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 another day {with Min Hee.

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MessageSujet: another day {with Min Hee.   Mer 10 Nov - 18:40

another day


L'homme très jeune est un animal rebelle à la douleur. [Raymond Radiguet]


Assis dans la belle voiture noire de son père, Nikki révise. Comme un bon petit enfant, il récite son cours à son paternel ainsi qu’à sa gouvernante alors qu’une heure plus tôt il leur criait dessus, les traitant de tous les noms. Les crises de Nikki faisaient depuis longtemps totalement parti de leur quotidien et ne les affectait plus, enfin, cela ne touchait plus son père en tout cas, sa gouvernante, elle, se sentait blessée à chaque fois alors même qu’elle savait que l’adolescent n’était plus lui-même dans ces moments là. Ainsi, ses mains tremblaient alors qu’elle tenait les feuilles du coréen. Quand enfin la voiture s’arrêta, il lui adressa un sourire triste qu’elle savait interpréter comme un pardon muet. Il rassembla ses affaires, et sortit de la voiture sans même un regard à son père. Il claqua bien évidemment la porte avec violence comme dernier acte de rébellion faisant se retourner tout l’entourage vers lui. Lorsqu’il tourna les talons en relevant la tête, il foudroya le premier qui croisa son regard avant d’avancer d’une démarche assurée, dégainant son paquet de cigarette et son briquet. La clope du matin, la première, il ne la cacha même pas à son père qui continuait de l’observer de la voiture. Il lui fit un signe de la main avec un sourire hypocrite, la clope entre les doigts.

C’était le même manège presque chaque matin, allez, un sur deux dirons-nous. Si son père l’amenait au lycée c’était uniquement les jours où ils se disputaient et donc où Nikki ratait son bus. La sonnerie retentit, cela n’affola pas pour le moins du monde notre jeune homme qui prit son temps de fumer tranquillement. Il jeta le mégot à terre, l’écrasa avec ses chaussures hors de prix et se décida à pénétrer dans l’enceinte de l’établissement, avançant d’un pas lent jusqu’à sa salle de cours.

Jeudi, il détestait les jeudi. Il n’avait presque que des matières scientifiques et qu’est-ce que ça l’ennuyait. Ces formules toutes plus compliquées les unes que les autres n’avaient ni queue ni tête pour lui. Qui était l’imbécile qui avait décidé d’introduire les lettres dans les calculs ? Pire, que cherchaient tous ces mathématiciens avec leurs stupides équations ? La matinée passa lentement. Entre les cris des professeurs parce qu’il était insolent, et leur rage de ne pouvoir le mettre à la porte car il avait toujours la bonne réponse à leurs questions. Ah, et une demoiselle plutôt ronde lui avait fait parvenir un mot d’amour. Au fond de lui, il avait ris aux éclats, qu’espérait-elle ? Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait l’atteindre, alors une mocheté comme elle surement pas. Il s’était contenté d’écrire un « ok » en guise de réponse et avait chiffonné le papier pour le balancer sur la tête de la grosse vache de sa classe qui était sans doute allé pleurer dans les bras de ses amis après cela.

La sonnerie annonçant la fin des premiers cours retentit. Enfin. Il allait pouvoir se dégourdir les jambes car pour tout vous dire, il n’avait pas si faim que ça mais bon, peut être mangerait-il le dessert, c’est-à-dire au moins la pomme. Dans les couloirs, il salua plusieurs personnes avant de rejoindre la cafétéria. Il n’avait pas de vrais amis au lycée, à part Min Hee. Un coréen de son âge qui tout comme lui adorait briser les règles et qui en plus, était l‘un de ses fournisseurs. Après avoir balayer la pièce du regard, il aperçut finalement sa touffe blonde, glissant ses mains dans les poches, il se dirigea vers le self pour se servir puis rejoignit son ami. Passant derrière lui, il en profita pour le décoiffer avant de s’assoir à ses côtés.

« J’espère que tu as quelque chose à me vendre sur toi, parce qu’autant te dire que ma journée commence très mal et que je nique le globe tout entier. »

C’était si joliment dit. Il poussa immédiatement son assiette, refusant d’y toucher et dégaina son portable histoire de répondre à plusieurs sms dont la plupart étaient de jeunes filles en chaleur. Il les envoya balader les unes après les autres, ferma le clapet et le re-glissa dans sa poche avant de prendre sa pomme et de croquer à pleines dents dedans. Il soupira très fortement alors qu’un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu’entra dans son champ de vision sa nouvelle prétendante. Il donna un coup de coude à Min Hee, prit son visage entre ses doigts et le tourna de manière à ce qu’il ne voit qu’elle.

« C’est ma future petite amie, n’est-elle pas mignonne comme tout ? » Ironie, quand tu nous tiens. Il éleva alors la voix. « Hep grosse ! Toi et moi c’est quand tu veux ? Un café dans ta porcherie ça te dit ?  » Des rires, des murmures. Des insultes, mais aussi de l’admiration.

Nikki tourna la tête vers Min Hee. Il était mauvais, et il le savait parfaitement, mais étrangement cela lui plaisait. Il adorait se défouler sur les autres, quand bien même sa rage n’avait rien avoir avec eux.

« On s’en grille une après ? »



Dernière édition par Lee Nikki le Mer 10 Nov - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Mer 10 Nov - 23:10

    J’étais arrivé au lycée depuis quelques minutes à une heure assez matinale. Une heure avant que les cours ne commencent. Pourquoi faire une chose pareille ? Tout simplement pour voir l’arrivé de chaque lycéen : c’est très intéressant. C’est pour cela que mes pas m’ont rapidement porté dans les escaliers et que j’ai atterrit, non pas par miracle, sur le toit du lycée. On avait une vue imprenable sur les vas et viens des étudiants. C’était amusant de savoir qui venait avec qui mais qui arrivé devant les grilles se séparaient. Ainsi, en dehors du lycée, ils pouvaient être amis mais dans le lycée, ils ne pouvaient plus. Très intéressant. Mais la raison de ma curiosité fut tout autre. Cette raison avait pour nom Lee Nikki. Sûrement le moins con des élèves de ce lycée. Sûrement mon seul ami ici. Je me suis toujours posé des questions sur lui : qui est-il ? D’où vient-il ? Et tout cet argent qui passe dans les drogues : d’où l’obtient-il ? La réponse arriva vite : il avait suffit de voir la belle voiture dans laquelle il venait parfois le matin. Et souvent avec la voiture arrivait la mauvaise humeur de ce dernier. Coïncidence ? Je ne pense pas. Il n’y a jamais de hasard dans la vie. C’est alors que je la vis, la voiture qui l’amenait quelques fois. Elle était belle et noire. Vitres fumées : impossible de savoir qui était à l’intérieur. Mais moi je vous le dis : c’est sa voiture. Tiens, d’ailleurs il montre le bout de son nez. Toujours autant d’énergie. J’ai pas pu m’empêcher de rire en solitaire en le voyant fumer une cigarette alors que la voiture était encore là. J’ignorai qui était à l’intérieur, mais si c’était ma mère, je crois qu’elle m’aurait écrasé avec ! Je le vis marcher avec dédain : toujours le même, cela faisait plaisir à voir. Soudain la sonnerie parvint à mes oreilles : merde les cours. Dévalant les marches d’escaliers, je manquai de me manger à l’arrivé.

    Je crois que j’ai du écouter 30% du cours. Les autres 70% je les ai passés à rêver où à dormir. Non mais soyons franc : on nous prenait pour des crétins sur pattes dans cette école. Quand on ne vous prend pas pour un débile profond en vous demandant de lire un texte, on vous rend totalement idiot en vous faisant recracher votre cours. On se pose même pas la question si vous avez compris le fonctionnement ou l’histoire : tant que c’est la bonne partie cité vous avez la moyenne. Enfin, cela certaines personnes c’est apprendre la vie. Je dis que c’est juste qu’on essaye de tous nous abrutir pour qu’on soit de gentils moutons de panurge. Si un prof vous demande de vous jeter de la falaise, faut le faire sans se poser de question. Et celui qui tente de dire qu’il préfère ne pas bouger : on le considère comme un cancre irrespectueux avec un manque sérieux de discipline. C’est peut-être pour ça que l’on a toujours écrit sur mes cahiers de notes : « bons résultats mais attitude exécrable » ou encore « se repose sur ses acquis mais un jour la chute risque de faire mal » ou bien « pense avoir tout compris mais n’a pas encore appris à vivre en société ». Celle là, c’est ma favorite ! Apprendre à vivre en société… Non merci.

    La sonnerie de midi sonna enfin. Je pris mon sac. Pourquoi ? Je ne pense pas remettre un pied ici dans l’après-midi. Tout ça pour quoi de toute façon ? Entendre un prof raconter l’histoire de la CAP ? Je vous assure qu’on nous bassine assez avec. Et puis je doute que Nikki ait la sincère et irrépressible envie d’assister aux cours. Et si c’est le cas : il chuterait gravement dans mon estime. Arrivé dans la cafétéria personne de ressemblant et pas grand monde tout court. A croire que j’ai fuis le court dix minutes avant ! Ah oui, j’oubliais que les abrutis d’élèves sont un peu lents pour ce qui est de se déplacer et prendre des décisions par eux-mêmes. Il suffit de voir le temps qu’ils mettent pour choisir leur repas : on croirait qu’ils décident d’une stratégie capitale pour la survie de la nation ! Bon Dieu sauvez moi, faites que Nikki accepte de sécher vite et bien ! Une main vint défaire ma coiffure, rien de grave : en deux minutes tout fut en place. Et le sauveur tant attendu s’était assis face à moi.

    « J’espère que tu as quelque chose à me vendre sur toi, parce qu’autant te dire que ma journée commence très mal et que je nique le globe tout entier. »

    « J’espère que je fais pas partit de ton orgie Nikki ! Enfin… J’ai un truc pas mal aujourd’hui. Je veux bien t’en échanger tant que tu me fais sortir de cet asile. »

    Un sourire se dessina sur mes lèvres. La voiture noire était venue le déposer et Nikki nique le monde. J’explosai de rire tout en repensant à mes prévisions pourries mais finalement juste. Arquant un sourcil amusé j’ai croisé les bras sur ma poitrine tout en le dévisageant. Ah bah les pates où je te bouffe les doigts ! Cependant, le coréen me montra une personne intéressante. Un sourire amusé et sadique s’afficha sur mes lèvres. Une fille, plutôt boulotte. Pas besoin de savoir la suite pour comprendre qu’elle avait fait la pire erreur de sa vie. Déclarer sa flamme quand Nikki vient en voiture : c’est la honte assurer. Enfin non, en temps normal, c’est la honte, maintenant c’est la mort. Moi triste pour elle ? Chacun sa merde. J’ai la mienne ça me suffit, je vais pas me rajouter celle d’une fille pas capable d’avoir les yeux en face des trous et de savoir où est la limite à la connerie humaine. Les dramas, c’est une fiction et ça reste de la pure utopie visant à donner du pain à une porcherie en manque de maïs.

    « C’est ma future petite amie, n’est-elle pas mignonne comme tout ? » Le jour où il ose avoir au bras pareil mocheté, je crois que je le bourre de pilule pour qu’il croit sortir avec une beauté mais qu’au réveil –douloureux- il l’abandonne devant sa face irrégulière. « Hep grosse ! Toi et moi c’est quand tu veux ? Un café dans ta porcherie ça te dit ? »

    « Je l’aurai classé dans la section "thon" ou "cachalot". Enfin, c’est pas moi qui compte me battre pour avoir une place assise… »

    Elle ne m’avait rien fait. De toute façon je n’avais parlé qu’à l’attention de Nikki. Quoi on pouvait m’entendre ? Vous ne pouvez nullement me considérer comme responsable des oreilles baladeuses des élèves. Quoi qu’il en soit, il était si délectable d’entrer dans son jeu. Celui d’écraser les autres ? Cela leur permettait d’ouvrir les yeux. Mon regard se posa sur lui et sa pomme.

    « On s’en grille une après ? »

    « J’en ai besoin. Parce que ce matin j’ai assisté au cours de digne de "crétin land".»

    Je lui souris amusé avant de me pencher sur la table et de l’observer.

    « Lee Nikki, qu’est-ce qui a fait que tu sois si hérité de bon matin ? Et ne me dis pas que c’est la boule sur pattes, j’aime pas les mensonges : tu le sais. »



Dernière édition par Kim Min Hee le Jeu 11 Nov - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 0:01

another day


Si vous arrivez à vous arrêter de fumer, boire et faire l'amour, vous ne vivrez pas plus vieux ; ça vous semblera juste plus long.
[Clement Freud]


Enfant, Nikki adorait lire, mais surtout écrire, et des poèmes plus particulièrement. Des poèmes qui étaient uniquement dédiés à sa mère, ou à a sœur parfois, et plus rarement encore, sur la peur qu’il avait de perdre cette dernière. Ainsi, les cours de littérature l’avait toujours beaucoup intéressé, de plus, il n‘avait jamais eu la bosse des maths. Alors passer la matinée à faire des équations toutes plus bizarres les unes que les autres l’avait forcément mis encore plus de mauvaise humeur, bien que le mot doux de sa camarade lui ait permis de rire un coup dans son fort intérieur. Il n’avait qu’une hâte, c’était de sortir d’ici et de retrouver très vite la seule personne du lycée qu’il pouvait supporter, à savoir Min Hee.

Dès la fin du cours il rassembla avec hâte ses affaires. Il prit tout de même le temps de saluer quelques personnes sur le chemin, toutes des bouche-trous, des filles à ses pieds ou bien des lèche-culs. Franchissant le seuil de la cafétéria, il ne lui fallut pas plus d’une minute pour repérer Min Hee, chercher un plateau, le rejoindre à sa table et lui faire part de sa mauvaise humeur. Son ami semblait s’y être habitué avec le temps puis Nikki était comme ça un jour sur deux, alors il le fallait bien. Quand aux crises de colères, il en avait déjà faite au lycée et devant Min Hee même certes, mais n’en avait jamais piqué à ce dernier, fort heureusement pour lui. Il devait d’ailleurs se douter que cela finirait bien par lui tomber sur la gueule un jour ou l’autre, dans le genre instable et étrange, Nikki était pas mal.« J’espère que je fais pas partit de ton orgie Nikki ! Enfin… J’ai un truc pas mal aujourd’hui. Je veux bien t’en échanger tant que tu me fais sortir de cet asile. » Le coréen eut un léger rire et chopant Min Hee par la nuque, il colla son front au sien.

« Ne t’inquiètes pas bébé, tu es le premier de ma liste. »

Oui, même avec lui il jouait. Nikki jouait avec tout le monde de toute façon, sinon, il s’ennuyait. En parlant de jouer, mais qui voilà, l’autre grosse de tout à l’heure. Excellent, il allait pouvoir la ridiculiser devant la moitié du lycée, autre passe-temps favori de l’adolescent et Min Hee allait bien évidemment y participer. Il prit son visage entre ses doigts fins afin de lui indiquer la victime du jour avant de s’exclamer haut et fort qu’il était prêt à prendre rendez-vous n’importe quand avec elle pour aller boire un café dans une ferme. Et évidemment, ce qui devait arriver arriva. « Je l’aurai classé dans la section « thon » ou « cachalot. Enfin, c’est pas moi qui compte me battre pour avoir une place assise… » Min Hee enrichît son blâme ce qui le fit encore une fois rire. Il cacha même son visage avec sa main ne voulant pas montrer un visage rieur. Quand il l’enleva, une jolie jeune fille passa devant eux l’air choqué.

« Quoi chérie ? T’es jalouse ? » Elle s’arrêta, sembla hésiter à répondre, puis continua. « Bonne réponse. »

Nikki croqua dans sa pomme. Il était mauvais. Il le savait pertinemment, mais être ainsi lui permettait de soulager son cœur. Oui, faire du mal aux autres apaisait sa douleur à lui. Ce n’était donc pas réellement de la méchanceté gratuite. C’était un peu, un mal pour un bien. Puis étrangement, ça l’apaiser encore plus quand Min Hee était là. Kim Min Hee, l’une des rares personnes en qui il avait confiance, l’une des rares personnes qu’il considérait réellement. Ils se ressemblaient beaucoup, c’était peut être pour ça. Dans le lycée, tout le monde connaissait leurs noms. Pour la bonne et simple raison qu’ils étaient tous le temps ensemble. Et deux diables aux allures d’anges ça ne passe pas inaperçu. Ils étaient réputés pour ça entre autre. D’ailleurs, une petite cigarette ? « J’en ai besoin. Parce que ce matin j’ai assisté au cours de digne de "crétin land". » Nikki posa son coude sur la table, appuya sa tête sur sa main, fixant un point invisible.

« Cette CAP est devenue la première puissance mondiale, et bla bla bla. »

Lui aussi, il en avait marre d’entendre parler de l’histoire de la CAP. C’était d’un mortel ce genre de cours, en plus, il avait l’impression que le professeur répétait sans arrêt les mêmes choses. Puis franchement, de nos jours l’histoire de la CAP était connue de tous. « Lee Nikki, qu’est-ce qui a fait que tu sois si hérité de bon matin ? Et ne me dis pas que c’est la boule sur pates, j’aime pas les mensonges : tu le sais. » Nikki savait ça, il savait aussi qu’il pouvait lui faire confiance, mais ne le faisait que dans certaines limites. Min Hee savait qu’il ne s’entendait pas avec son père et que sa sœur était gravement malade mais rien de plus.

« Mon père est le roi des cons, voilà tout. On y va ? »

Il se leva, ne voulant pas s’éterniser sur le sujet plus longtemps. Il débarrassa son plateau, jeta le trognon de pomme dans la poubelle et quitta la cafétéria avec Min Hee attirant bon nombre de regards. Hors de questions de fumer dehors par contre. Ils avaient leur petite cachette. Dans le vieux bâtiment, peu d’élèves avaient cours dans cet endroit. C’est au fond d’un des couloirs, sous un escalier qu’ils s’installèrent. Nikki dégaina immédiatement son paquet, il sortit deux clopes, en tendit une à Min Hee, et glissa l’autre entre ses lèvres, il alluma les deux à l’aide son briquet puis laissa sa tête retombée en arrière contre le mur, soufflant la fumée.

« Montre-moi ce que tu as. Je suis à sec en ce moment et j‘ai besoin de décrocher. » Sans ajouter quoi que ce soit d’autre, il sortit de sa poche de l’argent, sans doute bien plus qu’il n’en fallait mais après tout ce n’était pas ça qui lui manquait.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 13:33

    Je ne sais pas pourquoi on avait ce besoin cruel de faire souffrir autrui pour se sentir mieux. Si ma mère me voyait, elle me dirait que ce n’est pas comme cela qu’elle m’a élevé. Si ma mère était là, je crois que je fermerais ma gueule tout court. Enfin, heureusement qu’elle n’est pas là. Je n’ai pas envie de montrer mes points de faiblesses au lycée et encore moins devant Nikki. Non parce qu’avouons-le : c’est un diable. Il n’hésiterait pas à me faire la misère pour « s’amuser » et me connaissant moi-même : ça passerait mal ou pas du tout. Pourquoi s’inquiéter d’une chose qui n’est qu’une de mes prévisions en bois ? Parce qu’il faut savoir être prévoyant. Et c’était toujours mieux que de se retrouver un jour avec une tarte en pleine face. Mais bon, je lui fais confiance à Nikki : tant qu’il trouve un os à ronger et que cet os n’a pas pour nom Kim Min Hee, je pense qu’il y aura encore des jours heureux devant nous. Ouais bon, heureux est un bien grand mot vu que nous sommes enfermés dans une ferme toute la semaine. Parce qu’il n’y a pas que des porcs, non il a des vaches (plus qu’on pourrait croire), des dindons qui gloussent si mal que vous avez envie d’écraser leur tête contre le mur, des pseudos coqs qui fuient quand ils rencontrent le loup et sans oublier la mascotte ici : les moutons de panurge. Vous en conviendrez donc que vivre à CrétinLand, c’est pas tous les jours faciles.

    « Ne t’inquiètes pas bébé, tu es le premier de ma liste. »


    « Tu me fais un honneur, sois tendre avec moi, sinon je mords au lit. »

    Il fallait que je réponde, c’était vital. Deux coqs qui s’affrontaient ? Pas aujourd’hui. Peut être un jour on en viendra aux mains avec Nikki. Quand ? Peut-être le jour où ses nerfs se déchargeront sur moi. Peut-être le jour où je ferai une remarque déplacée qui sortirait de notre champ « amical ». Est-ce que j’en serai triste ? Voyons, tout dépend du degré de dispute. Peut-être qu’on finira par en rire ou par en pleurer. Que voulez-vous que je vous dise : je suis pas devin ! Quoi qu’il en soit j’observais ce petit joueur s’enfoncer dans sa provocation sans borne. A présent une élève, plutôt pas mal, nous observait d’un air assez mécontent. Elle semblait hésiter entre « bande de cons » ou « je passe inaperçu mais vous avez compris que vous me faites pitié ». Une flamme d’amusement passa dans mes yeux. Attention cendrillon, à vouloir affronter le dragon, tu risques de t’y brûler.

    « Quoi chérie ? T’es jalouse ? » Elle choisit la deuxième option celle de ce taire. « Bonne réponse. » Non, mauvaise réponse, cela aurait été amusant Nikki.

    Il croqua dans sa pomme satisfait de lui même. Vraiment, il avait la langue fourchue cet enfant. Un vrai poison pour qui y prêté attention. Enfin, tant qu’il ne s’amuse pas à me jeter son venin sur moi, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je continuerai de prendre part à ses moqueries, nous continuerons notre terreur dans ce fichu lycée et mon dieu oui : on s’éclipsera pour fumer ! Il me la faut cette clope parce que là, de voir cette attroupement de crétin dans la cafétéria : ça me rend malade. D’ailleurs, vous aurez remarqué l’absence de mon plateau sur la table. Pas que je ne mange pas, mais plutôt que je préfère avoir une excuse pour sortir du lycée. Excuse inutile, parce qu’il y a une cafétéria, mais bon, on peut toujours dire qu’il n’y avait pas ce qui me convenait. Capricieux ? Si je peux, j’hésite pas. Donc non, hors de question de manger la nourriture dégueulasse. Vous savez, il faut de la nourriture saine pour le cerveau. Je t’en foutrais moi de la nourriture saine ! Mais le pire c’est que dans CrétinLand, le merveilleux pays des moutons, il faut bouffer le blé avec des OGM et fuir les belles prairies avec l’herbe fraiche. Donc excusez-moi, mais je ne toucherai pas à un seul aliment de cette cafétéria.

    « Cette CAP est devenue la première puissance mondiale, et bla bla bla. »

    Je crois que l’histoire de cette nation se résume plutôt bien dans cette simple et unique phrase. Si après il y a des abrutis qui ne sont pas capable d’en comprendre la portée, ce n’est pas mon problème. Mais le souci avec le lycée, c’est qu’on calque le niveau du plus con pour apprendre au reste de la classe. Eh oui, il ne faut pas en laisser un « de côté ». J’ai pourtant proposé de faire des classes avec des niveaux différents, mais ce serait faire naitre des « discriminations ». Vous comprenez : on est condamné dans ce lycée à apprendre des cours de crétins parce qu’on vit avec des crétins. Alors j’ai décidé, tout seul comme un grand adulte que je ne suis pas, de ne pas assister aux cours de débiles. Il est évident que ce n’est ni du goût des professeurs ni de ma mère. Ah en parlant d’eux… J’ai un rendez-vous à donner à ma mère. Pourquoi ? Mon comportement déplorable comme d’habitude. Heureusement que ma mère fournit des dessous de table sinon je donne pas cher de mon exclusion.

    « Mon père est le roi des cons, voilà tout. On y va ? »

    « Hum, pour pas changer quoi. »


    J’avais déjà entendu cette réplique des plus simples. Mais cela ne m’apprenait rien de plus : son père et lui, c’était la guerre en permanence. Du moins, c’est ce que j’ai pu comprendre. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en le revoyant fumer une cigarette dès qu’il fut hors de la voiture : monsieur Lee devait sûrement être à l’intérieur. Quel provocateur ! Il va jusqu’à faire ça. Ah… C’est bien un point où je le respecte : son courage et sa folie pour faire vivre sa provocation sans limite. J’avais appris pour sa sœur : une maladie grave. Je ne m’épanchais jamais sur le sujet. Ce sont des choses que les gens doivent vous dire d’eux même. Lorsqu’il se leva, je fis de même, gardant les mains dans les poches. Jetant des regards mauvais aux regards insistant. Je ne supportais pas ça : des regards d’animaux de ferme. Tous plus différents les uns que les autres mais un point commun : ils se permettaient tous de vous juger. Assis sous notre escalier, car c’était devenu notre propriété cette cachette, je pris sa cigarette que je mis au bec. J’attendais la venue de son briquet puis je tirais la première bouffée. Ah, tout allait mieux maintenant, comme si tous les problèmes brulaient avec le tabac.

    « Montre-moi ce que tu as. Je suis à sec en ce moment et j‘ai besoin de décrocher. »

    Je n’ai même pas eu le temps de dire quoi que ce soit qu’il sortit de l’argent : plus qu’il n’en fallait. Bon Dieu Nikki ton père est milliardaire ou quoi ? Enfin, je ne vais pas me plaindre non plus.

    « J’ai des Goldem Dream mon ami, et en vue des résultats sur autrui, je pense que leur composition hallucinatoire a augmenté. Sinon, j’ai de la poudre, sympa pour rire mais effet assez dévastateur… pour autrui. »


    Petite poudre blanche qui viendra nous faire rire, nous sentir plus intelligent qu’on ne l’est déjà, qui viendra nous couper la faim, la douleur et la fatigue. Cocaïne quand tu nous tiens, tu nous fais du bien car tous nos malheurs disparaissent : pour mieux nous retomber sur le coin de la gueule quand les effets laisseront place à l’anxiété. Mais bon, Nikki, tu aimes ces jeux là, tout comme moi n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 14:24

another day


La drogue c'est comme une femme. Elle ne te pardonnera pas si tu dépasses la mesure avec elle.
[Gérard Gévry]


« Hum, pour pas changer quoi. » Nikki haussa les épaules. Si il savait, si seulement Min Hee savait ce qu’il se passait chez lui, il serait sans doute bien choqué. Ou peut être pas tant que ça, après tout, il l’avait déjà vu à l’œuvre. Le pire ayant été cette fameuse fois où il avait envoyé un élève à l’hôpital tant il s’était défoulé sur lui. Ce que ce dernier avait fait ? Il avait juste osé parler un peu trop fort et malheureusement pour lui il l’avait entendu. Une semaine d’exclusion. Son père avait essayé de le garder enfermé dans sa chambre mais naturellement au bout de deux jours sa gouvernante eut pitié de lui et il put profiter de ces congés imposés pour consommer quelques produits illicites et sortir faire la fête jusqu’à ce que le soleil se lève. Puis il était retourné au lycée, les élèves avaient murmuré sur son passage, sa victime faisant désormais tout pour l’éviter.

Peut être qu’un jour ce sera Min Hee à sa place. Ce n’était pas impossible, même si il finirait par regretter de l’avoir touché, il était un peu son jumeau, le seul qui entrait dans son jeu ici, et qu’est-ce que ça faisait du bien de ne plus se sentir comme une âme errante.

Assis sous l’escalier, une jambe étendue contre le carrelage froid, l’autre légèrement replié. Il fumait enfin la deuxième clope de la journée. C’était aussi pour ça qu’il détestait les cours, il ne pouvait pas fumer autant qu’il le voulait et Nikki était un de ces gros consommateurs, un de ces grands accrocs malgré son très jeune âge. Plus d’un paquet par jour. Un jour il ruinerait son père. Enfin, d’ici là il avait une sacré marge puis il était fière de le faire. Il adorait lancer l’argent par les fenêtres. En faisant la fête, en drogues ou encore en fringues. Pour dire, les vêtements qu’il portait aujourd’hui était l’équivalent du salaire mensuel de certains. Une chemise blanche dont les deux premiers boutons étaient ouvert, une chaine avec une croix en argent, un bracelet en or blanc, un jean foncé légèrement délavé, des chaussures même pas encore trouvables en magasin. Et là, il venait de dégainer de sa poche plus qu’il ne fallait. « J’ai des Goldem Dream mon ami, et en vue des résultats sur autrui, je pense que leur composition hallucinatoire a augmenté. Sinon, j’ai de la poudre, sympa pour rire mais effet assez dévastateur… pour autrui. » Nikki eut un sourire en coin alors qu’il tirait une nouvelle bouffée.

« Les deux. » Souffla-t-il.

Le goût du risque il l’avait, et malheureusement un peu trop. Nikki n’avait aucune limite, ou plutôt il les dépassait toutes sans la moindre difficulté. Il adorait avoir peur, il adorait avoir mal. Il se sentait plus vivant dans ces moments là. Il vivait dans l’extrême, et il était parfaitement conscient qu’un jour il en paierait le prix fort, mais il s’en fichait. Pour lui on n’avait qu’une vie, et il fallait la bouffer, la baiser, du mieux possible.

« Et bien sur, si tu vends, tu consommes avec moi petit. »

Min Hee était plus vieux que lui, enfin, il avait un an de plus. Mais Nikki avait prit l’habitude de l’appeler de cette manière, peut être parce qu’il se sentait plus âgé, parce qu’il était encore plus méchant que le jeune Kim ne l’était. En y réfléchissant, leur amitié était construite bizarrement. Il n’y avait pas de réelles bases. C’était juste : On se fout de la gueule des gens, on rit, on boit, on fume. Ils ne se connaissaient pas plus que ça mais le jeune Lee irait probablement le sauver si un jour son ami se trouvait en danger. Il avait peut être un cœur en pierre, mais il tenait un minimum au jeune homme.

Il replaça une mèche de ses cheveux enduis de gel avant de tirer à nouveau sur sa clope. Il s’amusa à faire des ronds avec la fumée. Il était déjà à la moitié, ce qui était inhumain. A force de jouer ainsi, de se détruire avec toutes ses merdes, il crèverait jeune, très jeune même. Mais peu importe, il n’avait pas envie de fonder de famille et d’être vieux. Il voulait rester comme ça toute sa vie, enfin, jusqu’à sa mort plutôt.

« Ne trouves-tu pas que les gens sont de plus en plus mornes ? Voilà un moment que je n’ai pas joué avec quelqu’un. » Il soupira, faussement déçu. « Il faudrait que je fasse un nouveau repérage. » Il haussa les épaules, porta la cigarette à sa bouche. « Min Hee, toujours personne dans ton lit ? »

Nikki avait tout de même un sacré cran de parler de ce genre de choses alors même qu’il n’avait jamais goûté au plaisir de la chair. Mais cela faisait parti du personnage, et il espérait que personne n’apprendrait jamais qu’il n’était qu’un petit puceau.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 20:49

    Dis moi Nikki, ce petit jeu continuera-t-il encore longtemps ? Qui fera une overdose en premier ? Qui fera sa dernière connerie avant l’autre ? Atterrirons-nous 6 pieds sous terre ou derrière les barreaux d’une prison ? Serons-nous des êtres à plaindre ou à détester ? Dis-moi… Que penses-tu de notre vie ? Penses-tu que nous bons pour l’enfer ou le purgatoire ? Car dans tous les cas je doute qu’on nous ouvre les portes du paradis. Je ne pense pas en être digne, et toi ? Penses-tu être digne d’aller là bas ? Dis-moi… Que désires-tu vraiment à repousser tes limites ainsi ? Que désires-tu à tenter le diable ? Le surpasser ? Tu surpasser ? Est-ce vraiment une bonne chose ? Fumer à outrance, boire à outrance et se droguer sans limite ? N’y a-t-il rien qui te retient dans ce bas monde ? Ne penses-tu pas attrister des gens autours de toi si tu mets ta vie en jeu et que tu perds ? Tu sais, tu feras au moins une personne triste. Tu feras un malheur, au moins un. Je le sais car elle se trouve sous tes yeux. Elle t’observe te délecter d’une cigarette à une vitesse inhumaine. Elle te regarde brûler ta vie avec cette clope entre tes dents. Elle regarde ton avenir partir en fumer avec ce tabac. Et cette personne c’est moi. Pourtant je suis le mal aussi. Je ne te stoppe pas. Je ne te limite pas. Pire je te vends ce qui te détruiras un peu plus. Je sais quels dégâts cela peut faire, je sais quel mal cela peut causer. Pourtant je m’amuse moi aussi. Je tente un peu plus mes capacités, je teste moi aussi mes limites. Si tu m’influences ? Je l’ignore, il serait trop simple de te jeter la pierre. Non, j’accepte depuis toujours d’entrer dans ton jeu. Qu’importe si cela devient notre dernier jeu.

    « Les deux. »


    Assis à même le sol, l’escalier au dessus de nous, on peut se sentir en sécurité dans ce vieux bâtiment. Dos appuyé au mur à tes côtés, jambes repliées contre mon torse, je souri toujours autant amusé d’un jeu qui ne devrait pas l’être. Je m’amuse de penser que tu veux les deux produits cités. Les testeras-tu en même temps ? J’ignore les effets, si les deux conjugués sont bons ou non pour la santé. J’ignore si cela ne nous conduit pas vers la morgue. J’ignore si cela ne nous conduiras pas vers des hallucinations si intenses que l’on voudra se taper la tête contre le mur pour ne plus les voir. J’ignore tout parce que je ne fais que revendre la plupart du temps. Je ne touche que rarement. Je ne m’amuse que peu souvent avec mon gagne pain. Tu es sûrement le seul avec qui je prends autant de plaisir à tester les produits.

    « Et bien sur, si tu vends, tu consommes avec moi petit. »

    « Je n’ai pas le choix… »

    Je n’ai pas le choix mais je ne suis pas forcé non plus. Tu le vois mon petit sourire en coin qui indique que j’entre avec un plaisir certain dans ton jeu. Tu la vois cette lueur dans mes yeux qui veut dire « dans tous les cas je comptais t’accompagner ». Tu l’entends mon rire amusé qui s’échappe de mes lèvres lorsque je termine ma phrase. Mes doigts n’hésitèrent pas lorsqu’ils sortirent de mon sac un flacon de médicaments pour le poser à terre. Ni même lorsqu’ils sortirent un petit sachet remplis d’une poudre blanche. C’était une matière se rapprochant plus du sucre glace que de la farine. Mes mains furent d’une précision sans égale lors que je fis quatre belles rangées sur mon cahier avec la poudre. C’est avec un sourire certain que je te tendis un petit cylindre pour renifler la poudre sans en perdre un gramme.

    « Ne trouves-tu pas que les gens sont de plus en plus mornes ? Voilà un moment que je n’ai pas joué avec quelqu’un. » Il lui donna doucement le cahier avec les rangées de poudre. « Il faudrait que je fasse un nouveau repérage. » Et l’ange sourit apportant au diable ses prochaines heures de décadences. « Min Hee, toujours personne dans ton lit ? »

    « Les gens ne savent plus s’amuser, voilà tout. Tout ce qui pourrait faire évanouir leur rêve ou leur liberté les font fuir. » Un nouveau repérage, pourquoi pas. « Et avec quelle genre de personne ou victime comptes-tu passer le temps ? » Une personne comme moi ou comme celle que tu as envoyé à l’hôpital. A quel jeu veux-tu jouer exactement ? « Mon lit… »

    Depuis quand mon plumard était resté vide et intacte de toute senteur féminine ? Depuis quand n’avais-je plus goûté au plaisir de la chair ? Depuis quand… Ah oui, ma rupture avec Elle. Enfin, c’est plutôt le fait qu’elle m’ait largué qui m’a laisser sur le cul dirons-nous vulgairement. Non mon lit était vide de toute présence hormis la mienne. En revanche mon corps, lui, avait connu d’autres lui. Mon corps lui avait goûté d’autres chairs. Des peaux plus blanches ou plus foncées, des senteurs différentes et bien entendu des erreurs. Un rire amer s’échappa de mes lèvres tandis que je pris deux pilules Goldem Dream que j’avalais d’une traite. Mon regard se reposa sur mon ami l’observant sniffer la jolie poudre cristalline.

    « Mon lit est une chose sacré, je préfère migrer dans ceux des autres. Et toi Nikki, dis-moi très cher, combien vaut ton lit ? »


    Doucement je poussa le flacon de pilules vers lui un sourire aux lèvres. Et l’ange donna au diable les pilules lui permettant de s’échapper de l’enfer pour accéder au paradis.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 22:02

another day


"L'enfer, c'est les autres", écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L'enfer, c'est soi-même coupé des autres.
[Abbé Pierre]


« Je n’ai pas le choix… » Si il culpabilisait de l’embrigader dans ses histoires folles ? Un peu, oui, quelques fois il se disait qu’il ferait mieux de prendre ses distances avec son ami. Lui n’avait peut être pas envie de quitter ce monde, sans doute que sa jeune mère serait très triste de le laisser partir. Si elle les voyait, que ferait-elle ? Tuerait-elle Nikki pour le mal qu’il était en train de faire à son bébé ? Peut être. Mais lui, lui plus rien ne le retenait sur terre. Ah si, il y avait sa petite sœur, mais elle finirait par mourir aussi, les médecins l’avaient dit. Il lui restait un an à vivre tout au plus. Peut qu’il la rejoindrait directement ce jour-là, oui, pourquoi ne provoquerait-il pas l’overdose quand cette sombre journée arrivera.

Il l’observa sortir ce dont-ils auraient besoin, en se disant qu’ils étaient vraiment deux pauvres mecs. Surtout lui, oui, surtout toi Nikki. Comment allait-il finir ? Mal, c’était sur, très mal mais au moins il aura bravé tous les interdits, il aura repoussé toutes les limites. A quoi cela lui aura servi ? Probablement à pas grand-chose, mais au moins il aura tout vu de la vie, enfin, surtout ses mauvais côtés. Parce que si vous lui demandez ce que c’est pour lui, il ne vous répondra que des choses négatifs. Il ne voit rien de bon dans la vie de tous les jours. L’amour, à quoi bon, c’est nul, tout le monde le sait. L’amitié ? Ouais, c’est pareil. La religion ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Qui croit encore à ces balivernes ? En gros, aux yeux du jeune garçon, drogue, alcool, rien d’autre ne comptait. Les personnes qui ne pensaient pas comme lui étaient sans intérêt.

« Les gens ne savent plus s’amuser, voilà tout. Tout ce qui pourrait faire évanouir leur rêve ou leur liberté les font fuir. » Nikki plissa les yeux, probablement. Quand est-ce qu’il avait réellement rêvé pour la dernière fois ? Cela remontait à l’enfance, avant la mort de sa mère. Il avait encore un très bon souvenir de son dernier véritable rêve. « Et avec quelle genre de personne ou victime comptes-tu passer le temps ? » Là, Nikki afficha un petit sourire en coin. Un mauvais sourire.

« Un homme. Les filles sont trop naïves et trop collantes voir même trop connes. Je vais voir ce que notre côté a de bon. »

Il fixait son ami du coin de l’œil, guettant sa réaction. Evidemment que ce n’était encore une fois que de la provocation dans le but de choquer son camarade. Même si dans le fond, pourquoi pas. Cela ne le repoussait pas, ne le dérangeait pas même. C’était à voir. Peut être se laissera-t-il tenter un de ces jours. « Mon lit… » Nikki sentit son ami partir ailleurs. Il se mordit alors doucement la lèvre, une erreur de parler de ça ? Il se souvenait à présent de la demoiselle avec qui il le trouvait souvent autrefois, qu’était-elle devenue en fait ? Pourquoi ne l’accompagnait-elle plus ? Min Hee était-il amoureux d’elle ? Sans doute, une preuve encore que ce dernier était inférieur à lui. Il avait aimé, ce que Nikki était incapable de faire. Incapable. Non, finalement c’était peut être l’inverse, peut être que Min Hee était supérieur à lui. Oui, dans le fond, c’était sans doute le cas.

Il soupira lors, jouant avec le cylindre, il se décida enfin à sniffer. Ça picotait un peu, mais c’était ça qui le faisait vivre. Sans toutes ces merdes il aurait l’impression de n’être qu’à demi-vivant. « Mon lit est une chose sacré, je préfère migrer dans ceux des autres. Et toi Nikki, dis-moi très cher, combien vaut ton lit ? » Il l’avait écouté d’une oreille discrète, n’ayant entendu que la fin de sa phrase. Il se redressa, tête contre le mur, et prit deux pilules du flacon entre ses doigts. Quels effets cela apportait-il de consommer Golden Dreams et cocaïne dans un même temps ? Aucune idée, sans doute rien de bon. Mais qu’importe, il allait le faire.

« Mon lit vaut plus cher que ton petit cul, ça c’est sur. »

Vulgaire le petit Nikki ? Oui, très. Mais ce n’était plus quelque chose qui devait choquer son camarade. Depuis le temps, il était sans doute habitué. Sur ces dernières paroles, il avala les deux morceaux de faux bonheur. En avant pour un énième voyage, en espérant très fort que ce ne soit pas le dernier. Et il croisa les doigts à chaque fois pour que ce ne soit pas le cas. Il tira une dernière fois sur sa cigarette, l’écrasa contre le carrelage pour l’éteindre et la jeta dans un des recoins de leur cachette. Tant pis pour la femme de ménage. Il posa sa main sur la cuisse de Min Hee et se pencha vers lui. Les Golden Dreams agissaient bien plus rapidement que la cocaïne.

« Si on crève, je t’emmène avec moi en enfer. Dommage mon chou. » Fit-il en passant son doigt sur sa joue, sur ses lèvres avant de reprendre ses distances et de s’adosser correctement contre le mur.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Jeu 11 Nov - 23:38

    Tout bonne chose a une fin. Et je le crois sincèrement. Ces quelques minutes de plaisir que nous prenons à nous défoncer le cerveau, cela n’est que la partie immergé de l’iceberg avant la chute : terrible, douloureusement et insupportable. Je savais à quoi m’attendre, Goldem Dream plus Cocaïne, ce n’est pas le meilleur des mélanges. Toxicité forte, addiction puissante mais surtout descente infernale. Si les quelques minutes de bonheur qui s’affichait devant nous allaient être des meilleurs, la suite n’en serait que plus douloureuse. C’est sans aucun doute pour cela que mes mains vinrent prendre le cahier et que mes yeux, eux, s’attardèrent un instant sur les deux lignes restantes. Je pris le petit cylindre et snifa à mon tour. Ma peau fut comme engourdit et mon nez picota : rien de méchant. Tout n’était destiné qu’à nous distraire et si pour cela nous devions souffrir : cela n’avait plus aucune importance. Je voulais juste m’échapper un instant avec lui. Voir le monde différemment. Est-ce possible ? Combien de fois avais-je entendu les miracles des Goldem Dream auprès de mes clients ? Combien de fois m’étais-je dit : pourquoi ne pas essayer ? Mais combien de fois m’étais-je dit que pour le bien de ma mère, je ne pouvais pas céder à la tentation.

    Pourtant j’étais bien bête à présent. J’avais voulu conjuguer deux drogues pour un bonheur incertain. Nikki m’incite ? Non, Nikki m’accompagne. Nous avons toujours un compagnon pour chaque activité : lycée, alcool, drogue, famille, personnel, haine et amour. Nikki était deux choses à la fois : lycée et drogue. Il était une bouffée d’air frais dans un monde trop coincé. Les stéréotypes visant à juger un individu, tout était basé sur le conformisme. Il n’y avait plus de place pour l’anormalité, pourvu qu’on soit tous issu du même moule, qu’on s’emboite tous dans ce qu’on attend de nous. Pourvu qu’on ne rechigne pas sur les dernières folies qu’on nous demande d’exécuter. En y réfléchissant, CrétinLand n’était que l’avant goût. L’avant goût d’un monde plus dévastateur et hypocrite que le lycée. La société. Apprendre à vivre en société revenait à apprendre à savoir s’écraser, à savoir jouer la comédie, à savoir être tout sauf soit même. Et je pense que Nikki et moi ne voulions aucunement vivre dans un tel monde. C’est sans doute pour cela qu’on s’éloigne du reste des personnes comme nous, qu’on fuit ce qui est trop commun et qu’on aime que ce qui est anti conformiste. Oui, je me retrouve dans ce mec, je me délecte de chacune de nos entrevues, je revis. Il n’est pas le fils qui s’écrase, il n’est pas l’élève qui baisse la tête : il est lui même.

    « Un homme. Les filles sont trop naïves et trop collantes voir même trop connes. Je vais voir ce que notre côté a de bon. »


    Le monde était étrange, tu semblais étrange toi aussi. Ta voix plus douce et pourtant si drôle. Je crois que je me suis fendu la poire pour rien. Il n’y avait rien d’extrêmement drôle dans ta phrase. Tu voulais te taper un mec et alors ? Tant mieux, pourvu que c’est toi qui prennes les gens pour des cons et pas le contraire ! Peut-être, même sûrement, cherchait-il à me choquer mais vraiment, il pouvait entrer dans n’importe quel lit : je m’en foutais, pourvu qu’il reste fidèle à lui même. Pourtant j’aurai dû être outrai de tels paroles mais j’étais plus intrigué. Les Goldem Dream commençaient sûrement leur effet. Et moi, j’entrais doucement dans un monde imaginaire. Un monde où Nikki et moi n’étions pas au lycée, où tous ces abrutis de professeurs n’existaient plus. Ou règlement et autorité avaient disparus. Heureusement qu’ils étaient seuls, sinon Min Hee aurait fait un carnage. Heureusement qu’aucun élève trop audacieux pour se risquer avec une parole déplacé n’était pas là.

    « Tu ne me choques plus mon grand. Tu devrais le savoir, depuis le temps que je vois tes déboires et tes crises : qu’est-ce qui pourrait bien me choquer ? »

    Ce n'était nullement une insulte mais la simple constatation d’événement arrivé sous mon nez. Combien de fois avais-tu levé la main sur un élève pour lui apprendre à te respecter ? Combien de fois avais-tu frappé sans réelles raisons ? Et celles arrivés dans le cadre du lycée j’y ai toujours assisté. De loin ou de près. A un mètre de toi où sur le toit du lycée. J’observe, j’analyse, j’aime étudier les gens. Il est parfois regrettable de savoir que je t’analyse aussi. Tu es sûrement le plus intéressant de tous, tu es le plus imprévisible. Comme la fois où tu as frappé si fort cet élève qu’il a atterrit à l’hôpital. J’étais là, je savais que tu m’avais vu. Une épaule adossé au mur, je t’observer le frapper sans honte, sans limite jusqu’au sang. Tu étais incontrôlable et personne n’osait venir t’arrêter. Je ne me rappelle pas être intervenu, j’étais devenu un simple observateur passif. J’observais juste un étudient en frapper un autre. Et pourquoi devais-je me mouiller pour un abrutit à la langue trop pendue ? T’aider : tu t’en sortais très bien, tu étais largement vainqueur.

    « Mon lit vaut plus cher que ton petit cul, ça c’est sur. »


    Un sourire digne du joker apparu sur mes fils rosés et ma tête se pencha sur le côté tandis que j’observais l’individu le plus étrange sur cette terre. Déjà, je ne savais pas que mon cul avait un prix et deuxièmement, ce lit valait alors drôlement cher parce que pas n’importe qui peut toucher le mien. C’est alors que la plus belle des provocations se posa sur ma langue. Oui, je ne pouvais résister, qu’importe si cela pouvait le mettre en colère. Qui sait, le mélange cocaïne et Goldem Dream le rendrait peut être plus susceptible. Mais on aimait tout deux la provocation, bien qu’il soit évident qu’il l’utilise et l’adule plus que moi.

    « Il ne doit pas souvent être visité s’il est si hors de prix. »

    C’était un peu une manière de dire : « oui je te traite de puceau même si je doute moi même de cette affirmation ». C’est vrai, Nikki ne pouvait être puceau, du moins, j’en étais parfaitement persuadé. En fait, je ne me posais pas spécialement la question, je ne le lui avais jamais demandé. Nous discutions rarement de ces choses là. Nous discutions rarement de nous pour dire vrai. C’était plus une relation liée à la drogue, à l’école et à l’autodestruction. Je ne savais rien de bien vraiment concret sur lui et lui ne savait rien de spécial sur moi. On gardait notre merde pour nous et on s’évadait ensemble. On ne voulait pas ramener sur le tapis ce qui nous pourrissait la vie. Parler de moi ? Je n’en voyais pas l’intérêt. Il savait que ma mère m’avait élevé seule, que mon père était un beau salaud qui ignorait mon existence et que j’avais giclé de ma vie la personne que je considérais comme mon frère. Il n’avait pas besoin d’en savoir plus et de toute façon il n’y avait rien d’autre à dire. Les grandes lignes étaient là et cela suffisait amplement.

    « Si on crève, je t’emmène avec moi en enfer. Dommage mon chou. »

    Ma tête se tourna doucement vers lui, mes yeux se posant dans les siens : qui d’ailleurs étaient illuminés d’une couleur anormale. Ah oui : Golden Dream : hallucinatoire. C’est pour ça que ces yeux étaient si beaux. Enfin, cela n’expliquait pas le fait que l’escalier prenait des couleurs plus étranges que vives. Je le laissais toucher ma peau intriguée avant de me pencher sur le côté pour mieux l’observer. Arquant un sourcil, je l’agrippa par sa chemise hors de prix et le tira vers moi.

    « Si on crève, je doute qu’on soit accepté même en enfer. »
    Mes doigts vinrent prendre la croix qui pendait à son cou. « Tu n’es pas croyant mon grand, l’enfer n’existe pas pour toi. » Un petit rire s’échappa de mes lèvres et je ne pu m’empêcher de dire : « Tu pues la confiance en toi Nikki mais au fond, si tu t’amuses à vouloir crever, c’est qu’il te manque une chose. T’es pas si fort que ça fait, t’es juste un môme pommé comme moi n’est-ce pas ? »

    Mes mains lâchèrent la chemise et ma tête atterrit lourdement sur le sol. Mais la cocaïne faisait son effet et je ne sentis pas la douleur. Je savais juste que l’Ange venait de parler un peu trop profondément du Diable et qu’il risquait de s’y brûler les ailes.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Ven 12 Nov - 0:08

another day


La haine est la forme la plus subtile de la violence. La haine blesse celui qui hait, et non le haï.
[Gandhi]


« Tu ne me choques plus mon grand. Tu devrais le savoir, depuis le temps que je vois tes déboires et tes crises : qu’est-ce qui pourrait bien me choquer ? » Nikki éclata de rire. Tout était en train de monter droit à son cerveau. Ses cellules aspiraient tout ce venin. Ses veines se remplissaient de ce poison. Probablement, qu’est-ce qui pouvait encore le choquer ? Il l’avait vu dans les pires états. Ivre, incapable de marcher, de parler ou même de penser. Drogué à la mort, allongé sur le sol, parfois en train de vomir. Tout, Min Hee avait vu les plus horribles facettes de Lee Nikki, et pourtant il était toujours là. Que gagnait-il à trainer avec un être aussi pourri que lui ? N’avait-il pas mieux à faire que de saccager sa vie ? Pourquoi ne pensait-il pas plus à sa mère ? Alors que Nikki, aurait tout donné pour revoir la sienne, et que jamais il n’aurait sombré ainsi si elle avait encore été à ses côtés.

Ses crises de colères avaient démarré si tôt. Il n’était qu’un gosse, et pourtant du haut de son un mètre vingt il insultait déjà son père à l’époque. Il se battait déjà avec ses camarades, plongeant la tête de certains dans les toilettes, recevant une bonne correction chaque soir lorsqu’il rentrait chez lui. Il en avait vu des psychologues aussi, il avait même failli en tuer un. Il l’avait frappé si fort ce vieil homme qui l’avait traité de fou. Non, il n’était pas timbré, tout allait bien dans sa tête. Il était juste en colère, très en colère et avait sans cesse besoin d’évacuer sa haine quitte à ce que ce soit sur un pauvre innocent. Et c’était souvent le cas. Si il ne s’était pas encore fait viré du lycée c’était uniquement parce que son père versait une somme d’argent colossal pour qu’on le garde entre ces murs. Puis, il était hors de question d’envoyer son fils dans un asile ou autre centres de ce genre. Ce serait bien trop mauvais pour l’image de la famille.

« Il ne doit pas souvent être visité s’il est si hors de prix. » Cette fois-ci, Nikki ne rit pas, il ne sourit pas. Oui, c’était vide, toujours vide. Jamais personne n’avait partagé ses draps. Il n’y arrivait pas. Il n’avait trouvé personne d’assez attirant, de suffisamment à son goût. Il ne voulait pas aussi. Il refusait qu’on le touche, qu’on l’approche de trop près. Ses rares petites amies avaient été blessé de cette distance qu’il avait avec les autres. Personne ne comprenait ce qu’il y avait dans sa tête. Encore une fois.

« Ouep. C’est pas donné à tout le monde. » Se contenta-t-il de répondre.

Golden Dreams et cocaïne. Mais quelle idée ils avaient eu là. Enfin surtout lui. Le goût du risque le tuera. Il se le répétait tous les jours et il savait que c’était aussi ce que devait penser Min Hee. Il se retrouva d’un coup attiré vers ce dernier. Qu’est-ce qu’il voulait ? Il ne devait pas faire ça, jamais le toucher. Lui pouvait le faire avec les autres mais pas l’inverse. « Si on crève, je doute qu’on soit accepté même en enfer. » C’était peut être le cas de Nikki oui, après avoir fait toutes ces horreurs, probablement que même le diable ne voudra pas de lui. Mais Min Hee, Min Hee il avait un bon fond, Nikki en avait parfaitement conscience, il sentait que lui s’en sortirait dans la vie. Lui ne sombrerait pas aussi bas que lui. Lui, on viendra le chercher avant qu’il ne soit trop tard. Lee Nikki était par contre tout seul. Et les doigts de son ami qui s’accrochèrent à sa croix, vrai, cent pour cent vrai, il ne croyait pas en ces balivernes qu’étaient la religion, il la portait juste parce que c’était celle de sa mère.

« Tu pues la confiance en toi Nikki mais au fond, si tu t’amuses à vouloir crever, c’est qu’il te manque une chose. T’es pas si fort que ça fait, t’es juste un môme pommé comme moi n’est-ce pas ? » Tout s’arrêta d’un coup. Comme si les engrenages de son cerveau s’étaient bloqués face aux paroles criantes de vérité de son camarade. Il le regarda tomber. Comment pouvait-il parler de la sorte ? Comment osait-il surtout ? Sa main attrapa le haut de Min Hee, et il le tira si fort qu’il le releva. Une main derrière la tête de ce dernier, il serrait fort ses longs cheveux entre ses doigts, tant pis si il lui faisait mal.

« Je suis ni un môme, ni pommé t’entends ? » Hurla-t-il à pleins poumons. « Personne n’accède au paradis, moi j’en suis sur. Et toi et moi, on est même pas sur la liste d’attente des enfers, on sera remballé à l’entrée, condamnés à errer. » Il attrapa la lèvre inférieur de Min Hee entre les siennes, une apparence de baiser, mais il la lui mordit jusqu’au sang avant de le repousser. « Apprends à fermer ta grande gueule de fils à sa maman. Tu sais que j’hésiterai pas à te briser les os. »

La tête lui tournait. Et il tenait difficilement assis. Il passa une main sur son visage, essuyant la sueur. Toutes les couleurs vives qu’il voyait lui défonçaient les yeux. Le goût du sang de Min Hee dans sa bouche lui donnait la gerbe. Il ouvrit un bouton en plus de sa chemise, l’impression d’être dans un four, de carboniser. Surtout que Min Hee se retienne, parce qu’il était à deux doigts d’exploser.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Ven 12 Nov - 0:49

    Je ne sais pas pourquoi j’ai parlé ainsi, je ne sais pas pourquoi j’ai fait cette folie. Ah oui, c’est vrai… Miss cocaïne et Golden Dream faisaient un effet dévastateur dans mon esprit. Comme si je me sentais capable de tout dire, de tout faire. Oui, je me sentais plus puissant mais pas pour le moins supérieur. Je pensais juste avoir gagner une peu plus de courage, un peu plus de folie. De la folie : c’était exactement ce que j’avais actuellement. Je savais à quoi m’attendre avec Nikki. Je savais quel petit démon sommeillait en lui. Oui petit démon. Après tout, pour moi, il ressemblait plus à un enfant qui criait sa peine à l’égard du monde. Ce monde ne comprenait juste pas qu’il demandait de l’aide. Ce monde lui tournait le dos. Et moi, en observateur impartial, j’observais silencieux la décadence progressif d’un môme n’ayant même pas commencé à vivre. J’observais et j’acceptais la sombre descente aux enfers d’un ami. Pourtant, je savais qu’il souffrait. Je savais dans quel tourbillon de haine il essayait de sortir. Je n’étais pas devin, j’analysais simplement. Je l’observais assez pour comprendre qu’il n’était pas le beau salaud qu’il prétendait être. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est un ange mais il n’est pas le diable. Il ne trouve juste rien à quoi se raccrocher. Moi, j’avais ma mère à qui je pouvais tendre les bras quand tout allait mal : lui, il n’avait rien. Moi, j’avais des amis qui savaient me stopper dans mes actions : lui il n’en avait pas. Je n’étais pas cet ami, j’étais celui qui participait à sa chute et j’en étais conscient et au fond j’en souffrais aussi. D’être le spectateur de sa lente agonie : cela en devenait insupportable.

    Je sentis mon corps décoller du sol, je sentis la pression de ta main dans mes cheveux. Mais la cocaïne était déjà trop présente pour que je puisse sentir une quelconque douleur. Le pire c’est que je gardais ce sourire sur mes lèvres. Ce sourire sûr de lui. J’avais touché juste et cela rien qu’en voyant ta réaction. T’avais-je vexé ? Sans doute mais j’avais voulu m’exprimer sur ton état. C’était égoïste et idiot de ma part. Je t’avais vendu de la drogue et je te crachais maintenant au visage que tu faisais cela pour fuir. J’aurai dû te le dire avant que tu consommes : mais je n’avais ni le courage, ni la folie de le faire. Pardonne moi Nikki. Je ne pense pas être l’ami dont tu aurais besoin. Je devrais tenter de te tirer vers le haut, or je t’aidais à mieux tomber si bas. J’étais un mal de plus dans ta vie. J’avais peut être l’apparence d’être bénéfique pour toi, mais dans le fond, je ne l’étais pas. Je ne faisais qu’observer ces dernières semaines. Tes venues en voiture, tes venues à pieds. Tes crises de colère. Je ne faisais rien pour te faire sourire. Je ne faisais que te vendre l’utopique idée que des produits pouvaient te rendre le sourire et les rires. Mais c’était hypocrite. C’était mauvais. Je savais que tout cela n’était qu’un mensonge et j’y participais inlassablement. Je ne suis pas un Ange mais un Ange déchut qui commence à brûler ses ailes et qui finira par se faire engloutir.

    « Je suis ni un môme, ni pommé t’entends ? » Ses cris résonnaient dans mes oreilles, si bien qui je plissais les yeux en signe de gêne. « Personne n’accède au paradis, moi j’en suis sur. Et toi et moi, on est même pas sur la liste d’attente des enfers, on sera remballé à l’entrée, condamnés à errer. » Et ses dents vinrent me mordre jusqu’au sang et la drogue me fit oublié cette douleur certaine. « Apprends à fermer ta grande gueule de fils à sa maman. Tu sais que j’hésiterai pas à te briser les os. »

    « Ou est passé ta joie ? » J’avais lâché ça comme une bombe. « Ça t’avance à quoi de me bouffer ? » Mes mains vinrent attraper sa chemise tandis que je restais entre ses mains. « Fils à maman ? Me fais pas rire, j’ai dû bouffer que du riz durant des années quand toi tu bouffais du caviar. »

    L’aspect autours de lui devenait foncé, comme si sa haine se matérialisait par une forme étrange. Une espèce de nuage sombre et épais qui semblait bouffer Nikki. Le fruit de mon imagination sans aucun doute. Pourtant, malgré la violence dont il venait de faire preuve à mon égard, j’avais encore de la peine et de la culpabilité vis à vis de lui. Pourquoi le destin s’acharnait-il sur lui ? Pourquoi sa vie n’aurait-elle pas pu être dorée ? Il avait l’argent qui lui simplifiait la vie pourquoi la mort et la maladie volaient constamment au dessus de son âme ? Un soupir de peine s’échappa de mes lèvres, faisant saigner ma lèvre inférieure. Tout en m’asseyant face à lui, je l’observais ouvrir sa chemise. Il devait se retenir, s’il m’avait mordu, c’est qu’il devait pouvoir faire plus. Provocation. Non je ne devais pas céder. Pour le bien de qui ? Le mien ? Oui pour mon bien je devais me la fermer. Et pour le sien, j’étais persuadé que je devais l’ouvrir. Mais je n’étais pas psychologue, et l’inciter à me mettre la main dessus n’était sûrement pas la meilleure solution.

    « Alors pourquoi tu te retiens Nikki ? Tu sais que j’ai touché juste. Et tu sais très bien que j’apprends très mal. » Je ne sais pas pourquoi mais l’univers des Golden Dream et de la cocaïne rendait le monde fou, rendait le monde plus simple. « T’es comme moi, tu fuis ce que tu ne peux pas contrôler : la mort. Oh oui tu peux te la donner, mais elle, elle peut venir nous prendre n’importe quand. »

    Je ne parlais pas pour nous. Je crois que mourir pour lui se résumer à une chose moins dramatique que pour moi. En revanche, la peur de voir mourir ses proches, c’était peut être ça qu’il fuyait. C’était souvent à cause de ça que les gens sombraient. Et encore une fois je n’étais pas devin : je faisais juste une constatation. En tant que revendeur je pouvais dire que sur 100% de mes clients, 60% venaient à cause de la mort d’un proche. Pour sa mère : je n’en savais rien. Je savais juste pour sa sœur. Était-ce un mauvais rapprochement ou un bon ? Si je visais juste, je pense qu’il me mettra la main dessus, si j’avais faux, il ne lèvera pas la main. Mais je voulais savoir, je voulais comprendre. Qu’il se défoule sur moi si ça pouvait lui faire du bien : c’est bien la seule chose que je pouvais faire pour lui. Et autant profiter que je sois défoncé que je ne ressente pas la douleur.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Ven 12 Nov - 15:49

another day


Le meurtre, chez l'homme, c'est tout près, c'est juste sous la peau, frémissant, c'est au bord des yeux comme le désir, à fleur de tête. Le meurtre, en un sens, n'est qu'une figure du désir : c'est l'envie de vous le faire passer.
[Camille Laurens]


« Ou est passé ta joie ? » La joie ? Qu’est-ce que c’était que ça, la joie ? Voilà de longues années qu’elle l’avait abandonné. L’avait-il seulement ressenti un jour ? La joie, on est joyeux quand on est heureux, pas vrai ? Alors oui, il a été heureux. Il était heureux durant toutes ses années où il avait porté sa sœur sur son dos en courant dans les couloirs pour échapper à leur gourvernante. Il était heureux quand il veillait tard le soir juste pour attendre sa mère, afin d’avoir un gros câlin et de pouvoir enfin s’endormir. A cette époque là, il était heureux, oui, dans ce temps là, il pouvait être joyeux.

« Ça t’avance à quoi de me bouffer ? » A rien du tout. Ce qu’il faisait n’avait jamais eu de sens. Cette violence ne ramènerait jamais sa mère sur terre. Elle était parti pour toujours, et c’était la faute de son père en plus. C’était pour ça qu’il était en colère, pour ça qu’il était détruit, écœuré par l’être humain et ce qu’il était capable de faire pour avoir de l’argent, toujours plus d’argent. Min Hee avait bien plus de chances et le jeune coréen le savait tout au fond de lui. Il n’avait peut être pas toute sa richesse, mais il avait l’amour d’une mère et de ses amis. Nikki n’avait jamais eu d’amis. Scolarisé chez lui il n’avait connu que sa sœur, sa gouvernante et ses parents. Et dès qu’il fit ses premiers pas à l’école, il se mit à l’écart des autres, devint la petite terreur du fond de la classe. « Fils à maman ? Me fais pas rire, j’ai dû bouffer que du riz durant des années quand toi tu bouffais du caviar. » Et ça, c’était aussi vrai. Mais Min Hee avait-il conscience que l’argent ne faisait pas le bonheur ? Que tout était sombre autour de Lee Nikki ? Sans doute, il l’avait assez vu à l’œuvre pour comprendre que rien n’allait chez lui, que son cœur était aussi noir que son passé, noir à cause de sa haine.

Pourquoi lui crachait-il tout cela au visage ? Pourquoi ouvrais-tu ta grande gueule maintenant Min Hee ? N’avais-tu pas peur pour ta vie ? Tous ces gens que Nikki avait tabassé jusqu’au sang, si on ne l’avait pas arrêté à chaque fois, peut être qu’ils seraient mort. Se sentirait-il seulement coupable ? Non. Surement pas. Il trouverait encore le moyen de rejeter la faute sur son père. Et toutes ces personnes qui avaient goûté à ses poings, il s’en fichait. Il se fichait d’elles, de savoir si elles avaient eu mal, si elles vivaient dans la peur à présent. Lui n’arrivait pas à avoir peur. Il la cherchait sans cesse, mais rien ne l’effrayait. Il allait toujours plus loin. Si il dépassait ses limites, c’était pour les trouver. Il voulait savoir jusqu’à où s’étendait sa haine, il adorerait pouvoir l’éteindre mais cela lui semblait impossible. Elle avait déjà brûlé trop de terrain sur son pauvre cœur.

« Alors pourquoi tu te retiens Nikki ? Tu sais que j’ai touché juste. Et tu sais très bien que j’apprends très mal. » Pourquoi ? Mais il n’en savait rien bon sang. Il était comme l’eau avant l’ébullition. Ça montait tout doucement, puis d’un coup ça bouillonnait. Il releva la tête pour regarder Min Hee. Les couloirs autour de lui n’avaient plus de formes distinctes, ni de couleur, tout était noir. Noir comme son cœur. « T’es comme moi, tu fuis ce que tu ne peux pas contrôler : la mort. Oh oui tu peux te la donner, mais elle, elle peut venir nous prendre n’importe quand. » Les mots de trop. Nikki réagit au quart de tour, il se leva empoigna Min Hee par son haut et l’arracha du sol pour le plaquer contre le mur d’en face.

« Ta gueule maintenant ! Ne me parles pas comme si tu étais un grand sage. Ne parles pas sans me connaître. Je l’attends la mort. Je veux mourir t’entends ? » Il cria si fort que ses cris résonnèrent pendant un moment entre les murs de l’établissement. Son souffle devenait irrégulier, son cœur battait à deux cent à l’heure. « Si elle n’était pas là, plus rien ne me retiendrait ici. » Sa sœur, il parlait évidemment de sa sœur, si elle n’était plus là, à quoi bon rester sur terre.

Il secoua Min Hee, sa tête cogna surement plusieurs fois contre le mur, et il le re-plaqua contre celui-ci avec une plus grande violence. Le jour finalement tant redouté était arrivé. Il était violent avec Min Hee, il lui fera sans doute mal dans les minutes à venir. Et après, maintenant qu’il frappait sur son seul ami, que se passera-t-il ?

« Je veux mourir ! » Il hurla, secouant encore Min Hee qui ne touchait plus le sol. «  Je veux crever bordel ! » La colère le gagnait à une vitesse folle. Et alors qu’il le relâcha, qu’il tourna les talons comme si il allait en finir là. Il pivota d’un coup, enfonçant son point dans le ventre de son camarade au moment où des larmes ruisselaient le long de ses joues. Il ne savait pas d’où elles venaient, pourquoi elles étaient là, sans doute plus parce qu’il avait la sensation qu’on lui brûlait les yeux. « Je veux mourir parce que j’étouffe ici. J’étouffe parce que je ne peux pas parler. Alors pourquoi rester ? »

Du chinois, c’était probablement du chinois pour son camarade. Mais pas pour lui. Il en avait assez de tout garder au fond de son estomac. Il voudrait tant le dénoncer. Tout avouer à la police, le faire emprisonner pour le meurtre de sa mère ou alors non, il adorerait le tuer de ses propres mains.


(Je suis toujours inspirée à mort quand y faut te répondre <3)
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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Ven 12 Nov - 22:47

Je ne prétendais pas être devin. Je ne pensais pas l’être loi de là. J’étais juste un gamin de 17 ans qui jouait avec sa putain de vie. Une vie qui se résume à pas grand chose. J’ai perdu ce qui avait la plus grande valeur à mes yeux : Elle. Abandonné un soir d’hiver. Sans explication. Sans un mot. Aucune excuse : le néant. J’avais pour parent une unique mère. Mon père ? J’ignorais son identité : japonais m’a-t-on dit un jour par pitié. Mais parfois je me demande si ma mère ne m’a pas dit ça juste pour que je la lâche avec mes questions. Et cette mère qui a du se battre durant des années pour devenir ce qu’elle est. Oh oui je suis fier d’elle : elle une mannequin de renom. Combien de fois ai-je vu son visage sur une affiche sur un panneau de Touljin ? Je ne pourrai vous dire. Mais tout n’a pas été si beau. Avec un gamin à charge dès l’âge de 16 ans : on ne sait pas quoi faire. Mes grands parents ? Ils ont chassé ma mère dès qu’ils ont apprit mon existence. Je n’étais pas désiré, seul ma mère semblait se soucier de ma vie. Alors non, ce n’est pas juste avec ça que je pouvais prétendre être un quelconque psy. Ce serait exagéré, ce serait injuste et prétentieux.

La fin de mes paroles sonna la fin de la patience pour Nikki. Je savais que j’allais loin, trop loin. Je le poussais à bout dans ses derniers retranchements. Mais j’en avais marre de voir tous les matins son air résigné sur le visage. J’en avais marre de voir une souffrance cachée derrière des poings. J’en avais marre de la voir s’enfoncer. Lui redonner goût à la vie ? Ne me faites pas rire : je ne suis pas magicien. Je ne peux pas lui faire adorer une vie qui semble d’avance pourrie. Je ne peux lui faire aimer une existence qui semble déjà condamné. Ce serait égoïste et totalement idiot. Pourtant j’aimerai être l’ami à qui il pouvait se raccrocher. J’aimerai pouvoir être une personne à qui il pouvait parler. J’en avais marre de ses monophrases quand je lui demandais la raison de sa colère. Je voulais qu’il puisse parler. Il était évident qu’il s’enlisait dans sa propre douleur. Les chaines d’un silence trop profond. Je vois assurer qu’assister à tel spectacle : cela vous rend tous sauf indifférent. Au début on se dit qu’en l’aidant à s’échapper à coup de pilules et de drogues arrangera la situation. Conneries. Cela augmente tout, cela détruit tout.

Ses mains vinrent me soulever du sol, son regard semblait noir. La fumée autour de lui grandissait et les couleurs autours de nous disparaissaient. Il me plaqua au mur et se mit à hurler. Hurler à plein poumon. Et rien que l’intonation de sa voix me donna des frissons. Pourtant je n’avais pas peur : merci cocaïne. Je l’observais, scrutant chacune de ses réactions, chacune de ses expressions. J’écoutais sa voix gueuler à mes oreilles. Il ordonnait à mes lèvres de se taire, il ordonnait à mon cerveau de se la fermer. Et il avait raison. Il le faisait sans doute souffrir en le poussant à me frapper, à être violant envers moi. Lui qui jusqu’à présent se retenait pour ne pas avoir à regretter : j’ignorais ses efforts et je poursuivais les miens.

« Ta gueule maintenant ! Ne me parles pas comme si tu étais un grand sage. Ne parles pas sans me connaître. Je l’attends la mort. Je veux mourir t’entends ? » J’entends très bien Nikki mais tes cris ressemblent plus à un gémissement. Tu souffres et ta douleur est trop palpable pour que je me la ferme gentiment. « Si elle n’était pas là, plus rien ne me retiendrait ici. » Tu tenais tellement à elle et elle semblait avoir la clé de ton humanité. Ta sœur, le monde est trop cruel envers vous deux.

Pendant un instant, ma tête ne fut plus en état de penser et de faire des commentaires sur la situation. Pendant un instant, il me secoua comme un poirier. Pendant un instant ma tête heurta le mur derrière moi. La encore Miss cocaïne jouait son rôle : je ne sentais pas la douleur. En revanche mon cerveau lui comprenait qu’il ne pouvait pas marcher correctement. Et il me plaqua à nouveau contre le mur. Et ma tête heurta une dernière fois le mur comme le pantin désarticulé que j’étais. Ce dernier coup fut plus dévastateur puisqu’il me fit voir flou durant une bonne minute.

« Je veux mourir ! » Et il me secoua encore : de quoi vous éviter mes petites réflexions personnelles. « Je veux crever bordel ! » Lorsque j’ai crus avoir enfin le temps de reprendre mes esprits, je pu sentir son poing pousser mon ventre : aucune douleur mais la désagréable impression que j’allais vomir. Heureusement que je n’avais rien mangé à midi, parce que sinon j’aurai sûrement fait des chaussures de Nikki un jolie plateau repas ! « Je veux mourir parce que j’étouffe ici. J’étouffe parce que je ne peux pas parler. Alors pourquoi rester ? »

« Et lorsqu’on étouffe, on souffre n’est-ce pas Nikki ? »


J’étais accroupi à terre et je peux vous dire que dans mon état c’était déjà pas mal ! Je reprenais doucement mon souffle, j’essayais de ne pas tanguer sur les côtés. De ne pas m’écrouler à terre. Je viens m’accrocher à lui pour me relever, pour pouvoir observer ses yeux, sa peine. Et c’est là que je les vis pour la première fois. Tes larmes. Elles étaient belles : pures et sincères. J’ai souris, non je ne me moquais pas. Mes bras vinrent t’attraper, s’enroulant autours de toi, appuyé sur tes épaules. C’était juste trop difficile pour moi de rester debout. Drogué et la tête sonné, autant me demandé de conduire je vous aurai conduit droit dans le mur. C’était juste impossible pour le moment. En temps normales, je t’aurai rendu tes coups, je t’aurai attrapé et jette à terre. Mais en temps normal je ne t’aurai pas provoqué. En temps normal j’aurai peut-être pu tenir sur mes jambes.

« Pour prouver que tu n’es pas faible. Rester pour prouver que tu n’es pas un môme pommé. »
Non je ne voulais pas en remettre une couche. Non je ne voulais pas dire que c’était la vérité. Je voulais juste t’aider, te trouver une raison de vouloir t’accrocher à la vie. Mais c’était sans doute l’une de mes plus belles utopies. « Moi je t’écoute. Je peux encore t’entendre. Tu veux encore me frapper ? Je suis toujours debout. Mais tu ne me feras pas croire qu’un gamin comme toi ne sait pas parler. Tu veux mourir ? Tu choisis la facilité. Je te pensais plus fort. »

Tu es fort Nikki, je n’en doutais pas. Cela se voyait dans ton regard, dans ta façon d’être. Mais j’espérais juste pouvoir t’ouvrir les yeux. J’espérais juste que tu puisses me dire ce qui te faisait tant souffrir. Peut-être ma faiblesse finirait-elle par te déranger ? Non elle ne devait pas. Doucement je finis ce pseudo câlin pour m’appuyer contre le mur.

« T’attends quoi ? Dis pourquoi tu souhaites tellement crever ! » J’ai voulu accompagner la parole au geste et un coup de poing partit atterrir sur ton visage. Dans mon état, j’avais bien visé je trouve. La joue. Et en plus je n’étais pas tombé par terre : parfait. Je voulais pas paraître pitoyable !

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Ven 12 Nov - 23:30

another day


La solitude a deux facettes. Volontaire, elle élève et purifie. Obligatoire, elle étouffe et détruit.
[Francine Ouellette]


« Et lorsqu’on étouffe, on souffre n’est-ce pas Nikki ? » Pourquoi lui posait-il la question si il connaissait la réponse ? Evidemment qu’il souffrait. Mais ça la plupart ne prenait pas la peine de le voir. Tout le monde pensait que ce n’était que de la méchanceté gratuite. Tout le monde était dans le faux. Min Hee était le premier à se soucier de lui et ça le dérangeait. Cela le dérangeait parce qu’il n’en avait pas l’habitude et surtout parce qu’il savait que personne ne pourrait l’aider. C’était impossible.

Son père était un homme trop influent, et même en taule il parviendrait soit à sortir bien avant l’heure ou à le faire tuer par les mains de quelqu’un d’autre. Jamais Nikki n’avait compris sa transformation en véritable monstre. Enfant, il se souvenait de lui comme un père gentil, souriant et sa mémoire sélective n’avait malheureusement retenu que ça. Alors comment ce dernier en était arrivé à tuer sa propre femme, à menacer son propre fils ? Désormais seul l’argent et l’image importaient au vieil homme. Nikki et Ruby, sa jeune sœur, étaient comme des orphelins. D’ailleurs, d’ici quelques temps, il sera le seul. Seul sur cette horrible planète. Et alors pourquoi resterait-il ?

Ses yeux devinrent aussi rondes que des billes lorsque Min Hee s’accrocha à lui, lui offrant un semblant d’étreinte. Les larmes roulaient toujours silencieusement le long de sa peau. « Pour prouver que tu n’es pas faible. Rester pour prouver que tu n’es pas un môme pommé. » Nikki fronça les sourcils, est-ce que c’était un but ça ? Prouver ça à qui ? Il s’en fichait de prouver des choses aux autres. Rien à foutre de ce qu’on pouvait penser de lui, de sa manière de faire et de sa violence. Personne ne comptait réellement à ses yeux à part Ruby. Si elle partait, il la suivrait, c’était la seule certitude, le seul but, et la seule chose qu’il attendait.

« Moi je t’écoute. Je peux encore t’entendre. Tu veux encore me frapper ? Je suis toujours debout. Mais tu ne me feras pas croire qu’un gamin comme toi ne sait pas parler. Tu veux mourir ? Tu choisis la facilité. Je te pensais plus fort. » Nikki se mordit si fort l’intérieur de la joue qu’il se mit à saigner. Enflure. Il n’était pas faible. Nikki ne l’était pas. Si il l’était, il aurait trop peur de mourir. Or, il n’attendait que ça. La peur n’était-elle pas la plus grande peur de l’être humain ? Il le regarda s’éloigner, s’adosser au mur, serrant le poing. Il n’allait pas tarder à le frapper parce qu’il voulait qu’il se taise. Il devait se la fermer, cesser de jouer au plus malin. Nikki ne supportait pas qu’on lui parle de cette manière, qu’on joue à celui qui a le plus raison. Il savait qu’il était en tort, mais il ne voulait pas qu’on lui rappeler. Pour lui, il avait raison, et il préférait cette idée là.

« T’attends quoi ? Dis pourquoi tu souhaites tellement crever ! » Il ne vit pas arriver ce coup. Il se le mangea en pleine poire et l’espace d’un instant il vit même des étoiles tournicotaient autour de lui. Les Golden Dreams probablement. Il parvint de justesse à rester sur ses pieds et la seconde d’après il avait à nouveau attraper Min Hee par le col de son t-shirt.

« Je ne peux pas parler putain ! En quelle langue faut te le dire ? » Et il criait toujours, il ne savait plus faire que ça, augmentant le risque qu’on les découvre. « Je n’ai pas le droit de parler, t’entends ? Je dois fermer ma gueule et tu ferais mieux de faire de même. »

La machine était lancée, il le propulsa contre le sol, et ne ménagea pas ses forces dans les coups qu’il lui porta. Il hurlait toujours. Il hurlait à la mort. Il était comme fou. C’était une de ses crises. Min Hee avait réussis à le pousser à bout. Pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient c’était lui la victime de Nikki. Mais pour la première fois aussi, Nikki pleurait à chaudes larmes, et ça ne s’arrêtait plus. Jamais cela ne lui était arrivé, jamais quelqu’un n’avait touché aussi juste et c’était terrible pour lui. Il détestait qu’on touche à son point sensible. Sa haine étant doublée.

Par chance, des bruits de pas se firent entendre, et deux surveillants saisirent Nikki pour le séparer de Min Hee tandis que le troisième aidait ce dernier à se redresser. Pendant un moment le jeune Lee se débattit, et lorsqu’il se calma les deux hommes cessèrent de le tenir. Le coréen souffla un instant, fixant son ami qu’il avait plutôt bien amoché. Quelle horreur. Venir à en frapper son propre ami, ça allait chauffer pour eux. Il ne voulait pas que Min Hee ait des ennuies, pourtant il allait en avoir en vue de ce qu’ils avaient consommé et de l’état dans lequel on les avait trouvé. Nikki ne prit pas le temps de plus réfléchir, il attrapa le bras de Min Hee et l’entraina dans une course folle à travers les couloirs du lycée. Ils bousculèrent leurs camarades, foncèrent hors de l’enceinte, continuèrent en tournant un coup à gauche, un coup à droite. Ils ont couru longtemps, vraiment longtemps. Quand enfin il n’eut plus de force, au détour d’une ruelle. Nikki se laissa tomber à terre, et vomit. Mais comme il n’avait rien mangé, c’était liquide, à vrai dire trop liquide, du sang, c’était rouge, c’était hideux et il avait l’impression de gerber ses tripes.

Quand la machine infernale s’arrêta, il se releva difficilement en s’accrochant au mur. Quelle idée ce mélange, quelle idée d’ouvrir sa gueule Min Hee. Il était dans un piteux état. Il le ramassa même un peu, l’aida à tenir debout.

« Ca va ? »

Oui, juste ça. Il lui demandait juste si ça allait, et croyez-moi il ne le faisait pas souvent. Il lui adressa même un maigre sourire. Pour peu, il s’excuserait presque.

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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Sam 13 Nov - 0:23

J’allais loin, trop loin. Je ne cessais de me dire que je ferai mieux de me taire. Que j’étais mal placé pour juger. Je ne devais juste juger personne. Je n’en avais aucun droit. Qui étais-je pour donner des conseils ? Pour essayer de relever quelqu’un ? Qu’avais-je en plus pour m’autoriser une telle leçon de moral ? Ma vie n’avait qu’une petite année d’expérience en plus de Nikki. Rien qui ne justifie mes saintes paroles. Me sentir supérieur ? Sûrement pas. Au contraire, je m’en voulais d’être aussi jeune, d’avoir si peu d’expérience : je ne pouvais l’aider en rien. J’étais le simple spectateur passif d’une vie jeté aux orties. J’étais le simple gamin de 17 ans qui se drogue pour oublier ses problèmes familiaux et ses soucis de cœur. Nikki avait dû murir plus vite que moi après ce qu’il avait vécu. Avec ce qu’il vivait. Mais Nikki manquait cruellement d’un élément essentiel dans la vie. Nikki manquait de rêve. Au plus loin que je me souvienne, il ne m’a jamais parlé d’un seul rêve. Comme si cette notion n’existait pas chez lui. Comme si rêve faisait partit d’un autre monde. Ici, à Touljin, certaines personnes ne rêvent plus. Peut-être fait-il partit de ces personnes. Oui sûrement, cela expliquerait qu’il se drogue. Voir la vie plus belle un instant : cela serait grisant.

Si seulement je savais pourquoi tu ne pouvais pas parler. Si seulement je savais ce qui te lie la langue. Alors je comprendrais. Oui, je serai plus apte à comprendre ton comportement. On ne te prendrait plus pour un bourreau mais pour une victime. Victime d’un père. Victime d’une vie. J’avais depuis longtemps compris. J’avais vu ton visage lorsque tu frappais, déchargeant ta colère. Si parfois tu y prenais plaisir, d’autres fois, pour ceux qui observaient bien, on pouvait y voir la détresse. Mais personne ne faisait attention au bourreau, tout le monde se souciait de la victime. C’est peut-être une pensée logique, mais c’est affreux. Parce que l’on oublie qu’il y a un être souffrant sous ce masque de cruauté. Tu es habile Nikki. Si tu voulais le cacher : c’est réussi. Si tu voulais le montrer : tu as échoué. Dans tous les cas, pensais-tu vraiment que je serai resté mué durant toutes ces années ? Pensais-tu vraiment que je n’aurai jamais réagit ? J’en sais rien. Parfois je voudrais savoir ce qui te passe par la tête. Savoir exactement ce que tu penses : mais tu étais aussi insaisissable que le vent.

« Je ne peux pas parler putain ! En quelle langue faut te le dire ? » Il hurlait si fort que mes oreilles étaient sur le point de craquer mais je ne me souciais guère qu’on ne trouve. « Je n’ai pas le droit de parler, t’entends ? Je dois fermer ma gueule et tu ferais mieux de faire de même. »

Le décor autours de moi changea rapidement. D’ailleurs je n’étais plus à l’horizontale mais à la verticale. Mon corps fut propulsé au sol : lourdement, affreusement. Comme un pantin sans vie. Je le vis fondre sur moi comme un prédateur sur sa proie. Il enchaina les coups sans que je ne puisse les compter, sans que je puisse comprendre ou réagir. J’étais sonné, mais cette fois totalement. Je ne voyais plus rien, je n’entendais plus rien. Tout n’était qu’un brouhara incessant. Pourtant, de ce vacarme, je pouvais distinguer des pleures. Je ne sais pas qui pleurait. C’était peut-être Nikki comme cela pouvait être moi. Je n’en avais aucune idée, je n’arrivais même plus à évaluer les distances, je n’arrivais plus à comprendre ou j’étais ni ce qui ce passait. Les coups s’abattaient, j’encaissai. Voilà à quoi cela se résumé. Et les mains de mon ami arrêtèrent de s’abattre sur moi. Des mains vinrent m’aider à me mettre debout : je ne sais pas par quel miracle j’y arrivais. Peut être parce que mes jambes étaient intactes. Peut-être parce que je m’accrochais à l’inconnu. Lorsque la vue me revint doucement je le vis se diriger vers moi. Je n’eu pas un seul mouvement de recul : je n’avais pas peur de lui. Il était mon ami. Ok, un ami qui venait de me passer à tabac mais il serait hypocrite de dire que je ne l’ai pas cherché. Il se saisit de mon bras : contraste avec les minutes précédentes : il ne me faisait aucunement mal.

J’eu sûrement le plus de mal à courir depuis longtemps. C’était un calvaire, je manquais plusieurs fois de tomber, de me prendre les pieds dans le trottoir. Mais je le suivais : un sourire fou s’échappant de mes lèvres. Les coups et la drogue ont un effet assez étrange. Pourtant j’aimais bien courir ainsi : c’était automatique et je savais que lorsqu’il s’arrêtera : cela sera dur. Alors j’en profitais, laissant mes jambes m’emporter hors du lycée, tourner dans différentes rues pour finalement atterrir dans une espèce d’impasse à l’abris des regards. Et comme prévu, mais jambes, non mon cerveau, ne comprit pas bien comment s’arrêter. J’ai voulu ralentir mais je n’ai fait que tomber au sol. La respiration saccadé, reprenant durement mon souffle. Des étoiles tournaient au dessus de mes yeux. Et je l’entendis vomir : ça c’était inquiétant. Alors j’essayais de me mettre sur mes jambes. A genoux, je me débrouillais mais dès qu’il fallait passer sur deux jambes : là je me croutais royalement au sol. Après tout, je crois que la course relevait déjà du miracle, il ne fallait pas en demander trop. Il vint m’aider, je pense que je devais faire pitié. Pas beau à voir. Immonde même.

« Ca va ? »


« J’ai connu mieux. » Je vis son petit sourire. Je me mis à rire. « Oh Nikki, tires pas cette tête bon dieu ! Je t’ai bien cherché ! »

J’avais un petit sourire triomphant du genre : « c’est moi t’ait cherché et j’ai gagné ». Même si mon but premier n’était pas de gagner dans le jeu de la provocation. Je ne voulais juste pas qu’il se sente mal à l’aise ou autre. Manquerait plus que ça ! Non, on s’était expliqué, j’avais compris certaines choses et au final, j’ai le cœur plus léger. Je n’avais rien appris de concret mais j’espérais juste pouvoir mieux le comprendre. C’est comme si les coups que j’avais reçus étaient le prix à payer pour mieux le comprendre. Je l’acceptais avec plaisir. Posant mon regard dans le sien je m’accrochais difficilement à lui. La tête tournait trop, les jambes étaient devenues si inutiles. Je crois bien avoir râler contre le fait que mon cerveau n’était pas très « réactif ».

« T’as mon sac ? » Non il était sur mon dos : toujours. Je ne l’avais pas quitté quand j’avais sortit tout l’attirail. Ce sac en bandoulière ouf. « J’ai donc mes clefs… Tu veux bien me ramener chez moi ? Non en faite t’as pas le choix : ramènes-moi chez moi. On se fait une bouf’ ce soir y’a pas ma mère. »

C’était un ordre oui. J’étais juste pas en état de rester dehors et pas en état de rentrer seul chez moi. Et puis autant profiter d’avoir la maison que pour moi, on pourra passer la soirée ensemble. Pour faire quoi ? A n’anticipez pas la soirée ! Si déjà il veut bien réparer ma face, je serai contant de commander de la bouf chinoise ou autres pour la soirée. Et c’est moi qui offre. Ainsi, après avoir goûté à l’enfer, l’Ange attristé offrir le gîte et le couvert pour la nuit au Diable.
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MessageSujet: Re: another day {with Min Hee.   Sam 13 Nov - 0:59

another day


On voit qu'un ami est sûr quand notre situation ne l'est pas.
[Cicéron]


C’était écœurant, tout ce rouge qui sortait de sa bouche pour s’échouer sur le sol. Sa belle chemise eut droit à quelques éclaboussures. Dommage, c’était l’une de ses préférés. Nikki gardait son calme malgré tout ce qu’il était en train de dégobiller. Il vomissait souvent à cause de la drogue, de l’alcool, enfin vous voyez. Mais c’était bien la première fois qu’il voyait son propre sang quitter son corps de cette manière. D’ailleurs, il sentit sa tête tourner un peu, et c’était vraiment affreux cette sensation en fait. Il toussota encore un peu et quelques dernières gouttes glissèrent sur son menton. Il appuya sa main à côté de la marre rouge qu’il avait crée et ferma les yeux tentant de tout mettre au clair dans son esprit.

Il venait de consommer Golden Dreams et cocaïne (dont les effets n‘étaient pas encore totalement dissipés), de frapper son unique ami avec violence, de fuir les surveillants du lycée et de vomir ses trippes. Voilà le bref résumé de sa situation mais aussi de celle de Min Hee, d’ailleurs, où était-il celui-là. Avec grand difficulté, Nikki se releva, s’accrochant au mur en brique devant lui, il évita de mettre son pied dans la bouillasse rouge et chercha son ami qui n’était en fait qu’à quelques mètres de lui en bien pire état. Mais qu’est-ce qu’il avait fait ? Comment avait-il seulement pu le frapper de cette manière ? Oh, souvent on doutait de la présence d’un cœur chez le jeune Lee, mais voici la preuve que oui, il en avait bien un. Après tout il ne pouvait pas rester de glace devant un tel spectacle. Ce jeune garçon était tout de même le seul à l’avoir accepté au lycée, le seul à trainer avec le lui, le premier de son âge à avoir essayer de le résonner, l‘un des seuls à avoir essayer en fait. Et même si il s’y était très mal pris, même si ses paroles n’avaient pas changé grand-chose voir rien du tout chez Nikki, il était tout de même un peu touché par son geste. Mais ça, il ne l’admettra jamais.

Nikki se rapprocha de lui, et l’aida du mieux qu’il put à se relever. Ce qui n’était pas évident puisque lui-même avait encore du mal à tenir debout. Qu’ils soient encore en vie tous les deux relevaient du miracle. « J’ai connu mieux. » En l’entendant rire, Nikki fut un peu soulagé. Heureusement qu’il en riait parce que finalement il tenait pas mal à ce mec là, et les journées au lycée auraient été bien tristes sans lui. « Oh Nikki, tires pas cette tête bon dieu ! Je t’ai bien cherché ! »

« Oh ça oui, tu aurais pris un allé-simple direct pour l’hôpital. »

Oui, si on ne les avait pas surpris, si on ne l’avait pas arrêté il l’aurait sans doute envoyé aux urgences. Heureusement leur petite course à travers la ville avait réussis à vider son esprit de toute la haine qui avait explosé, c’était pour cette raison qu’il avait réussis à courir aussi vite et aussi longtemps. Nikki le retenait du mieux qu’il pouvait afin qu’il ne s’écroule pas, et de son côté il faisait tout pour que son cerveau reprenne un peu plus d’activité. Il n’avait pas vraiment envie de côtoyer le sol une nouvelle fois surtout que c‘était bien dégueulasse ici. « T’as mon sac ? » Nikki leva un sourcil avant de faire un signe de tête. Il l’avait sur son dos son sac, il se payait de sa tête ou quoi ? Enfin bon, là n’était pas le plus important. « J’ai donc mes clefs… Tu veux bien me ramener chez moi ? Non en faite t’as pas le choix : ramènes-moi chez moi. On se fait une bouf’ ce soir y’a pas ma mère. » Le jeune Lee réfléchit un instant, il acceptait rarement d’aller chez les autres, mais là il devait bien ça à son ami. Oui, il pouvait réellement et sincèrement l’appeler ainsi après ce qu’il venait de se passer. Ce n’est pas tout le monde qui aurait encaissé ses coups pour en savoir plus sur le mystère qui l’entoure.

« C’est bien parce que c’est toi. »

Et il lui sourit. Mais avec un vrai sourire pour une fois. Il prit son bras et le passa autour de ses propres épaules avant de mettre le sien autour des siennes. Ils allaient prendre du temps à rentrer chez le jeune Kim. Qu’importe, cela leur permettrait de redescendre un peu et d’aérer leurs cerveaux. Ce devait être un drôle de tableau pour les habitants de la ville. Deux pauvres adolescents, l’un avec une chemise blanche tachée, l’autre sacrément amoché. Nikki espérait que personne n’aurait l’idée d’appeler la police, sinon ils risqueraient d’avoir quelques soucies.


(Tu continues chez le jeune Kim où désires-tu en finir là ? :3)
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