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 Straight from the heart of my misery [Kahei]

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MessageSujet: Straight from the heart of my misery [Kahei]   Ven 25 Juin - 7:09

La nuit est déjà tombée sur Tokyo . Je ne ppeux pas me résoudre à rentrer chez moi , pas maintenant . Il fait froid mais j'ai chaud dans mon manteau d'hiver ; nous sommes au Printemps mais j'ai froid , toute l'année , peu importe la température . Je viens de sortir du travail et comme à mon habitude j'ai pris une petite dose de crystal meth. Je n'en ai pas nécessairement besoin mais je pense que je deviens accro ça ce truc . C'est triste parce qu'à cause de ça , j'arrive à me perdre dans ma propre tête . J'ai l'impression de me noyer , d'étouffer , de patauger et de ne pas pouvoir me dégager de ce qui m'endigue et m'éreinte encore plus . J'ai toujours l'air fatigué mais cette drogue ne fait que renforcé cette effet . Je suis une sorte de pantin flegmatique vivant . Au moins je suis quelque chose . J'ai l'impression de n'être qu'une enveloppe vide ... non , je suis une enveloppe vide à l'intérieur . C'est mon corps qui marche mais mon cerveau s'est désagrégé . Et c'est quand je suis sur la route que je m'aperçois que je ne suis plus sur le trottoir . J'y remonte , je trébuche , je m'étale sur le bitume . Je n'ai même pas mal , je ne ressens absolument rien . Est-ce pour ça que je n'ai pas l'air humain ? Parce que j'ai sans cesse l'air de ne rien ressentir ? Je le sais , on me l'a souvent dit mais je préfère ne pas y croire et penser que les gens sont fous ... moi je vais bien , c'est les autres qui me veulent sans arrêt du mal . Oh mais je suis à terre .. j'avais oublié . Je me relève . La nuit est vraiment effrayante , j'ai l'impression qu'on me suit alors que les gens ne font même pas attention à moi , ils n'ont même pas regardé quand je suis tombé . Suis-je transparent à ce point ? Je me contredis je sais ... mais c'est là le propre de l'être humain , vouloir tout et son contraire ; vouloir se faire remarquer et disparaître en même temps . Ca montre que je suis vivant , aussi vivant que n'importe qui ,même si je ressemble à un zombie .

On flane , on flaire ... on flaire la flamme singulière


A nouveau mes jambes me portent. Est-ce que je dois rentré chez moi maintenant ? Je me sens bien dehors , même si j'ai froid . Il y a cette sensation de bien être qui m'envahit : un effet du crystal meth . J'ai l'impression d'être à la merci d'une puissance supérieur que je ne peux contrôler , je crois que c'est ce qu'on appelle être toxicomane mais je ne préfère pas penser à ça . Si j'y pense , je vais vouloir sortir et sortir c'est souffrir . Essayer d'arrêter la drogue c'est pire que tout . J'ai déjà essayé d'arrêter l'héroïne . Je me suis enfermé une nuit sans aucune dose à porter de main chez moi . J'aurais pu mourir .. mourir pour la dope . C'est comme vous retirer un membre vital , savoir qu'il est proche , que vous pouvez l'avoir mais vous ne pouvez pas l'atteindre . C'est horrible . J'en ai craché mes tripes , j'ai sué par tous les pores de ma peau , j'avais l'impression que ma tête allait exploser . Non , plus jamais je n'essaierais d'arrêter la dope même si j'en crève un jour .
L'arrêt de bus n'est plus très loin , j'y suis presque; non , j'suis suis ! Il y a un lampadaire qui éclaire juste le stop car de ce côté là de la ville , il y a peu de lumière , les rues sont sombres et peu fréquentés mais les bus continuent de passer à intervalles régulières . Il n'y a personne d'autre que moi ici , je m'assois et ferme les yeux . Des tas de petits cellules colorés , comme des vaisseaux sanguins qui explosent apparaissent devant mes yeux . Je les plisse de plus en plus fort et ce phénomène s'amplifie quand je relâche mes muscles oculaires : c'est comme une télé mal réglé . Je les ouvre et je ne vois rien pendant une fraction de seconde jusqu'à que le paysage réapparaisse , intact , sans aucune différence . Je lève la tête et regarde les affichages : je me suis trompé d'arrêt de bus . A nouveau mes jambes me portent mais soudainement mon estomac commence à m'appeler . Il y a une épicerie sur le trottoir d'en face . Je traverse la route en manquant de me faire écraser et me fait insulter . Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'on s'adresse toujours à moi en hurlant ou en m'insultant ? Pourquoi j'ai l'impression qu'on en veut qu'à moi ? De toute manière le fait que je sois paranoïaque ne veut pas dire que personne ne me poursuit . J'ai toujours été plus ou moins ainsi mais j'avoue que la drogue n'arrange pas mon cas , elle n'arrange le cas de personne , elle transcende , c'est bien mieux .

-Bon..jour

Je n'ai pas l'impression que ma voix soit basse pourtant il n'a pas l'air de m'avoir entendu . Bizarre , j'ai pourtant cru avoir crié . On dirait que les rayons du magasin font 2km , ça me fait tourner la tête alors je prend le premier sachet de gâteaux qui passe , une cannette et je me dirige vers la caisse . Le gars me regarde bizarrement comme si j'avais quelque chose sur le visage et moi je baisse la tête . Je n'aime pas qu'on me regarde de la sorte et moi je ne regarde jamais les gens dans les yeux . Je le salue poliment tout de même .

-Vous ...des cigarettes ..vous vendez des cigarettes ?

Je ne sais pas pourquoi je pose la question , je vois pourtant bien les l'étalages de paquets qui se trouve juste derrière lui . En plus ma voix a tremblé . Pourquoi est-ce que je suis si pitoyable ? Il ne prend même pas la peine de me répondre , je le comprends , il doit me prendre pour un dingue . Je me demande si ça se voit que je suis sous l'emprise de substances illicites . Mes yeux doivent être rouge alors il a sûrement dû le déceler .

-Je voudrais un paquet de .......de Seven Stars , s'il vous plaît . J'ai de la monnaie , je peux vous payez avec de la monnaie ? Sinon ça va rester et je ne saurais pas qu .. quoi faire avec mais j'ai le bus à payer après alors .. peut-être que je devrais vous donnez un billet .. oui ... oui .. un billet ce sera mieux ...

Epicier - La ferme et donne moi ce foutu billet , c'est pas croyable ça !

Il posa violemment le paquet devant moi . Qu'est-ce que j'avais fait pour mériter une telle agressivité . Je ne répondis rien ne voulant pas qu'il s'énerve encore plus contre moi . Malgré ma taille , j'ai peur des autres , de ce qu'ils sont capables de faire . Ca n'a rien avoir avec la corpulence , la violence ne vient pas forcément de quelqu'un de grand et de fort , la violence n'est même pas toujours physique .Alors mieux vaut se méfier de ce qu'on ne connait pas . Je pris mon sachet et quittais le magasin en disant poliment au revoir mais n'entendit aucune réponse . A nouveau le froid vint lacérer mon visage , mes mains , mon cou . Je n'y fit guère attention et sortit mon paquet de Seven Stars puis m'en allumait une avant de le ranger dans ma poche . La fumée vint se perdre dans les méandres de ma gorge jusqu'à mes poumons . Je toussais . Elles avaient vraiment un goût infecte ces cigarettes mais je ne cessais d'en acheter pour une raison débile. C'était juste une habitude et puis surtout ... la première personne avec qui j'avais couché fumait ces cigarettes . Lamentable , hein ? Je le sais très bien mais je ne peux pas m'empêcher de penser , de rêver qu'il m'a aimé , ne serait-ce qu'une seule seconde . Ca me réconforte de penser ainsi . Il faut bien que je comble mon manque comme je le peux , non ? Des fois en observant les gens dans la rue , je m'imagine les connaître , leur parler . Je nous imagine une histoire , une amitié , une relation amoureuse même parfois . Puis je nous invente une fin , triste de préférence et je passe à autre chose , à d'autres personnes , à d'autres aventures . Il me faut bien au moins ça pour ne pas tourner complètement taré à cause de la solitude . Heureusement que j'ai mon travail , même si je ne suis pas très apprécié de mes collègues , au moins ils sont là , ils me construisent une ébauche de vie sociale . La solitude c'est ce qu'il y a de pire au monde . C'est une aliénation , ça vous enferme et c'est dur d'en sortir , comme la drogue . Sauf que la drogue engendre la solitude , c'est un cercle vicieux . Il faudrait que je trouve des gens comme moi , des paumés qui ne savent pas trop ce qu'ils font là non plus , ni pourquoi ils sont là . J'admets sans complexe être ce genre de personne . Après tout , on ne choisis pas ce que l'on est mais on devient ce que l'on aspire à être... si l'ont possède un tant soit peu de volonté . J'ai eu la volonté de n'être rien , je suis devenu rien . Pourquoi ne pas vivre sans but ? Ca laisse la place à l'imprévu , l'aventure . Je préfère meubler une vie vide plutôt que de passer mon temps à déplacer les meubles en me trompant sans arrêt d'emplacement et recommencer éternellement .


On gagne , on perd ... on la perd on la gagne : La superbe.

Cette fois je l'apercevais de loin , en pleine avenue , mon arrêt était là . Et le bus aussi d'ailleurs . Je me mis à courir comme un dérater pour ne pas le manquer . Je ne voulais pas attendre une seconde dans le froid , je voulais juste me retrouver au chaud dans mon canapé , devant ma télé . Heureusement que j'avais de grandes jambes . J'ai pu l'atteindre juste avant qu'il ne démarre . Il n'y avait que 4 personnes dans le bus . Je pris une place au fond , à l'écart . J'ouvris mon paquet de gâteaux et commençais à me nourrir en regardant par la fenêtre les lumières qui défilaient dans un énorme bordel de couleurs . Les larmes se mirent à couler d'elles-même , sans prévenir . Encore un effets des stupéfiants ? Non ... juste de la tristesse . Pourquoi ? Je ne sais pas , j'ai bien le droit de pleurer moi aussi . Je me l'interdis tout le temps mais là , il fallait que je les laisse s'échapper un instant . Et oui je pouvais passer du stade de bien être au stade de déprime en une fraction de seconde . Dans ces moments là , j'aurais vraiment aimé avoir quelqu'un auprès de moi , qui me serrerait dans ses bras en me disant que tout irait bien et que je n'étais pas seul mais j'étais SEUL , terriblement seul , à en crever... et c'est ça qui me rendait triste . Crever ? Mieux valait écarter cette option , je ne pouvais pas faire une telle chose à mes parents qui s'étaient pliés en quatre pour faire de moi un garçon heureux .. J'apparaissais comme un fils bien ingrat à présent . C'était comme les trahir que de ne pas être heureux alors je faisais semblant devant eux pour ne pas les heurter . Ils sont tous ce que j'ai , comment pourrais-je vouloir les heurter . S'ils n'étaient pas là , voilà bien longtemps que je serais mort et enterré . Mes larmes me brûlait ma peau glacée par le froid . Je fermais les yeux pour ne plus voir les lumières incandescentes qui défilaient devant mes yeux . Serrant mon paquet de gâteaux contre moi , je laissait tombé ma tête contre la vitre en me chantant une chanson intérieurement .

I don't want what you want , I don't feel what you feel .
See I'm stuck in a city but I belong in a field .
And we got lef left left left left left .
Now It's three in the morning and you're eating alone .
Oh the heart beats in its cage ...


D'ailleurs , quelle heure était-il ? Je séchais mes larmes , ouvris mes yeux et jetais un coup d'œil à ma montre . 22h10 . Je refermais les yeux et sans m'en rendre compte , me laissais happé par le sommeil .
Lorsque je rouvris les yeux je n'avais aucune idée e là où je me trouvais . J'avais raté mon arrêt et il n'y avait plus personne dans le bus . Décidément , j'étais vraiment le boulet numéro 1 de Tokyo . J'appuyais sur le bouton d'arrêt et descendis au suivant . Il n'y avait rien dans cette partie là de la ville , pas un chat à l'horizon . Je ne savais même pas comment rentré chez moi .. en fait je n'en a avais pas la moindre envie . Quitte à être pitoyable , autant l'être jusqu'au bout . Je marchais au hasard dans les rues , sans but . Où est-ce que j'allais dormir dans ce cas ? Je m'allumais une autre cigarette pour m'aider à réfléchir mais ça ne m'aida pas , ça m'enfuma l'esprit même . Je la jettais et elle atterrit quelque part comme je vais bientôt atterrir moi-même quelque part dans Tokyo .Je vis un bouche de métro non loin de là . Pourquoi pas après tout ? Je ne pouvais pas tomber plus bas . Je m'engouffrais à l'intérieur . Et maintenant ? Je levais la tête pour chercher le panneau "toilettes" et suivis les indications afin d'y arriver . Je m'enfermais dans l'une des cabines , posais mon sac en plastique à terre et me laissait glisser contre le mur . Alors voilà à quoi j'étais réduit ? Dormir dans les toilettes du métro ? Bof après tout ce n'était pas comme si mon existence avait une quelconque valeur alors autant la ruiner et m'humilier . J'avais une furieuse envie de parler . Depuis tout petit , comme je n'avais pas vraiment d'amis j'avais prit l'habitude de me parler à moi-même . C'était vraiment libérateur . Ainsi je pouvais laisser aller toutes mes angoisses , mes peurs , mes émotions sans risque de jugement .

- J'ai bien de la chance qu'il n'y ait pas de sales odeurs sinon je ne sais pas comment je ferais pour dormir ici . Heureusement que c'est propre aussi .. j'aime pas la saleté , ça me fou mal à l'aise , ça me donne la nausée . Je ne comprend pas que certaines personnes puissent vivre dans la saleté . Rrrr ça me répugne ... Bon , dans quelle position vais-je dormir ? Ca va être difficile , c'est un peu petit tout de même , j'aurais dû aller dans les toilettes pour handicapés . Oh seigneur , qu'est-ce que je fiche là ? J'aurais très bien pu rentré chez moi mais il a fallu que je termine ici ! Je suis bizarre . Des fois je me demande ce que j'ai dans la tête . Mais personne ne m'en empêche alors autant le faire , je pourrais raconter ça à mes petits enfants et modifier un peu la version en changeant le contexte et en disant que j'ai vécu le calvaire ..

Je me mis à rire tout seul sans savoir trop pourquoi quand on frappa à la porte de ma cabine de toilettes . Je me levais brusquement , prêt à ouvrir .



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MessageSujet: Re: Straight from the heart of my misery [Kahei]   Lun 28 Juin - 15:03

Même si l’on s’efforce à rendre notre vie particulière, il y aura toujours de la routine. Métro, boulot, dodo... Il n’y a que ces moments où l’on se fait réellement plaisir qui sont finalement uniques, mais aussi tout à fait éphémères. Dans le fond, même si Kahei avait eu une jeunesse plus ou moins mouvementée, sa vie restait parmi les plus banales. Il n’était pas le seul enfant au monde à avoir perdu ses parents, et il n’avait pas non plus été le seul à être haït par quelqu’un, ni même le seul adolescent à avoir fait des conneries. Aujourd’hui encore il était loin d’être le seul homme à avoir réussi à ouvrir son propre salon de coiffure. Sa vie était parfaitement ordinaire, pour autant elle lui convenait ainsi. Au moins il avait sa tranquillité lorsqu’il le souhaitait, pas comme ces supers stars qu’il voyait à la télé et qui étaient harcelées jusqu’à la fenêtre de leur hôtel. Une vie de célébrité, c’est moins banale que celle de Kahei, mais ça doit être terriblement fatigant. Finalement, faire partie des petites fourmis ouvrières de Tokyo n’était pas si mauvais.

À 20h, Kahei fermait son salon de coiffure. En tant que patron, il était obligé de fermer boutique lui-même et de partir en dernier. Heureusement il n’avait qu’un employé, et celui-ci n’était pas du genre à être retardataire et à traîner avant de s’en aller. Kahei adorait son travail, mais quelques fois il se sentait tout de même un peu lasse. Il y a des moments dans la vie où l’on se sent totalement vide et où l’on a besoin d’être seul, et c’était dans ces instants précis qu’il s’impatientait de quitter son travail pour rentrer chez lui, ces fameux instants où étrangement, on n’aimerait ne plus rien faire car en réalité on ne sait plus quoi faire. Justement, ce jour-là Kahei s’était senti dans ce terrible état, et à l’heure où sa pause de midi s’était achevée, il avait déjà commencé à désirer abandonner le salon au plus vite. Certes, en tant que patron encore une fois, il se devait d’y rester jusqu’à la fin de la journée. Tout un après-midi à sourire et à accueillir chaleureusement les clients alors qu’intérieurement, il aurait juste souhaité qu’on lui foute la paix. Heureusement qu’au travail Kahei était capable de rester tout à fait calme et agréable quelque soit son humeur. Après tout, pour que les gens restent chez vous, il faut bien les traiter.

20h06, Kahei observe son employé qui enfile son manteau et quitte le salon en le saluant pour lui dire au revoir. Il le salue à son tour et vérifie que tout est bien comme il faut dans le salon avant de s’en aller lui aussi. Toutes les chutes de cheveux au sol ont été balayées, le matériel a été convenablement rangé à sa place, les blouses propres sont toutes pendues dans l’armoire, la caisse a été vidée. Oui, visiblement tout est en ordre. Kahei souffle. Ça y’est, il est libre. Quoique... Avant de rentrer chez lui, il va encore falloir qu’il prenne le métro puisque là où on trouve des commerces, les appartements sont toujours plus chers, et Kahei n’a pas les moyens de se payer un logement près de son salon. Parce que contrairement à ce qu’on dit, la vie ce n’est pas métro, boulot, dodo, c’est plutôt métro, boulot, métro, dodo. Ces satanées boîtes à hommes où s’entassent tous les petits nippons, et où durant les heures de pointe on étouffe entre tout le monde et qu’on ne souhaite plus qu’une chose : respirer. En espérant qu’il n’y ait pas trop de monde dans le métro aujourd’hui.

Traînant un peu du pied, Kahei prend la rue et marche d’un pas lent jusqu’à la bouche de métro. Il descend les escaliers et se dirige vers ce panneau qu’il connaît par cœur mais qu’il a l’habitude de scruter avant d’aller sur la voie, alors qu’il connaît déjà la direction qu’il doit prendre. Il continue son chemin, puis une fois à destination, observe le quai. Bonne nouvelle, il n’y a que deux pauvres types qui se tournent les pouces en attendant le prochain métro. Kahei les examine avec un petit sourire sarcastique aux lèvres. L’un semble être un homme d’affaire, avec son superbe costard et sa belle valise noire. Il a l’air de la caricature parfaite du salary man, avec ses cheveux bien coiffés, ses lunettes et son air sérieux. Ce doit être le genre de type qui fait un boulot qu’il n’aime même pas, mais qui ne peut pas faire autrement pour subsister ici bas. L’autre est plus jeune et il a l’air décontracté. Pantalon large, bonnet, il est affalé contre le mur. C’est certainement un gosse qui va rejoindre ses amis pour se faire une petite virée nocturne dans la capitale. Les soirées en-dehors de chez soi, c’est courant de nos jours chez les adolescents. Les rails se mettent à trembler, ça y’est, le métro arrive. Il ralenti puis s’arrête, et les portières s’ouvrent. Ah, c’est bien dommage, contrairement au quai, le métro est bondé. Kahei pénètre à l’intérieur et se faufile entre les gens pour se faire une minuscule place. Heureusement il n’a que deux arrêts avant d’arriver dans son quartier.

Huit minutes plus tard, Kahei descend du métro. Soulagement. Il n’aime déjà pas beaucoup la foule, mais alors se retrouver en plein milieu de celle-ci est loin d’être une partie de plaisir. En plus il y a toujours des gens qui empestent la sueur, histoire d’empirer les choses. Il lâche un soupire, comme s’il venait brusquement de se sentir bien. À vrai dire, maintenant qu’il peut pleinement respirer après quelques minutes tassé entre tout le monde comme une sardine dans une boîte, il ne peut pas sentir autrement que bien. Kahei glisse ses mains dans ses poches et remonte dans la rue. Quelques pas et il est au pied de son appartement. Les environs étaient tout à fait calmes, mais ce quartier n’est pas très fréquenté. Ici il n’y a que des habitations, alors les gens ne traînent pas beaucoup. Kahei pénètre dans le bâtiment puis monte les marches. Enfin il atteint son petit chez-soi. En rentrant, il jette son manteau sur le canapé qui se trouve près de la porte, puis retire ses chaussures. Il sort un verre, se sert un peu d’eau et boit. Un instant de silence. Kahei ferme les yeux. Il aime ces moments où le bruit se fait si absent qu’il arrive même à s’entendre respirer. Il profite. Ce que c’est bon. Ouvrant de nouveau ses yeux, il repose son verre sur la petite table, puis va s’installer dans son canapé où il s’allonge, posant sa tête sur l’accoudoir avant de mettre son avant-bras sur son front. Après seulement quelques minutes dans cette position, Kahei s’endort.

Après une petite heure de sieste, notre homme se réveille. Il se frotte les yeux et se redresse avec un peu de difficulté. Il scrute machinalement son appartement. Tout va bien, rien n’a changé ici. Un bâillement, un étirement, et il se relève maladroitement. Ce n’est pas évident de se dresser sur ses deux jambes après une petite sieste. Il se gratte la tête et se met à ronchonner tout seul dans sa moustache. Comme d’habitude, l’accoudoir du canapé n’est pas des plus confortables, et il a donc un peu mal à l’arrière de la nuque. Tant pis, la douleur s’estompera certainement vite. Kahei a l’impression d’avoir chaud. C’est plutôt habituel au réveil, mais il faut dire qu’en ce soir de printemps, il ne fait pas non plus si froid que ça, et sa chemise lui porte un peu trop chaud. Allons, une bonne douche fera l’affaire. Direction la salle de bain. Il se déshabille puis se glisse dans la cabine. Un peu d’eau fraîche ça fait du bien, et en plus ça fait disparaître la mauvaise humeur. Après la douche, la serviette autour de la taille, Kahei s’en va dans sa chambre. Finalement, maintenant son désir de se retrouver seul pour méditer sur lui-même s’était totalement dissipé. Son impression de vide avait dû probablement se noyer dans les canalisations, ou bien était-ce sa sieste qui lui avait fait oublier ses tracas. Certes, brusquement il avait eu l’envie de faire un tour dans ce fameux bar de Roppongi qu’il aimait fréquenter après ses journées de boulot. Il avait besoin de se décontracter. Qui dit d’ailleurs décontracté dit vêtements légers. Kahei ouvrit son armoire et s’empara d’un t-shirt blanc à manches trois-quarts et à col V, et d’un pantalon kaki et large. Après s’être habillé, il alla se recoiffer - et oui, pas besoin d’être une fille pour être coquet -, s’attachant comme à son habitude ses cheveux, ajoutant à sa queue de cheval des rajouts blancs et marrons. Et comme avec l’âge il voyait de moins en moins clair, il ne manqua pas de replacer ses grosses lunettes noires et rectangulaires sur son nez. Au fait, est-ce qu’il lui restait de la monnaie? Débarquer dans un bar avec les poches vides, ce ne serait pas très utile. Kahei file jeter un coup d’œil dans son portefeuille. Oui, tout va bien, il a de quoi se payer au moins deux ou trois verres. Alors, quand est-ce qu’on sort maintenant? Pas tout de suite. Il a envie de faire quelque chose d’important à ses yeux avant de sortir.

C’est drôle comme il a du mal à se détacher de son passé. Les vieux albums photos, Kahei se plaît à les feuilleter. Il les connaît tous par cœur depuis des années, pourtant il ne se lasse jamais de revoir encore et encore chaque photographie. Ses parents, Michiko... Ils lui manquent, et bien qu’il a parfaitement appris à vivre sans eux, il lui arrive parfois de se rappeler tous ces bons souvenirs, même lorsqu’il se sent bien. En fait, regarder ces photos lui permet aussi d’aller mieux dans les mauvais moments. N’importe qui trouverait ça bizarre, cette envie de contempler une dernière fois ses vieux albums photos avant de se faire une petite sortie, mais pour Kahei, c’est quelque chose d’habituelle, car il le fait parfois, aussi naturellement que vous feriez le tour de votre maison pour vous assurer que vous avez bien éteint toutes les lumières avant votre départ. Il examine une vieille image de lui, avec sa cousine, son cousin, sa tante et son oncle. Il se met à sourire à la vue de sa petite Michiko, si jolie, puis fronce ses sourcils au moment où il regarde Kei. Kahei détestait son cousin et cela était sans aucun doute réciproque. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu de ses nouvelles, et heureusement. Il se demanda si un jour il le reverrait quand même, et ce que cela donnerait. Kei devait toujours le détester, et puisqu’il paraissait qu’il était devenu un yakuza, on ne sait pas ce qu’il chercherait à faire. Un sourire vint s’esquisser sur les lèvres de notre homme. Ce bon vieux Kei, même s’il venait un jour pour l’achever, il ne le craindrait même pas. À vrai dire ce salaud ne mériterait même pas que Kahei ait peur de lui, cela lui ferait trop plaisir. Brusquement, il ferma l’album en claquant les pages. Allons, oublions un peu le passé maintenant, une sortie l’attendait.

À côté du pied de sa porte, les vieilles baskets grises attendaient sagement Kahei. Il les enfila, ne prenant pas la peine de faire ses lacets qu’il glissa dans les côtés de ses chaussures. Il aimait se simplifier la vie, et tant que ses baskets lui tenaient aux pieds, c’était bon. Il se saisit d’un gilet blanc et coula un paquet de cigarettes dans une poche, et son téléphone portable avec son portefeuille dans l’autre. Trois objets qui représentaient le strict nécessaire pour un homme comme Kahei. Notre homme quitta son appartement et descendit dans la rue. Il était presque 23H, et le temps au-dehors s’était un peu rafraîchit contrairement à ce qu’il avait pensé. Il n’était pas trop frileux, même avec son petit gilet, il ne crèverait certainement pas non plus de froid ce soir, et puis il avait vraiment la flemme de remonter chez lui pour aller chercher un vêtement plus chaud. Kahei descendit dans la bouche de métro. Rebonjour, satanée boîte de conserve. Il se dirigea vers le quai, et alors qu’il patientait, il réalisa brusquement quelque chose. Il avait terriblement envie d’uriner. C’est vrai, il avait prévu d’aller aux toilettes avant de sortir, mais le temps qu’il feuillette ses albums photos, cette idée lui était complètement sortie de la tête. Merde, il n’allait pas remonter les escaliers juste pour ça. Oh, et il pourrait bien attendre d’atteindre le bar. Quoique, l’envie était vraiment pressante, ça risquerait d’être douloureux. Tant pis, il allait devoir faire abstraction d’un de ces plus grands dégoûts : les toilettes publiques. Il détestait ça, car ça empestait toujours, et on n’était jamais certain de la propreté des lieux.

Kahei fila jusqu’aux toilettes du métro. Pourvu qu’elles ne soient pas dégueulasses, sinon il serait obligé de remonter les escaliers pour rentrer chez lui. Il pénétra dans l’antre des hommes, royaume des urinoirs, et coupa sa respiration avant même d’y mettre un seul pied. Allons, courage, il n’allait pas non plus couper son souffle durant tout le temps où il serait aux toilettes, ou il risquerait de ne plus irriguer son cerveau et de tomber par terre. Ce serait tout de même dommage de décéder dans des toilettes publiques. Kahei souffla. Bizarrement, les lieux n’empestaient pas tant que ça, et ils n’avaient pas non plus l’air si sales. Bon, il n’y avait donc pas trop de risques d’attraper une maladie rare ici. Soudain, une voix se fit entendre. On aurait dit un type qui parlait tout seul, à moins qu’il ait organisé une réunion avec l’un de ses amis dans une cabine de toilettes, mais c’est un lieu certainement trop étroit pour deux personnes qui ont envie de discuter. Kahei arqua ses sourcils avec un bref sourire au coin des lèvres, assez amusé par la situation. Si ce n’était pas de la crasse, c’était apparemment des fous qu’on trouvait dans ce genre de lieu. Discrètement, il s’approcha de la cabine en question, puis frappa à la porte.


Y'a quelqu’un là-dedans? Vous allez bien?

Il entendit le garçon qui riait. Il y avait vraiment des gens bizarres desfois. Kahei aurait très bien pu laisser cet homme tout seul et le laisser terminer son monologue, mais il avait pensé qu’il valait peut-être mieux le prévenir qu’il n’était pas tout seul ici. D’ordinaire, Kahei n’était pas du genre à s’adresser facilement aux gens, mais comme il pensait que ce type avait dû trop boire au point de se perdre dans les toilettes du métro, il avait pris la décision de l’aider un peu et de le sortir de là pour le faire rentrer chez lui. Ce devait encore être un type de la trentaine ou de la quarantaine d’années, un peu paumé dans sa vie et qu’il fallait simplement remettre dans le droit chemin.
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MessageSujet: Re: Straight from the heart of my misery [Kahei]   Ven 9 Juil - 14:48

On Reste Dieu Merci à la merci de l'amour crasse.
D'un simple démenti, d'une mauvaise vie, d'une mauvaise passe.

C’était difficile de me retrouver seul avec moi-même …Etre tout le temps isolé du reste du monde et avoir du mal à se supporter, vous voyez ? C’est horrible de se dire qu’on ne veut pas être sois parce qu’on se fait peur , qu’on a peur de ce qu’on pourrait faire , devenir, de l’état dans lequel on pourrait finir si personne n’est là pour nous tenir là bas et nous empêcher de glisser dans le fossé. Parfois j’ai l’impression que là haut, quelqu’un joue avec moi, que je suis une poupée Voodoo plutôt qu’un être à part entière. Ce n’est sans doute pas pour rien que Dieu m’a crée fantomatique. Mes yeux ne voient qu’une paysage pâle et blême autour, je n’arrive ni à avoir la lumière ni la beauté dans les choses qui m’entourent ou alors c’est que je dois salir le paysage. J’exagère un peu, j’ai une tendance à tout théâtraliser je l’avoue, j’essaie de me rendre plus lamentable que je ne suis. Ca rajoute au côté tragique de mon apparence. Je devrais être un personnage d’un film de Tim Burton, c’est là que j’aurais pu être reconnu qui sait ? En fait quand je dis ne pas voir la lumière, c’est faux , j’en vois une. Depuis quelque temps il n’y a que celle-là qui m’éclaire quand tout semble éteint. Cette lumière portait un nom : Young Ju. Mais cette petite lueur ne m’appartenait pas…tant pis , ça ne m’empêchait pas de profiter de ses vertus. Est-ce que c’est ça l’amour ? Parfois je me disais que je pouvais tuer celui qui avait la fortune de le posséder et d’avoir l’exclusivité de ses sentiments , moi j’en aurais rêvé de tout ça , depuis le premier jour où je l’avais vu. Mais faire du mal à celui qu’il aime n’était pas une solution , comment peut-on vouloir voir souffrir celui qu’on aime ? Enfin amour, passion , adoration , fanatisme, idolâtrie .. donnez lui le nom que vous voulez, ça n’empêche pas ce que je ressens , ça ne change rien au fait qu’il soit celui avec quoi j’ai sans arrête envie d’être mais que je ne peux pas posséder.

Tout me glisse toujours entre les doigts comme du sable , c’est frustrant mais je n’y peux rien. Peut-être que je ne suis pas un être destiné à être aimé tout simplement, j’ai fini par en venir à cette triste conclusion mais il fallait bien vivre avec. La mort ne résoudrait rien, elle atténuerait mais peut-être que même dans l’au-delà je serais seule. Je m’en fiche qu’il ne soit pas à moi du moment qu’il existe , au fond ça ne change pas grand-chose , j’ai juste besoin de le voir de temps en temps , je saurais m’en satisfaire. Pis ce sentiments qui courait en moi , c’était bien trop agréable pour que j’ai envie de l’abandonner. Ces petites palpitations que je sentais en le voyant : ah rien que d’y penser j’en chavirait déjà. Voilà il encombrait encore mon esprit alors qu’il n’était même pas là. Ca allait finir par me bouffer de l’intérieur tout ça.. Peu importe j’étais déjà rongé. Tout ça me tournait dans la tête , un tas de choses mais ça finissait toujours sur le sujet de Young Ju même si parfois j’aspirais à autre chose , c’était un sujet récurrent dans ma tête. Mais le fait qu’on frappe à la porte de la cabine dans lequel je me trouvais m’irrita fortement. Ne pouvait-on pas être tranquille avec soi-même un instant ? J’hésitais franchement à ouvrir la porte ne sachant pas trop face à qui j’allais me retrouver , peut-être qu’on voulait me tuer , qui sait ?

"Y'a quelqu’un là-dedans? Vous allez bien?"

Quelle question ! Je regardais mes pieds et remontait mon regards jusqu’au haut de ma poitrine…bien sûre que j’allais bien ,pourquoi n’irais-je pas bien. Les gens étaient vraiment fous parfois , à s’inquiéter de tout et de rien surtout venant d’un inconnu. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire que j’aille bien ou mal , on ne se connaissait pas après tout. Peut-être que c’était lui qui me voulait du mal , surtout à cette heure-ci dans les toilettes du métro. Je m’imaginais déjà ouvrant la porte et me retrouvant face à un homme armé ou un yakuza , après tout il ne faut faire confiance à personne. Ma main se posa sur la poignée de la porte : devais-je ouvrir ou pas ? La voix de l’homme n’avait pas l’air effrayant mais peut-on se fier à une voix ? Je fixais le mur gris couvert de tags devant moi en tergiversant sur ce que je devais faire ou pas. Non je devais arrêter d’être si parano et de croire que tout le monde voulait ma mort , ce serait déjà un grand pas à franchir pour moi. J’arriverais peut être à me faire des amis comme ça . Peut-être qu’en ouvrant la porte , je découvrirais quelqu’un de charmant qui deviendrait mon unique camarade. Peut –être que ça serait même quelqu’un un peu comme moi , paumé ou une personne qui me ressemble physiquement ? Ca y ai-je commençais déjà à m’emballer pour un rien. Si ça se trouve ce n’était qu’un passant qui demandait par simple politesse ce que je ….AH mais oui , il devait m’avoir entendu parler seul ! J’avais tellement l’habitude que des fois j’oubliais que ça pouvait paraitre bizarre pour les personnes alentours. Il avait dû me prendre pour un taré et il venait pour m’insulter ? Non il avait bien demandé si j’allais bien donc il se souciait de mon état.

Pff trop de questions qui tournaient dans ma tête , autant agir .. j’ouvris la porte. Lorsque que je suis surpris , on me dit que j’ai un air très niais et complètement paumé , que j’ai l’air de ne plus savoir où je suis ou que je suis un illuminé. Je devais sûrement ressembler à ça à cet instant alors. J’aurais pu m’attendre à tout sauf à ça. Je me trouvais bien devant un homme .. qui n’était pas armé…mais il n’avait tout de même pas l’air commode. Je me demandais déjà ce qu’il allait advenir de moi. C’était pile le genre de personne que je ne fréquentais pas parce qu’ils attirent trop de regards sur eux. Trop extravagant, excentrique..avec ce genre de personne on ne pouvait pas passer inaperçu, ce à quoi je m’efforçais chaque jour. Quand je voyais ce genre de personne dans Tokyo , au fond je les admirais d’assumer une telle apparence. Moi je ne pourrais pas , je suis trop réservé pour ça. Je ne pourrais jamais affronter le regard d’autrui ainsi , il est mon miroir , si je m’y sens mal alors je déprime , c’est comme ça. Je préfère ne pas m’y voir , ça m’évite ainsi pas mal de souffrances inutiles. Mes yeux le fixaient toujours , je n’arrivaient pas à détourner mon regard mais ça devait fortement gênant alors je baissais la tête.

« Euh…je …je….. »

Oui Haiko ? Mais encore ? Qu’essaies-tu de dire ? Qu’as-tu envie d’exprimer ? Pff c’était toujours comme ça de toute façon. Il suffisait que je sois intimidé et je ne pouvais plus prononcer une parole , déjà qu’habituellement je parlais peu alors quand un autre m’adressait la parole , c’était la catastrophe. Et quand j’osais ouvrir la bouche , je débitais un flot de paroles inutiles et mon interlocuteur mettait vite fait fin à la conversation. Je le savais très bien que j’étais ennuyeux. Il n’y avait que Young Ju qui ne pensait pas ainsi. Lui il m’appréciait à ma juste valeur, il me souriait , il était gentil. Peu de gens était gentil avec moi comme il l’était. Je ne pensais pas que la personne en face de moi à ce moment ci le serait plus qu’une autre. Je ne faisais pas confiance à ce genre de « weirdo », que j’avais pour client , qui venaient m’acheter de la drogue pour aller se défoncer dans un coin de rue sombre. Je ne connaissais ce genre de personne que trop bien. C’est pour ça que je me demandais ce qu’il pouvait bien me vouloir. Il état vraiment intimidant de plus. Je m’écartais du cadre de la porte et regardais à gauche pui à droite comme s’il n’était pas là pour voir s’il nous avait enfermés là pour …profiter de moi ou quelque chose du genre. Rien ne paraissait suspect. Bien que je sois plus grand que lui il me faisait tout de même un peu peur.

C’est …c’est occupé .. il y a d’autres toilettes à côté …

Je désignais la cabine voisine du doigt. Pour qu’il me laisse enfin tranquille moi et mes pensées . Laissant mes affaires dans la cabine , je contournais l’homme inconnus pour aller me laver les mains dans le lavabo juste derrière lui. Mais il ne partait toujours pas , qu’est-ce qu’il voulait à la fin.

Vous voulez me voler de l’argent ….c’est ça ?

Ma voix s’était faite toute petite. J’avais bien trop peur que la réponse soit affirmative.
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MessageSujet: Re: Straight from the heart of my misery [Kahei]   Mar 10 Aoû - 20:15

Kahei était fataliste. Pour lui, il n’y avait pas de hasard et tout était dû au destin. Tous les évènements de notre vie sont pré-écrits et on ne peut pas y échapper. On ne peut pas fuir le meilleur comme le pire, et il faut faire avec. Il en allait de même pour chaque connaissance que l’on pouvait faire dans sa vie, et chaque personne avait des choses à nous apporter même si nous ne le remarquions pas. De ce fait, Kahei ne refusait rien de ce qui venait à lui car à ses yeux, tout devait avoir une incidence sur sa vie, une incidence qu’il était obligé d’accepter, qu’importe soit-elle. Cet homme qui monologuait dans sa cabine aurait pu ne jamais faire la connaissance du coiffeur, et ce dernier aurait pu ne jamais s’adresser à lui en frappant à sa porte. Mais après tout, s’il l’avait fait, s’il s’était intéressé à ce type qui lui était totalement inconnu, il devait y avoir une raison. Peut-être que celle-ci serait tout à fait futile, ou au contraire importante, l’important était qu’elle serve à quelque chose.

Kahei s’était attendu à voir un homme d’un âge moyen, autrement dit qui n’était pas tout à fait jeune, de taille moyenne et avec un physique assez banal. Le genre de bonhomme qu’on ne remarque même pas dans la rue tant il se fond dans la foule, avec son apparence similaire à la plupart des autres petits nippons. Il le voyait même peut-être un peu rondouillard, bref, le cliché physique du type qui s’en va déprimer seul en ville le soir car il manque d’amis et n’a pas de famille – ou en tout cas pas plus que ses parents, frère et sœurs, etc.. Le pauvre type obligé de passer sa soirée en solitaire et qui se retrouve à boire sans personne pour l’accompagner, avant de terminer sa soirée, complètement bourré, dans un lieu insalubre comme des toilettes publiques – ce qui, on l’avouera, est mieux qu’un tas de poubelles. Un pauvre type auquel Kahei était prêt à tendre la main, car lui-même savait ce que c’était que d’avoir l’impression d’être au fond du trou. Le coiffeur était généralement froid et distant, mais il avait néanmoins de la compassion envers les autres.

Lorsqu’il s’adressa à l’inconnu, celui-ci sembla totalement se taire durant un instant, et on put entendre le léger froissement de ses vêtements tandis qu’il avait dû bouger derrière la porte. Il avait certainement dû se demander qui pouvait bien lui adresser la parole, ou encore être surpris d’apprendre qu’il n’était pas tout seul ici, et plus, qu’on l’avait surpris dans son monologue. Après un court instant, la porte s’ouvrit, grinçante. Quelle fut la surprise pour Kahei en découvrant à quoi ressemblait ce garçon. Le coiffeur n’eut pas du tout l’air surpris, ou en tout cas cela ne se voyait pas sur son visage, mais il fallait avouer qu’il ne l’avait, en effet, pas du tout imaginé de la sorte. Il était grand et maigre, voire un peu squelettique. Il n’était pas non plus très beau, mais son apparence assez inhabituelle dégageait quelque chose qui lui apportait un charme particulier. Au Japon, il n’y avait pas énormément de grandes personnes, alors ces dernières se faisaient vite remarquer. À côté de lui, Kahei ne semblait même pas atteindre la taille moyenne de la population nipponne. Ce type, plutôt jeune – une vingtaine d’années environs, il n’y avait aucun doute –, sembla presque abasourdi quant à lui, un air tout à fait niais affiché sur son visage. Kahei avait-il quelque chose de bizarre sur le visage? Peut-être de la salive séchée au coin des lèvres, un détail dérangeant qu’il n’avait pas remarqué quand il s’était réveillé? Pourtant il avait pris une douche après sa sieste, il ne devrait pas être sale. Par pur réflexe, il passa quand même deux doigts sur le côté de sa bouche pour s’assurer qu’il n’y avait rien. Apparemment non. Ce devait être autre chose alors, mais quoi? Non, vraiment, ce garçon ne devait pas être dans un état normal à en voir sa tête. Comme l’avait prédit notre homme, il avait dû boire, ou peut-être se droguer.

Le jeune inconnu se mit à bafouiller. Kahei arqua ses sourcils et s’empêcha par la même occasion de lâcher un léger rire, ne retenant cependant pas un petit sourire en coin. Il était grand, mais il avait l’air à moitié intimidé par le coiffeur. Pour preuve que ce qui est petit n’a pas toujours l’air si vulnérable. C’était peut-être sa carrure musclée qui avait fait ça. Sans rien ajouter d’autre que des balbutiements, le garçon s’avança et sembla surveiller les alentours. Était-il poursuivi par qui que ce soit pour agir de la sorte? Il avait l’air un peu effrayé, voire soumis lorsqu’il baissa la tête, c’était étrange, ou cela venait du fait qu’il ne devait pas être sobre. Il lui indiqua les toilettes voisines en lui racontant que sa cabine était occupée, puis se dirigea vers les lavabos. Kahei resta silencieux, observant avec interrogation le petit manège de cet homme. Et alors qu’il allait prendre la parole pour lui demander si tout allait véritablement bien, il fut coupé par une remarque – ou plutôt une question – de la part de son interlocuteur. Celle-ci ne put empêcher Kahei de se mettre à rire tant elle était presque stupide. En tout cas il comprenait mieux maintenant pourquoi il avait l’air si apeuré. Lui voler son argent? Il se foutait bien de son fric, et puis il avait autre chose à faire que de racketter les passants.


Ah-ah, j’ai une tête à agresser les gens? Je ne savais pas que je faisais si peur que ça.

C’est vrai qu’il n’avait, à première vue, pas l’air commode, mais Kahei n’allait pas non plus aussi loin. Se tournant vers ce fameux inconnu un peu déluré, les mains dans les poches de son pantalon, il ajouta aussitôt :

Je voulais simplement savoir si tout allait bien. Vous parliez tout seul, et personnellement je ne connais pas beaucoup de gens qui monologuent, surtout dans des toilettes.

Son attention se détourna un instant vers le sac en plastique que l’homme avait laissé dans la cabine. Kahei retira les mains de ses poches et se pencha pour se saisir de l’objet. Bien entendu il ne chercha pas à savoir ce qui se trouvait à l’intérieur et ne voulait pas le savoir. Il se contenta simplement de s’approcher du jeune garçon et de le lui tendre. On ne savait jamais, vu l’état dans lequel il devait être, il aurait été capable d’oublier ses affaires ici. Heureusement que le vénérable Kahei était là!

N’oubliez pas ça.

Un sourire poli esquissé sur ses lèvres, le coiffeur hocha brièvement la tête et attendit que son interlocuteur récupère son sac. Son envie étant toujours assez pressente, Kahei se dirigea vers un urinoir afin de se soulager. Quelle sensation agréable que de s’alléger! On ne pouvait pas dire que notre homme était pudique, il n’était pas du genre à aller se cacher dans une cabine quand il était dans un lieu public, et puis il ne craignait pas non plus que son voisin joue les voyeurs. Une fois ses besoins terminés, il se dirigea à son tour vers les lavabos pour se laver les mains. La moindre des choses, c’était d’être propre, non? Il ne pouvait pas supporter ces gens qui manquaient d’hygiène et cela était à la limite de le répugner. Ce n’était pas qu’il était maniaque, mais il y avait des limites. Alors que l’autre déluré était toujours dans les toilettes, Kahei s’adressa de nouveau à lui.

Vous alliez où avec votre sac?

Ce sac en question n’était pas tout à fait petit, et il s’imagina donc que ce type devait certainement rejoindre quelqu’un, ou devait se rendre à un lieu particulier où dormir. S’il n’était pas sobre, il ne risquait pas de trouver aussi facilement son chemin. Remarque, ce garçon était-il vraiment dans un état inhabituel? Il n’avait pas l’air d’avoir les yeux injectés de sang, ni même n’était très vacillant, quant à ses yeux ils étaient normalement ouverts et non mi-clos. Peut-être que ce garçon était naturellement bizarre finalement. Certes, s’il devait se rendre quelque part, Kahei n’hésiterait pas à l’aider à retrouver son chemin, après tout il n’avait rien de très intéressant à faire ce soir-là, et le bar de Roppongi ne fermerait pas ses portes dans seulement une demie heure.

Alors qu’il se séchait les mains, Kahei examina son interlocuteur. Il était terriblement maigre et ses jambes étaient facilement comparables à des allumettes. Ce garçon manquait cruellement de forme, c’était bien dommage. Non pas que le coiffeur avait une quelconque intention de sauter sur ce type, mais il avait pour habitude de détailler les gens et d’admirer ou pas leurs apparences. Disons qu’il était observateur, et même très. Avec son aspect rachitique, il était plutôt remarquable. Il y avait beaucoup de maigrichons à Tokyo, mais ils ne faisaient pas tous cette taille, et c’était la grandeur de ce type qui était si particulière. On ne rencontrait pas de tels énergumènes tous les jours, et même si ces énergumènes en question étaient loin d’être les plus séduisants, il fallait avouer qu’ils étaient cependant extrêmement charismatiques. On aurait pu faire de ce garçon un mannequin que cela n’aurait pas étonné Kahei. Il le voyait bien poser en photo avec de grands maquillages et des vêtements créés par de célèbres couturiers, le tout dans un décor fantaisiste et avec une pose travaillée avec soin.

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Straight from the heart of my misery [Kahei]

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