que métaphoriquement. Comme si son dédain pour la vie commençait à lui retomber sur le coin de la gueule. Et moi j’étais là. Spectateur impuissant d’une vie qui se veut mourante. J’ignorais pourquoi, j’ignorais depuis quand mais je savais une chose. Que s’il continuait ainsi, je verrai sa fin. La fin d’une longue chute et lente agonie. Mais je ne voulais pas être ce spectateur passif. Je n’en pouvais plus. J’avais l’impression de voir un enfant vous tendre la main. J’avais l’impression d’être un adolescent égoïste. Je voyais les mains de l’enfant me tendre les liasses de billets. Au début l’adolescent prenait sans se rendre compte que sur le visage souriant de l’enfant se cachaient des pleures. Non, j’avais l’horrible impression que l’adolescent ne voulait pas les voir. Cependant il a bien fallut voir la vérité un jour. Quand il a commencé à s’attacher. Quand il a commencé à comprendre que l’enfant, il ne voulait plus voir l’hypocrisie de sa souffrance se peindre sur son visage. L’adolescent s’est prit la vérité comme une claque. Jusqu’à présent il aidait l’enfant. Mais à s’en sortir. Il aida l’enfant à mieux sombrer. Et cet adolescent je ne voulais plus l’être. Il me dégouttait chaque jour un peu plus.

« Je ne peux pas arrêter de toute façon. J’ai trop besoin de tout ça. »

J’ai dû fermer les yeux parce que je ne voyais plus de décor du salon parce que je ne te voyais plus. Tu devais te douter que ta réponse me dérangeait. Je ne savais pas trop quoi en penser. Tu voulais continuer à t’esquinter la santé. Tu ne te souciais guère de mourir. Je suis désolé mais moi je me souciais de savoir si tu allais vivre ou mourir. Je me souciais de savoir si tu allais mourir dans les regrets ou dans la joie. Tu disais vouloir partir avec elle mais à continuer trop train de vie, qui dit que tu ne partiras pas avant elle ? Est-ce vraiment bien de raisonner ainsi ? Est-ce si vitale de continuer de te droguer ? Te sens-tu mieux ? Tu m’effraies Nikki. Chaque minutes un peu plus. Je désespère à l’idée de ne plus te voir le lendemain. A l’idée d’entendre le lycée annoncer ta mort. D’appeler sur ton portable qu’un autre décroche et me dise que tu t’en es allé. Peur qu’après un de nos petits délires tu fermes les yeux définitivement. Et tout cela parce que je n’aurai pas arrêté de te vendre ce qui rongeait ta vie. Tout ça parce que je n’aurai pas réussi à te faire ralentir ni à te stopper. Tout ça à cause d’une faiblesse de ma part. Cela devenait insoutenable Nikki. J’imagine que tu t’en contrefiche de qui te vend tes pilules, l’important c’est que tu le ais. Mais je pense que je vais avoir du mal. Je n’y arrive plus trop.

Alors laisses-moi le temps de réfléchir. Laisses-moi le temps de savoir si je continue ce jeu dangereux. Je n’ai pas peur pour moi mais pour ma conscience vis-à-vis de ta vie. J’ai peur juste de ne pas arriver à vivre correctement si tu pars ainsi : avec mes drogues. J’ai besoin de temps pour savoir si je continus d’être le partenaire d’une mort future. Mais si je ne te fournis plus tu iras voir ailleurs et la boucle sera bouclée. Tandis que si je continus de te fournir, je peux stopper, te surveiller et faire attention à toi. Je peux éviter que tu partes avant elle. Je peux éviter que tu partes tout cour. Mais ça me tue. Je me déteste te voir ainsi, je n’y arrive plus. C’est peut-être pour ça que je préfère participer quand tu te défonces : je ne suis plus le spectateur de ta lente et douloureuse agonie. J’en deviens un acteur. Mais je ne suis plus le simple adolescent qui aide à guider l’enfant sur la voie de la mort.

« Min Hee ? »

J’ouvris les yeux pour revoir ton visage, croiser ton regard. Ta voix venait de changer. Que voulais-tu Nikki ? Qu’y avait-il de si important pour que tu changes de ton ? Serais-tu prêt à me parler de l’enfant que tu essaies de cacher derrière tes sourires ?

« Je t’envie. » Qu’y avait-il à envier ? J’étais un gamin ignoré de son père et qui n’a pour famille que sa mère. « Ma mère est morte quand j’avais dix ans, et je l’aimais de façon indescriptible. » Je vois. Je ne peux comprendre que trop bien. Si tu l’aimais comme j’aime la mienne, la douleur a sans doute dû être atroce. « Mon père est le pire des monstres. Je le hais au point de vouloir le tuer quelque fois, au point d’avoir déjà failli le faire plusieurs fois. » Et dans le monde des salauds, il semblerait que son père ne soit pas innocent mais un acteur principal. « Mais j’ai peur Min Hee. J’ai peur de m’en aller parce que si je pars elle sera toute seule. Est-ce que tu comprends ? C’est la seule qui me reste. La seule qui m’a aimé, qui m’aime et qui m’aimeras toujours quoique je fasse. J’ai peur à chaque nouvelle limite que je dépasse mais je ne peux pas m’empêcher de le faire, c’est ma seule façon d’exister. »

Et le silence était sûrement le meilleur des commentaires qu’un homme puisse lui accorder.

« Elle fêtera noël pour la dernière fois cette année, ne vivra sans doute pas jusqu’à son prochain anniversaire. »

Il n’y avait pas de mot pour te réconforter d’une mort déjà vécu. Il n’y avait pas de mot pour atténuer une haine trop souvent consommé. Il n’y avait pas de mot pour une mort future. Il n’y avait que des gestes. Parfois il faut savoir se taire un instant et laisser le corps parler. Ainsi, malgré la douleur, je me suis doucement levé et déplacé vers toi. Mes bras t’ont sûrement entouré comme ma mère me l’a fait étant gamin. Ces bras protecteurs, remplis de chaleur. Je t’ai amené près de moi pour que ta tête touche mon torse. Et je t’ai fait écouter le plus doux des conseils qui puissent exister dans ce monde : les battements d’un cœur. De mon cœur. Détrompes-toi : je ne suis pas en train de tomber à amoureux de toi. Je fais ce qu’une mère aurait fait. Je fais ce qu’aurait fait la mienne. Un de chaleur. Tu semblais cruellement en manquer. Et ce manque de contact avec les gens te rendait plus froid : plus dur. Envers le monde et toi-même.

« Je veux la voir. Tu ne crois pas qu’elle serait heureuse de voir un peu de monde ? » Te laissant le temps de réfléchir, je repris doucement la parole. « En contre partit, je veillerai sur toi. Tu ne consommeras qu’avec moi. Si jamais tu cèdes, tu m’appelles. Que ce soit le jour ou la nuit je m’en contrefiche. Et si tu ne le fais pas, tu auras droit à un sermon de ma part. »

J’hésitais à te laisser partir de mes bras, j’hésitais à te lâcher et repartir dans mon coin. Mais je ne le fis pas. C’était à toi de décider.

« C’est une promesse et il m’importe peu de savoir ton opinion là-dessus. » Soupirant légèrement, je te souris faiblement. « Le monde est pourris Nikki, on est deux gosses délaissés par le destin. Tu n’as plus de mère, je n’ai jamais eu de père. Et je propose de rendre les derniers jours de ta sœur et toi moins sombres. »

A cet instant, j’aurai voulu être dieu et t’annoncer que tu avais remporté ton épreuve avec succès et que j’allais sur le champ guérir ta sœur. Mais je n’avais pas cette position, ni ce pouvoir. Et quand bien même tu accepterais mon aide, je doute fort qu’elle soit des meilleures. Pourtant je voulais t’aider sincèrement. Je voulais être là à chaque fois que tu toucheras. Voir si tout ce passe bien, pouvoir appeler un médecin si tu réagissais mal. Aller voir ta sœur avec toi : peut-être que lui montrer ma tête d’abrutie la divertira un peu. En étant gravement malade comme elle : on ne doit pas faire des rencontres souvent. Je voulais juste t’aider. Le problème c’est que je ne connaissais ni la manière ni le résultat. Mais surtout : je ne savais pas ce que tu voulais réellement.
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Ven 19 Nov - 21:01

another day


Ce n'est pas tant l'aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide.
[Epicure]


Pourquoi avait-il parlé ? Pourquoi les mots étaient-ils sortis avec tant de facilité ? Lui qui ne savait pas parler. Car oui, il n’y arrivait pas à l’habitude. Il savait se moquer, rabaisser, trouver de belles formules, en bref jouer avec les mots, mais parler, discuter sur ses sentiments, il en était bien incapable. Et pourtant, c’était sorti tout seul. Sans qu’il le réalise vraiment. Etrangement, cela lui avait fait du bien. Quelque chose en lui était parti. Comme si le poids sur son cœur s’était allégé. Il n’avait certes pas tout dit, en même temps, il continuait d’avoir trop peur, d’avoir le cœur trop fermé pour ça, mais il avait réussis à se confier. Min Hee devait s’estimer très heureux de la confiance qu’il lui accordait car ce n’était pas donné à tout le monde, pour ne pas dire à personne en fait. Son camarade était le premier à entendre son histoire, à le connaître un peu plus. Il était aussi le seul à ne pas le considérer comme un monstre.

Pourtant, Nikki s’était attendu à ce que le jeune homme ne lui réponde pas, à ce qu’il continue sur un autre sujet car malgré tout, le jeune Lee était très gêné de lui avoir fait de telles confidences, de lui avoir exposé ses faiblesses. Alors quand il le prit dans ses bras, il fut comme paralysé. Que faisait Min Hee ? Un câlin ? Mais .. C’était pour les filles ça non ? Et pourtant Nikki n’esquissa aucun mouvement pour le repousser. Sa tête proche du cœur de son ami, il en entendait les battements réguliers. Il ferma les yeux, comme pour se concentrer un peu plus sur la mélodie de ce dernier. En temps normal, il n’aurait jamais accepté cela, oui, en temps normal il aurait repoussé Min Hee avec violence. Mais pas là. Parce que maintenant qu’il s’était mis à nu devant lui, il était finalement heureux de sentir que quelqu’un se souciait de lui, heureux de voir que quelqu’un voulait le réconforter. Car c’était tout ce dont il avait besoin. Seulement jusqu’ici personne n’avait eu la patience, personne n’avait creusé suffisamment loin et longtemps pour se débarrasser de sa grosse carapace.

« Je veux la voir. Tu ne crois pas qu’elle serait heureuse de voir un peu de monde ? » Nikki ouvrit grand les yeux. Pardon ? Que disait-il ? Voir sa sœur ? Il se mordit très fortement la lèvre inférieur. Il n’avait jamais emmené personne à l’hôpital avec lui, en même temps, sans amis c’était difficile. Mais c’est vrai, il pourrait au moins lui présenter le sale gosse qui avait brisé ses barrières, le gamin qui le voyait dans un état de faiblesse plus que pitoyable. Il avait honte d’être ainsi devant lui, et il se jura dans la seconde de ne plus jamais autant se laisser aller et de le présenter à sa petite sœur.

« En contre partit, je veillerai sur toi. Tu ne consommeras qu’avec moi. Si jamais tu cèdes, tu m’appelles. Que ce soit le jour ou la nuit je m’en contrefiche. Et si tu ne le fais pas, tu auras droit à un sermon de ma part. » Comment ça ? Pourquoi ? Nikki se détacha alors plutôt brusquement de lui, l’interrogeant du regard. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Voulait-il le surveiller ou même pire encore, le limiter ? Il n’en savait rien mais de toute façon il s’en fichait puisqu’il ne l’écoutera pas. Il consommera où il veut, quand il veut et même si Min Hee n’est pas là. Parce que ce n’était tout simplement pas possible pour le jeune Lee d’attendre de voir son ami pour avoir sa dose.

« C’est une promesse et il m’importe peu de savoir ton opinion là-dessus. » Une promesse hein ? Nikki ne tenait jamais les siennes. Pourtant il aurait adoré pouvoir le faire avec Min Hee mais ce qui lui demandait était hors de sa portée. Il ne tiendrait pas voilà tout. Puis l’appeler si il cèdes ? Pour quoi faire ? Il n’avait pas besoin de lui. Si il mourrait tant pis. Enfin tant pis. Pas vraiment en fait. Parce que cette soirée lui avait fait prendre conscience qu’il ne désirait pas réellement mourir, ou plutôt qu’il avait peur de partir avec sa jeune sœur. « Le monde est pourris Nikki, on est deux gosses délaissés par le destin. Tu n’as plus de mère, je n’ai jamais eu de père. Et je propose de rendre les derniers jours de ta sœur et toi moins sombres. » Sa dernière phrase arracha un sourire à Nikki, un sourire sincère. Bravo Kim Min Hee, tu viens de réaliser l’impossible, faire réellement sourire Nikki et surtout, lui faire plaisir, le toucher droit au cœur. Mais sans doute que Min Hee avait compris à présent que c’était là son point faible.

Il n’osait cependant pas le regarder dans les yeux, trop gêné par tout ça. C’était une situation étrange pour lui, et il n’était vraiment pas à l’aise. Il n’aimait pas se sentir aussi pitoyable. Alors fixant un point invisible vers le sol il lui répondit :

« Je te promet rien Min Hee. »

Oui, rien de plus, rien de moins. Il n’allait pas faire d’efforts, il n’en avait malheureusement pas l’intention. Min Hee n’avait pas réussis à lui faire prendre conscience au point de le convaincre d’arrêter ses bêtises. Si il ne jouait plus avec sa vie, alors il n’avait plus de réelle façon d’exister.

« Par contre, c’est avec plaisir que je te présenterai ma sœur. Voilà six ans qu’elle ne voit que mon visage et celui des médecins. » Il releva alors la tête. « Puis voir une sale tête comme la tienne hein, ça lui fera surement du bien. » Il rit doucement puis s'arrêta d'un coup pour faire une pause, le temps de tousser un peu, et d’essuyer quelques gouttes de sangs. « J’y vais tous les vendredis soirs. »




Nul à chier je m'en excuse.
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Jeu 2 Déc - 0:38

Il y a des gens que l’on envie. Que l’on observe du haut d’un toit en se disant qu’ils doivent avoir une vie merveilleuse. On les voit débarqué droit et fier, n’ayant peur de rien. L’avenir se présentant avec un magnifique tapis rouge qui ne demande qu’à être foulé par une paire de mocassin Givenchy de la dernière collection. On se dit que pour une personne comme ça, les ronces sur ce chemin brodé d’or ne doivent pas être nombreuses. On se dit qu’ils doivent sûrement vivre pleinement leur vie. Qu’ils n’ont pas à faire un choix lorsqu’il faut choisir entre les vacances et les plaisirs futiles. Ils prendront les deux. Oui, ils ont l’argent, oui ils ne s’en soucis sûrement pas. Je ne dis pas que j’ai à me plaindre. A présent j’ai une bonne position. Mais j’ai connu « avant ». L’époque où on est capable d’hésiter entre prendre des pates ou riz. Dans tout les cas, on sait que cela sera servi nature. Le choix est restreins toujours présent mais à un niveau différent. A présent j’avais une belle vie qui n’était pas autant brodé d’or que celle de Niki. Je me souviens qu’avant d’être ami avec lui, je n’avais que des préjugés des plus futiles à son égard. Certains peuvent être vrais comme faux. Je le voyais en tant que fils à papa qui calquait des doigts pour obtenir son bon plaisir. Je le voyais capricieux, se suffisant dans sa richesse sans borne. Mais je n’arrivais pas à comprendre. Pourquoi il tirait toujours une tête d’enterrement. J’ai mis ça sur le dos de la provocation et de l’indifférence. J’avais tord. Mais que pouvais-je bien savoir ? Je ne faisais que l’observer sur mon toit. Je suis un grand curieux et un bon observateur. Et il est bien plus simple de casser les gens quand on connait leur petit secret. Enfin… Je n’aurai jamais imaginé que le tapis rouge de Nikki ne soit pas rouge dû à une coloration synthétique. Même si je ne savais rien pour sa mère, l’état de sa sœur suffisait à expliquer la couleur rouge pourpre de son tapis. Et quand la mort viendra la cueillir, le rouge recouvrira même les broderies d’or. Est-ce que cela signifiera la fin de son chemin ? De sa propre vie ? Je l’ignore mais je n’espère pas.

« Je te promet rien Min Hee. »

« Je m’en doutais un peu petit monstre. »

C’était un peu con de demander à un drogué d’arrêter ce qui rythme sa vie. Mais surtout ce qui le tien en vie. C’est un peu à double tranchant. Son esprit à besoin de cette drogue pour continuer d’avancer mais son corps ne supporte plus l’absorption de tous ces poisons. Il survit tout en se tuant à petit feu. Il sourit tout en criant intérieurement. Et le spectateur impuissant finira par se résigner un jour. On ne peut pas trouver une solution à tous les problèmes que l’on rentre dans une vie. Et le problème Lee Nikki n’était pas des plus simples. Il n’était en rien comparable à ceux que j’avais vécu jusqu’à présent. La fin, la peur de ne pas savoir si demain un toit sera là pour nous accueillir : ce n’est en rien similaire à la sensation de perdre un ami. Oh oui, on est toujours aussi proche et lié à lui mais dans le fond : il sombre et on sait qu’on n’arrivera pas longtemps à tenir sa main. On sait qu’un jour il tombera au fond du gouffre et malgré notre force sa main glissera de la notre. Je ne supporte pas cette vision des choses. Je ne supporte pas m’imaginer ne pas pouvoir l’aider mais je sais que malgré tous les efforts que je pourrai mettre en place : la décision de sa vie future ne m’appartient pas. Il en était le seul maitre et je ne suis que le simple spectateur.


« Par contre, c’est avec plaisir que je te présenterai ma sœur. Voilà six ans qu’elle ne voit que mon visage et celui des médecins. » Voila une bonne chose. Et puis soyons honnête : je suis curieux de voir à quoi ressemble la jeune Lee. « Puis voir une sale tête comme la tienne hein, ça lui fera surement du bien. » Un doux rire se glissa entre mes lèvres. Tien, je ne savais pas que j’avais une sale tête. Ah oui, c’est vrai que le petit démon sous mes yeux m’a passé à tabac. Ma tête n’arrête pas de me crier au drame. « J’y vais tous les vendredis soirs. »

« Alors ce vendredi je viendrai. » Ah, faudrait pas que je lui fasse peur non plus avec ma tête de survivor de la dernière heure… « Ça ne va pas la déranger si je ressemble à un abruti maltraité par ses camarades de classe ? »

Tu sais Nikki, je suis vraiment heureux que tu acceptes. Ta sœur doit être le plus beau des trésors que tu possèdes. Plus que les millions sur ton compte bancaire, plus que tous le mobilier de luxe chez toi, plus que ta propre vie. Je n’ai pas l’avantage d’avoir de la famille. Je ne sais pas ce que cela fait d’avoir un frère et ou une sœur. Je ne le saurai sûrement jamais. Enfin… Ma mère n’est pas vieille à 32 ans elle peut encore avoir des tonnes de gamins ! Mais je ne sais pas pourquoi j’ai dû mal à me l’imaginer. Enfin, ces potentiels futurs bambins auront au moins un avantage : ils naitront dans le luxe et non dans la misère. Pourvu que leur père ne les ignore pas. Enfin, heureux ces prévisions des plus improbables ne sont pas sur le point de se réaliser ! Et puis vous me voyez grand frère ? Quel exemple je donnerai ? Je deal, je sèche, je n’ai aucun respect pour la société et les valeurs. Je n’obéis qu’à ma mère… Non vraiment, je ne suis pas un bon exemple. Je ne souhaite à personne de m’avoir comme grand frère.

« Ma mère m’a élevé seule. Mon père s’est barré sans même savoir que j’existais. Mes grands parents ont foutu ma mère à la porte quant ils ont apprit qu’elle était enceinte. C’est la seule qui m’ait voulu. Même encore aujourd’hui. » Comme une échange équivalent je me devais de te livrer un brin de mon passé. Tu t’étais confié à moi, j’en étais fier et en échange, je te montrais que je croyais en cette confiance que j’espérais réciproque. La dernière phrase faisait allusion à Junko mais je crois que tu as compris, t’es pas si con que les profs veulent le faire croire. « Vie de merde n’est-ce pas ? Je comprends que tu n’ais aucun regret à la faire cramer dans toutes ces pourritures. »

Doucement mon corps se laissa couler le long du canapé, fermant les paupières je me laissais emporté par le brin de fatigue qui pointé son nez. Cependant, on ne s’endort pas en laissant son inviter se faire chier. En faite, on ne dort pas quant on a des invités chez soit : mais là c’est un cas à part. D’ailleurs je me demandais comment il n’avait pas encore sommeil. Ok je suis une marmotte ambulante. Cependant je refuse de dormir pendant que Nikki est à deux mètres de moi. Pourquoi ? Ah… Si vous saviez… comment je peux être horrible durant mon sommeil. Je peux vous taper la discussion, me mettre à bouger et prendre des tendances somnambule ! Et je ne pense pas qu’il ait envie de pouponner un gamin de 17 ans, qui dort, qui ne sait pas ce qu’il fait, et qui surtout peut-être imprévisible ! Je vous dis pas que toutes mes nuits se passent ainsi mais je n’ai pas envie que cela arrive ne présence de Nikki. Il a assez de choses à faire que de me supporter pendant mon sommeil. Imaginez que je le prenne pour Junko ? La honte à l’état pure mes amis ! Il est donc inconcevable que je dorme. Hein… Rester éveiller… Oui… C’est pas compliquer… Ouvrir les yeux… Les fermer… NON ! Les ouvrir… Puis les refermer… Puis se les gratter pour espérer chasser le sable du sommeil… Rah !


Nul j'en conviens...
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MessageSujet: Re: - Human After All - Nikki   Jeu 2 Déc - 22:50

another day


L'absurdité de la douleur. On ne trouve jamais les paroles opportunes, les mots sont des masques cachant les blessures.
[Rachel Fontaine]


« Je m’en doutais un peu petit monstre. » Un monstre. Cela ne sonnait pas comme dans la bouche des autres personnes, celles qui le pensaient vraiment lorsqu’elles le disaient. Non, dans la sienne ce n’était pas pareil. Ce n’était pas méchant, le but n’était pas de lui coller une étiquette ou même de le blesser. Parce que lui, Kim Min Hee, se trouvait être le premier à avoir découvert que le jeune Lee était en possession de ce qu’on appelle un cœur, et qu’il avait des sentiments comme tous les autres. Certes, il le cachait bien, mais Nikki Lee était un être humain. Un pauvre adolescent qui avait déjà bien trop souffert et dont la vie avait été bien trop injuste durant ces dernières années. D’abord la mort de sa mère, la première femme de sa vie, puis dans un futur proche, sa sœur le quittera aussi, et comme pour que toutes les pièces s’assemblent, il se tuera avec, histoire de les rejoindre dans un monde meilleur, un monde où il ne connaitrait pas la haine qui lui dévore les entrailles en ces jours.

Même si Nikki n’avait nullement l’intention de faire ce que Min Hee avait dit, il était très touché par son geste. Il ne le montrait pas, il n’allait sans doute pas le dire non plus, mais puisque Min Hee avait réussis à le pousser jusqu’à ce qu’il se confie, sans doute allait-il être aussi capable de lire dans ses yeux toute la reconnaissance qu’il avait pour lui.

« Alors ce vendredi je viendrai. » Nikki eut un faible sourire qu’il essaya d’effacer le plus rapidement possible. Sa sœur n’avait vu personne d’autre que lui depuis la mort de leur mère. En même temps, comme elle avait été éduquée à la maison, la jeune fille n’avait jamais eu l’occasion d’avoir des amis. Et Nikki en grandissant avait développé une telle haine contre les autres, qu’il les avait tous perdu. Pourtant, en ce jour pour le moins étrange, il se rendait compte qu’il en avait un. Ce n’était pas beaucoup, mais évidemment plus que suffisant. C’était la preuve que Min Hee était à la hauteur pour être son ami, la preuve que Min Hee était une personne en or, contrairement à ce que ce dernier devait penser et surtout, la preuve qu’il n’était pas n’importe qui aux yeux du jeune Lee. Son ami en avait surement conscience, voilà de longues années qu’on ne l’avait pas approché d’aussi près sans ressentir la peur de se faire cogner ou quoi. « Ça ne va pas la déranger si je ressemble à un abruti maltraité par ses camarades de classe ? » Il laissa échapper un rire. Quand il raconterait cette histoire à sa sœur, cette dernière allait sans doute sourire à son tour. Elle sera heureuse, il était sur que voir le visage de son ami allait lui faire du bien.

« Ne t’inquiètes pas. Elle me connait bien. » Il eut un moment de réflexion avant de rire une seconde fois. «  Elle sera plus surprise de te voir débarquer que de l’état de ton visage mec ! » Il lui pinça la joue avant de s’installer plus confortablement, posant sa tête de façon à ce que son visage soit dirigé vers le plafond. « T’es plutôt beau gosse comme ça. »

Le silence retomba dans la pièce, et Nikki se retenait de tousser. Sa gorge le chatouillait, ou plutôt il avait l’impression que quelqu’un était en train de passer un coup de râteau à l’intérieur, c’était douloureux, affreusement douloureux, mais il ne disait rien. Cela passerait sans doute d’ici demain, ou en tout cas il l’espérait. C’était la première fois qu’il se retrouvait dans un état aussi grave. La première fois que ce vieux médecin lui conseillait d’aller à l’hôpital. Mais il n’avait pas peur. Après tout si la mort venait le prendre, il ne pourra pas marchander avec elle. Son unique inquiétude était de laisser seule sa petite sœur. Alors qu’elle rencontre Min Hee le rassurait d’un côté. Il espérait que si lui partait, son ami prendrait la peine d’aller la voir de temps en temps.

Puis le silence fut brisé. « Ma mère m’a élevé seule. Mon père s’est barré sans même savoir que j’existais. Mes grands parents ont foutu ma mère à la porte quant ils ont apprit qu’elle était enceinte. C’est la seule qui m’ait voulu. Même encore aujourd’hui. » Normalement, on ne sourit pas lorsque quelqu’un raconte ce genre de chose, mais là, ce n’était pas une situation banale, là, Min Hee se confessait à lui en guise de réponse à sa confession. Et pour cette raison, il sourit doucement. Surpris de connaître si peu son ami, et à la fois si bien. Le sous-entendu de ses derniers mots, il l’avait compris. Junko, cette fille, pourquoi l’avait-elle lâché ? C’était peut être idiot, mais il se promit d’essayer d’en savoir si un jour l’occasion se présentait à lui. « Vie de merde n’est-ce pas ? Je comprends que tu n’ais aucun regret à la faire cramer dans toutes ces pourritures. » Nikki se mordit doucement la lèvre, soupirant légèrement. Il fixa le plafond un long moment avant de se redresser légèrement.

« Oui, mais toi, tu ne consommeras plus avec moi. Tu as ta mère. »

En le voyant ainsi, les yeux fermés, l’air paisible. Nikki sentit la culpabilité monter en lui. Sentiment qu’il n’avait jamais ressenti jusqu’à présent. Il n’aurait réellement pas dû l’entrainer dans sa merde. Il ne devait plus le faire d’ailleurs. Min Hee avait une mère qui l’aimait plus que tout, hors de question de le faire sombrer. Sans doute que peu à peu le jeune Kim quittait le monde réel pour celui des rêves et il était peut être temps pour Nikki de partir et de rentrer chez lui pour réfléchir à tout cela. Après une quinte toux qu’il tenta de camoufler du mieux possible pour ne pas trop réveiller le jeune Kim, il se leva. Mais malheureusement sa gorge se voulait trop enflammée, et il continua de tousser pendant un bon moment, mettant ses mains devant sa bouche pour éviter qu’une goutte de sang ne touche le sol. Lorsque cela se calma, il remarqua que Min Hee avait rouvert les yeux.

«  Je vais rentrer chez moi. » Dit-il avec une voix cassé et une mine pour le moins mauvaise. « Il faut que tu dormes. » Ce n’était qu’une excuse, la vérité était juste qu’il voulait souffrir plus loin, à l’abri des regards et cesser de déranger son ami.


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- Human After All - Nikki

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