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 C'est l'heure où tous les chats sont gris. (w/ K. Watanabe)

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MessageSujet: C'est l'heure où tous les chats sont gris. (w/ K. Watanabe)   Sam 10 Juil - 1:19

    Définitions.

    Le squat est polymorphe : il peut héberger une personne seule comme plusieurs dizaines, dans un petit appartement du centre-ville comme dans une friche industrielle de banlieue. Les conditions d’habitat y sont très variées, de l’insalubrité totale à un confort comparable à celui d’un logement « moyen » (eau et électricité, chauffage, espace suffisant, isolation...). Les habitants des squats sont divers : jeunes fugueurs refusant d’intégrer un foyer, artistes sans atelier, « routards » de passage, Tsiganes privés d’aires d’accueil, toxicomanes sans domicile fixe, militants de la cause libertaire...
    Le terme « squatteur » désigne une personne sans logement qui s’installe illégalement dans un local inoccupé. Etre squatteur n’est pas un état : c’est une situation. Pour une grande majorité de squatteurs, l’occupation s’inscrit donc dans un parcours résidentiel marqué par la précarité. C'est pourquoi beaucoup de squats prévoient un espace explicitement dédié à l'hébergement des gens de passage : le sleep'in.


Indéniablement, c’était un squat ; et Carol était, indéniablement, un squatteur, ou une squatteuse, plutôt.
C’était probablement un ancien hangar, ou un ancien atelier. Pas immense, mais pas petit non plus. Une grande pièce, principale. Le « sleep’in », s’il faut coller à la définition. Lieu de passages multiples, le sol jonché de cadavres de bouteilles, de seringues, cachets, débris en tout genre. Illuminé seulement par le jour et par deux trois néons jaunâtres qui clignotaient en permanence de manière désagréable, avec un bruit de fond tout aussi désagréable que leur petit on-off-on-off incessant.
A côté de la grande ‘pièce’, plusieurs petites. Trois ou quatre, quatre ou cinq, cinq ou six. Un partage des pièces s’était opéré quelques années auparavant, quand le local avait été investi pour la première fois. Certains laissaient, ou avaient laissé en quittant le lieu, ‘leur’ pièce ouverte, abandonnée ; et celles-là avaient fini par prendre la même apparence que la pièce centrale. D’autres avaient mis un verrou solide et protégeaient leur clé plus que leurs propres vies.
Carol était de ceux-là. Elle avait débarqué à Tôkyô avec ses derniers centimes, et plutôt que de chercher un travail, contraignant, inutile, et où elle savait pertinemment qu’elle finirait par partir en hurlant ‘allez tous vous faire foutre’, ou quelque chose de tout aussi peu gracieux, elle avait plutôt cherché quelque chose, quelque part. Un endroit où se poser, soit une bonne fois pour toutes, soit pour passer le temps en attendant la fin. Erra, sans but, au milieu d’avenues, rues, ruelles, impasses. D’un quartier, à un autre, à un autre, à un autre. Des heures, la pluie, le vent, le peuple. La soif, envie dévorante. Le rêve d’une cigarette, d’un cigare. Le refus froid, le regard dégoûté, effrayé, impassible, au choix. Comme en grande surface. Au choix.
Et puis elle était tombée là. Au hasard de ses pas, comme ça, comme ça. S’installe. Le silence, confortable, les clodos qui ne demandent pas d’où viennent les nouveaux, qui proposent à boire, font un peu de place pour s’installer. Pas de jeunes en phase, ce soir là. C’était curieux, d’ailleurs. Et de fil en aiguille, elle avait fini par obtenir une clé d’un vieil expatrié british, tellement british que c’en était stéréotypé. Qui buvait son scotch en fumant la pipe, et qui avait décidé qu’il était temps pour lui de partir, avec ses chaussures en cuir montantes et son accent. Et elle s’était installé, avait fini le tabac et le scotch, récupéré le haut de forme déchiré, avait rassemblé ses ‘affaires’ dans la pièce.
Et trois, quatre ans plus tard, elle était encore assise sur le sol du sleep’in, devant sa porte ; la bouteille de whiskey à la main, le cigare au coin de la bouche (jamais de whiskey sans cigare, c’est bien connu) et le haut de forme déchiré sur la tête.
C’était curieux, quand même. Pas de jeunes en phase, ce soir là non plus. Pas grand monde, en fait. Elle avait vu partir les vieux clodos installés là, soit pour toujours, soit pour ailleurs. Arriver pas mal d’anarcos pour un projet politique grandiose, partir. Des junkies, toujours plus. Venus pendant un trip, terminer en bad, repartir au matin, salement amochés. Revenir, rester un peu, repartir. Ces gens là ne restaient jamais bien longtemps.
Nostalgie, nostalgie. Il était tard, il était tôt. Il était entre les deux. Le bruit continuel des rues, si agitées, toujours, s’affaissait. Il était tôt. La vie nocturne commençait à se retirer, doucement, au travers des ténèbres qui puent. Il était tard. La nuit avait sommeil.
Carol leva les yeux –au ciel les nuages blancs dans le bleu défait– ; au plafond métallique, rouillé, sale. Soupir. Silence, doucement. Ferme les yeux ; c’est là qu’il faut dormir, pile à ce moment, entre la nuit, le jour, entre les deux, entre l’instant, c’est là qu’il faut partir.

Et soudain, un bruit. Brusque. De verre brisé qui traîne, de métal qui traîne, peu importe : un bruit grinçant. Un intrus au silence.
Levant les yeux, fatigués. Les lèvres pincées, elle rallume le cigare, soupire. Guette le nouveau venu qui n’a pas compris que cette heure-ci est réservée aux morts ou aux aveugles.



(mouaip, j'avoue être assez nulle pour commencer les sujets, j'avais prévenu hain. :D. Mais bon, pu faire une description du lieu au moins. Au moins ; c'est déjà ça~. )
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MessageSujet: Re: C'est l'heure où tous les chats sont gris. (w/ K. Watanabe)   Sam 7 Aoû - 22:14

Spoiler:
 

Il faisait diablement froid, ce soir. Ou alors, c'était encore Katsutomo qui avait une chute de tension, ce qui n'était pas une hypothèse à écarter en soit. Ce qui voulait également dire qu'il était plutôt mal barré, et qu'il avait plutôt intérêt à trouver un endroit ou se poser avant de s'écrouler comme une grosse merde en plein milieu de la nuit... Non pas que les environs soient très peuplés à cette heure de la soirée -non de la nuit serait plus convenable en fait- mais il pensait avoir encore suffisamment de dignité pour ne pas rester amorphe en plein milieu de la rue, ce qui était une plutôt bonne nouvelle, prise toute seule.
Il s'emmerdait, aussi... Chose qui arrivait il fallait bien le dire, relativement souvent, mais qui était assez fâcheux, une fois que ça nous tombait dessus. La journée n'avait pas été spécialement terrible, sans être insupportable non plus, et le soir semblait se placer dans la lignée chiantissime du reste. Il voulait bien avouer avoir perdu une partie de ses notions d'ordre logique, mais il n'avait pas vraiment l'impression de faire autre chose que stagner dans un ennui latent, entouré de drogue et d'échec persistant, sans arriver à produire quelque chose de concret ou de correct. Et puis, l'argent manquait un peu, à vrai dire... Si ça continuait comme ça, il ne lui resterait plus qu'à se prostituer, ce qu'il aurait aimé ne pas commencer à envisager sous cet angle-là. Mais puisqu'on en était aux réflexions foireuses, pourquoi pas après tout? Il lâcha un soupir lourd, avant de commencer à songer à ce qu'il allait faire du reste de sa soirée... Très peu d'options s'offraient à lui pour le moment, au point ou il en était... Il pouvait toujours aller voir Shinichi, et lui demander un peu de ravitaillement, mais en ce moment, il ne roulait pas des masses sur l'or, donc l'option était à proscrire, du moins pour les temps à venir... Et puis, il lui restait bien de quoi tenir encore un peu, alors à quoi bon acheter encore? Et puis, il devait bien avouer qu'il préférait éviter d'aller au parc habituel dans la limite du possible, même si son meilleur s'y trouvait... Il n'avait jamais aimé la pègre ambiante, et préférait dans la limite du possible éviter d'y être confronté... Lâcheté? Pas vraiment, même si ça s'en approchait beaucoup. Non, en fait, c'était plus de la peur de se retrouver face à lui-même qu'autre chose. Car, qu'il le veuille ou non, il commençait à se fondre dans cette catégorie de personnes. C'était immonde à s'avouer, mais c'était comme ça. Il n'était plus qu'une merde parmi les merdes, et encore, il se savait capable de descendre plus bas... C'était dire.

Ses réflexions inutiles l'avaient porté un peu plus loin qu'il ne l'avait imaginé, et fait était que maintenant, il pouvait en toute honnêteté s'avouer.... Complètement perdu. Il ne reconnaissait absolument rien, ce qui était vaguement fâcheux, à vrai dire. C'était fou ça, il découvrait de nouveaux lieux rien que par la force de sa connerie centrifuge qui... Arrêtons les conneries là. Pour le moment, il avait plutôt intérêt à se repérer assez vite, s'il ne voulait pas se prendre quelque chose de plus désagréable sur le coin de la gueule. Il regarda un peu autour de lui, essayant de jauger les lieux. Visiblement, il n'y avait pas grand monde dans les parages. Les maisons semblaient pour la plupart soit abandonnées et complètement closes, soit trop insalubres pour que quelqu'un se risque à entrer faire un brin de visite des lieux. Ça devait être rempli de squatteurs... Peut-être que quelqu'un là dedans serait prêt à lui dire un peu ou il se trouvait, et à l'aider, qui sait? A ce train-là, il savait qu'il se sentait capable de demander de l'aide à n'importe qui, même si ce n'importe qui en question se pointait avec un club de golf ensanglanté à la main...Il avança encore un petit peu, et se retrouva devant ce qui semblait être un squat en bonne et due forme. Oui, visiblement, cela était habité. Katsu grimaça légèrement. Maintenant, ça allait être pile ou face. Il avait le choix... Soit il tombait sur une bande de connards finis qui allaient lui faire regretter sa trop grande confiance en les gens, soit il tomberait sur quelqu'un d'assez sympa pour lui indiquer ou il se trouvait, voire taper un brin de causette, s'il n'était pas déjà au bord du coma éthylique. Il prit donc son courage à deux mains, évitant de penser à ce qu'il pourrait éventuellement trouver... Et entra, en silence, et sans autre forme de procès.

Enfin, en silence, c'était vite dit... Doué comme il était, il avait trouvé le moyen de se prendre le pied dans ce qui semblait être un ustensile difficile à identifier, et avait de ce fait dût réveiller les potentiels habitants des lieux. Malin, tiens. Il pesta contre l'incriminé (en faisant abstraction du fait qu'il y était sérieusement pour quelque chose, d'un autre coté) et tendit l'oreille. Pas de bruit de cavalcade, c'était déjà un début. Il se décida à monter les escaliers, qui avaient une étonnante bonne mine par rapport à l'état général des lieux. Il monta donc, pour déboucher sur une grande pièce entourée de portes, avec, au milieu de tout ça.... Une fille. Loin du portrait de l'ivrogne barbu ou du jeune con raide défoncé, elle réussi presque à surprendre le gamin, qui resta con sans trop savoir que faire un bon moment, avant de se racler timidement la gorge...

''Salut... Je suis désolé de vous déranger, mais je me suis perdu, et.... J'aimerais au moins savoir ou je suis...''

Soupir. Entrée en matière merdique s'il en était, mais le môme n'avait rien trouvé de mieux à faire ou à dire dans le cas présent. Si ce n'était pas malheureux, tout ça...
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